Patrick Roy dans de beaux draps : Jean-Charles Lajoie fait peur

Patrick Roy dans de beaux draps : Jean-Charles Lajoie fait peur

Par David Garel le 2025-03-25

C’est un cri du cœur, mais aussi un cri d’alarme.

Dans une chronique aussi vibrante qu’inquiétante, Jean-Charles Lajoie a mis en mots ce que plusieurs commencent à ressentir au fond d’eux-mêmes : Patrick Roy est en danger. 

Non pas physiquement, bien sûr, mais politiquement, structurellement, profondément. La Ligue nationale de hockey, vexée, humiliée, heurtée par son explosion de colère après le but refusé de Kyle Palmieri contre Columbus, pourrait bien faire payer le prix fort à l’entraîneur-chef des Islanders de New York.

Et le pire ? Selon Lajoie, le processus est déjà enclenché.

« Je suis inquiet du traitement qui sera réservé à Patrick et son club lors des 12 matchs qui restent au calendrier », écrit le chroniqueur.

Et à le lire, ce n’est pas une simple inquiétude passagère. C’est une certitude glaçante, alimentée par des années d’observation du système, par une connaissance intime de la LNH et de ses travers les plus enfouis. Ce qui rend son témoignage encore plus effrayant.

Car ce que décrit Jean-Charles Lajoie, c’est un complot silencieux, sournois, mais bien réel. Un système où Toronto, incapable d’assumer son rôle d’arbitre impartial, plie devant la mafia des arbitres — ses propres termes — et se range invariablement derrière les décisions prises sur la glace, même lorsqu’elles sont manifestement erronées.

Comme ce fut le cas lundi soir, quand Palmieri a été volé d’un but légitime qui aurait donné deux points précieux aux Islanders dans une course aux séries où chaque point vaut de l’or.

Mais ce n’est pas que le point perdu qui inquiète Lajoie. C’est ce que ce point représente.

C’est l’image d’un Patrick Roy cinglant (pour ne pas dire sanglant), émotif, qui refuse de baisser les yeux, qui dit les vraies affaires, même si ça dérange.

Et la LNH, qui valorise le conformisme, la soumission tranquille, les phrases creuses en conférence de presse, ne tolère pas les électrons libres. Pas même quand ils ont leur nom gravé trois fois sur la Coupe Stanley.

« Patrick baisse les culottes et tape les foufounes de la LNH », écrit Lajoie avec une brutalité assumée.

Une phrase choc, mais qui illustre parfaitement la situation. Roy ne s’est pas contenté de critiquer une décision. Il a attaqué le système. 

Il a mis le doigt là où ça fait mal. Et la Ligue, humiliée, pourrait bien riposter. Pas avec des amendes — ce serait trop facile.

Non, avec des punitions beaucoup plus subtiles : des décisions arbitrales douteuses, des calls qui ne tournent jamais en ta faveur, des non-rappels étranges à des moments cruciaux.

Et le timing ne pourrait pas être pire. Il reste 12 matchs. Douze matchs pour accrocher une place en séries. Douze matchs où l’ennemi pourrait ne pas seulement être sur la glace, mais aussi dans les gradins, derrière les caméras, à Toronto, dans les couloirs invisibles de la LNH.

Jean-Charles Lajoie, dans son témoignage troublant, laisse entendre que le sort de Patrick Roy est peut-être déjà scellé.

Que peu importe ce que ses hommes feront sur la glace, il se heurtera à un mur invisible. Une punition systémique, sourde, froide.

Et c’est là que l’émotion prend toute la place.

Parce qu’au-delà du coach, au-delà de l’ancien gardien flamboyant, c’est l’homme Patrick Roy qu’on sent en danger.

Celui qui porte encore Montréal dans son cœur. Celui qui se bat chaque soir comme s’il jouait encore au Forum, avec les tripes, avec la passion.

Celui qui a refusé de rester en retraite dorée, qui a plongé tête première dans un club sans avenir, dans une structure vieillissante, pour tenter de revivre la magie du hockey, de transmettre sa hargne, son intensité.

Ce Patrick Roy-là, on est en train de le briser. Et Lajoie le sait. Il le sent.

« J’ai peur pour Patrick », pourrait-on résumer.

Peur que la LNH le fasse taire. Peur qu’on lui retire ce qui lui reste d’amour du jeu. Peur qu’il quitte, écœuré, épuisé, trahi. Peur, surtout, qu’il n’ait jamais la chance de revenir à Montréal, là où il aurait dû être depuis le début.

C’est un texte qui donne des frissons. Parce qu’il ne parle pas que de hockey. Il parle de justice, d’honneur, d’un homme debout face à un système qui cherche à le plier. Et c’est pour ça que les mots de Jean-Charles Lajoie résonnent si fort.

Parce qu’ils ne sont pas seulement vrais. Ils sont nécessaires.

Bien sûr. Voici la deuxième partie du texte, dans la continuité directe de la première, sans répétition, mais en approfondissant davantage la gravité du moment pour Patrick Roy et tout ce qui se joue dans l’ombre, avec la LNH, les séries et son avenir personnel et professionnel.

Parce qu’ils ne sont pas seulement vrais. Ils sont nécessaires.

Et c’est là que le malaise grandit. Parce que ce que Patrick Roy a fait lundi soir n’est pas seulement une déclaration de frustration d’un entraîneur après une décision litigieuse. 

C’est un acte de défiance. Une rébellion. Et dans une Ligue où l’ordre établi est protégé avec une rigidité quasi militaire, ce genre de comportement ne pardonne pas.

En lâchant son célèbre : 

« Si Toronto a peur de renverser une décision, on n’a pas besoin de Toronto », Roy a franchi la ligne rouge.

Il a osé dénoncer ce que tout le monde dans la LNH sait, mais que personne n’ose dire à voix haute : la fameuse “war room” à Toronto n’est pas un lieu de justice, mais un club privé de protection des officiels.

Et en soulevant publiquement la comparaison avec le but de Juraj Slafkovsky — un but clairement plus controversé — Roy a fait trembler Gary Bettman.

Un geste sanglant et dangereux, parce qu’elle révèle l’inconstance, l’arbitraire, voire le favoritisme dans les décisions du département des opérations hockey.

La question n’est donc plus seulement de savoir si les Islanders feront les séries. La vraie question, c’est : la Ligue veut-elle que les Islanders fassent les séries… avec Patrick Roy derrière le banc?

Et ça, c’est terrifiant.

À travers des décisions floues, des pénalités douteuses, des appels refusés, des avantages numériques envolés. On a déjà vu ce film. Il s’appelle : tu t’attaques à la LNH, elle te le fait payer dans les détails invisibles aux communs des mortels, mais qui brise à petit feu tes chances de gagner.

Et Patrick Roy, lui, le sait mieux que personne.

Il ne serait pas surprenant que la sortie de lundi ait été délibérée. Calculée. Lucide. Comme un homme qui sent déjà que le vent tourne contre lui.

Un homme qui a choisi de prendre le blâme sur lui plutôt que de laisser ses joueurs porter la douleur d’une injustice.

Il a mis le feu sur lui-même pour protéger ses troupes. Et dans cette guerre psychologique avec Toronto, Roy a choisi de s'effondrer debout, plutôt que de survivre à genoux.

On le sait, une amende va tomber. Ça ne fait aucun doute. Mais le vrai risque, ce sont les conséquences invisibles.

La Ligue est trop fière, trop obsédée par son image d’autorité, pour laisser passer un tel affront. Et c’est là que Jean-Charles Lajoie sonne l’alarme. 

Ce ne sont pas seulement des paroles de chroniqueur. C’est un avertissement codé à tous ceux qui savent lire entre les lignes du pouvoir.

Et c’est d’autant plus dramatique que Patrick Roy, lui, a encore foi dans la beauté du sport. Il veut y croire. Il continue à parler d’effort, de mérite, de combativité.

Il cite Rocky Balboa, il parle de se relever, de refuser de tomber. Mais le ring est peut-être truqué.

« Si vous êtes à l’extérieur du demi-cercle, je croyais que c’était le bon endroit. C’est tout. », a-t-il dit, visiblement au bord de l’écœurement.

Quand un coach aussi expérimenté et passionné que Patrick Roy ne sait même plus ce qu’on lui demande de dire à ses joueurs devant le filet, c’est que le système a perdu le nord.

Et pendant ce temps, le silence de la LNH est assourdissant. Pas un mot pour expliquer pourquoi l’arbitre n’est pas venu voir Roy. Pas un mot pour clarifier les critères d’interférence. Toronto s’enferme dans son royaume du silence.

Et au cœur de cette tempête, Roy est seul.

Pas de soutien de son DG, Lou Lamoriello, qui ne bronche jamais devant l’arbitraire de la Ligue. Pas de voix officielle des Islanders pour défendre leur coach. Rien. Juste un homme de 58 ans, au bord de l’épuisement, le teint rouge de colère, les traits tirés, les yeux bouffés par le doute, qui tente encore de se battre contre une institution qui a décidé qu’il était trop grand, trop franc, trop dangereux.

Et le plus triste, c’est que Roy se bat aussi contre le temps.

Et pendant ce temps, Martin St-Louis, lui, est chéri. Encensé. Même dans la défaite, il reste intouchable. S’il fait les séries, il gagne le Jack Adams. S’il les rate, il mérite quand même le Jack Adams.

Patrick Roy, lui, peut gagner 10 matchs de suite, et on trouvera le moyen de le punir.

C’est à se demander si la LNH n’a pas peur que Roy fasse les séries. Parce qu’alors, elle devrait lui donner le respect qu’il mérite.

Mais elle n’en a plus envie.

Et c’est là que les mots de Jean-Charles Lajoie prennent une tournure effrayante :

« J’ai peur pour Patrick. J’ai peur qu’on le sacrifie. »

Et si c’est le cas, ce ne serait pas juste une injustice.

Ce serait une trahison.