Patrik Laine n’est pas lent : les chiffres ridiculisent ses détracteurs

Patrik Laine n’est pas lent : les chiffres ridiculisent ses détracteurs

Par André Soueidan le 2026-01-16

Depuis des mois, une critique revient en boucle à Montréal, répétée comme un vieux réflexe : Patrik Laine serait trop lent pour suivre le rythme du Canadien.

Une perception facile. Une conclusion paresseuse. Et surtout, une affirmation qui ne résiste pas aux faits.

Le timing n’est pas anodin.

Patrik Laine a recommencé à s’entraîner avec ses coéquipiers avec un chandail régulier, signe clair que le retour au jeu approche.

Comme toujours à Montréal, chaque retour amène son lot de procès d’intention.

Et comme toujours, Laine se retrouve au centre d’un narratif qui ne correspond pas à la réalité mesurable.

Parce que non, Patrik Laine n’est pas lent.

Les données de NHL Edge Tracking, compilées et diffusées par GFresh Hockey, racontent une toute autre histoire. La saison dernière, Laine ne figurait même pas parmi les joueurs les plus lents de la LNH.

Pas dans le top 10. Pas dans le top 25. Nulle part.

Et pourtant, le discours persiste.

Pourquoi?

Parce que la vitesse est une question de relativité, pas une valeur absolue.

Patrik Laine trop lent pour la LNH? Vraiment?

À Montréal, l’environnement fausse le jugement.

Le Canadien aligne l’un des groupes les plus jeunes et les plus rapides de la Ligue nationale.

Quand tout le monde autour patine à pleine vitesse, un joueur au rythme moyen-ligue paraît soudainement lent.

L’illusion est parfaite. Le verdict tombe. Et Laine écope.

Pourtant, la comparaison à l’échelle de la ligue est brutale pour les critiques.

Sur la liste des joueurs plus lents que Patrik Laine la saison dernière, apparaissent des noms lourds de sens : Matthew Tkachuk, Jonathan Marchessault, David Perron, Andrei Kuzmenko, Anze Kopitar, Alex Ovechkin, Jason Robertson, Mark Stone, Matt Zuccarello, Tyler Toffoli, Tomas Hertl.

Des joueurs d’impact. Des leaders. Des piliers offensifs. Des gagnants.

Personne ne remet leur utilité en question.

Personne ne les accuse d’être incompatibles avec le hockey moderne.

Pourtant, plusieurs d’entre eux ont patiné à une vitesse inférieure à celle de Laine.

La conclusion devient évidente : le problème n’est pas la lenteur. Le problème, c’est le contraste.

À Montréal, la marque de commerce a toujours été la vitesse.

Depuis des décennies, la base partisane est conditionnée à associer performance et patin explosif.

Dès qu’un joueur s’écarte de ce moule, même légèrement, la critique devient automatique.

Patrik Laine n’est pas lent. Patrik Laine est moyen au sens statistique de la LNH.

Et moyen dans la LNH, ce n’est pas un défaut quand le reste du jeu suit.

Le vrai débat devrait se situer ailleurs.

Création d’espace.

Qualité du tir.

Lecture du jeu.

Capacité à capitaliser sur peu d’occasions.

Menace constante en avantage numérique.

Toutes des sphères où Laine demeure élite quand la santé suit.

Et justement, le retour à l’entraînement avec un chandail régulier change la conversation.

Un joueur en confiance physiquement n’a plus besoin de compenser.

Le rythme revient.

Les appuis s’améliorent. La prise de décision s’accélère. La perception extérieure, elle, tarde toujours à suivre.

Les appels à l’échange refont surface à chaque séquence difficile, comme si le contexte n’existait pas.

Comme si Laine évoluerait de la même façon dans toutes les formations de la ligue.

Ailleurs, dans un environnement moins axé sur la transition à outrance, le même joueur paraîtrait parfaitement dans le tempo.

Ironiquement, l’arrivée de certains profils au Canadien exposerait la même réalité.

Un joueur comme Matthew Tkachuk, dans l’écosystème montréalais actuel, paraîtrait lui aussi plus lent que la moyenne locale.

Pas parce que le joueur est lent. Parce que le décor amplifie l’écart.

Les chiffres ne mentent pas. Les perceptions, oui.

Patrik Laine n’est pas un frein.

Patrik Laine est un joueur différent dans une équipe obsédée par la vitesse.

Et tant que l’analyse restera superficielle, la critique continuera de viser la mauvaise cible.

Le retour au jeu approche. Les données sont claires.

La balle est maintenant dans le camp de ceux qui préfèrent les faits aux impressions.

AMEN