Les Sabres de Buffalo et leur coach commencent vraiment à parler... comme des perdants...
Il y a quelque chose de presque dérangeant dans le ton employé par Lindy Ruff et Tage Thompson après cette dégelée de 6 à 2 au Centre Bell.
Ils donnent du crédit au Canadien de Montréal comme s'ils venaient de réaliser qu'ils affrontaient toute une équipe. Comme s'ils les regardaient de haut.
C’est normal après deux matchs où tu te fais complètement dicter le rythme, mais dans la façon dont ils parlent comme un groupe qui semble avoir réalisé, un peu tard, qu’il a peut-être pris son adversaire de haut.
Les citations sont troublantes.
« C’est un méchant bon club. Tu ne dois rien tenir pour acquis. Si on ne le réalise pas maintenant, on ne le réalisera jamais », a lancé Lindy Ruff après la rencontre.
Lindy Ruff speaks following the @BuffaloSabres' Game 3 loss.
— NHL Media (@NHLMedia) May 11, 2026
📺: #NHLTonight on NHL Network has postgame coverage of every game of the #StanleyCup Playoffs https://t.co/jtYXrSI0or pic.twitter.com/IhOB7FIPrn
Pardon?
Tu ne dois rien tenir pour acquis?
Comment peux-tu parler de « tenir les choses pour acquises » contre une équipe qui a terminé à peine derrière toi au classement général? Trois petits points de différence. Deux victoires de plus seulement.
Les Canadiens de Montréal n’étaient pas une équipe repêchée miraculeusement qui ne devait même pas être en séries. Buffalo agissait depuis le début comme si cette série allait tranquillement se régler avec son gabarit, ses « gros bonhommes » et son intimidation.
Après le premier match, plusieurs autour des Sabres donnaient presque l’impression que le Canadien allait finir par plier physiquement.
Jordan Greenway frappait tout ce qui bougeait. Zach Benson jouait les agitateurs. Tage Thompson parlait comme un gars convaincu que le talent allait finir par prendre le dessus.
Puis le Centre Bell est arrivé.
Et tout d'un coup, le discours a changé.
Alex Lyon parle d’« une équipe dangereuse » où « les quatre trios peuvent contribuer ». Bowen Byram admet que Montréal est « difficile à ralentir quand ils prennent leur erre d’aller ».
Lindy Ruff reconnaît que l’agressivité du Canadien « provoque des erreurs » et force ses joueurs à prendre de mauvaises décisions.
Buffalo s’est fait rentrer dedans.
Même Tage Thompson avait presque l’air d’un joueur vidé mentalement après la rencontre.
« Leur amphithéâtre était en feu. Ça te dégonfle un peu. On a été émotifs ce soir », a-t-il admis.
The #Sabres have been vastly outplayed in losses to MTL in Games 2 and 3.
— Jon Scott (@JonScottTV) May 11, 2026
Tage Thompson making it clear - this team remains confident.
"We've had our backs up against the wall the entire season and dug ourselves out of a hole... It's not something that's foreign to us." pic.twitter.com/q5UaXk5w9U
Le mot important ici? « Dégonfle. »
Tu ne parles pas comme ça quand tu contrôles une série. Tu ne parles pas comme ça quand tu es convaincu d’être supérieur. Tu parles comme ça quand tu viens de comprendre que le Canadien de Montréal n’est pas l’équipe fragile que plusieurs imaginaient.
Le plus inquiétant pour Buffalo, c’est probablement cette impression de surprise qui ressort encore dans leurs commentaires.
Comme s’ils découvraient seulement maintenant que Montréal pouvait jouer ce type de hockey de séries. Comme si la vitesse, la profondeur, le désavantage numérique, l’intensité physique et surtout l’ambiance du Centre Bell avaient pris tout le monde au dépourvu.
À ce stade-ci, ça ressemble beaucoup à une équipe qui réalise qu’elle s’est raconté une histoire un peu trop confortable après le premier match.
Ils pensaient qu'ils allaient gagner en 4?
Les équipes qui commencent à parler comme des perdants au troisième match d’une série… finissent rarement par rester en vie longtemps.
« On a pris cinq punitions en zone offensive. Notre discipline était honteuse», a affirmé Ruff avec un ton presque découragé.
Un peu plus et il se cachait derrière le rideau.
Cinq punitions en zone offensive dans un match de séries au Centre Bell? C’est exactement le genre d’erreurs qu’une équipe nerveuse commet quand elle commence à perdre le contrôle émotionnel d’une série.
Buffalo n’avait plus l’air du groupe calme et arrogant vu après le premier match. On avait davantage l’impression d’une équipe frustrée, qui courait après le match et qui se sabotait elle-même.
Même Bowen Byram semblait résigné après la rencontre.
« Ils ont un bon avantage numérique et de bons joueurs qui peuvent faire des jeux. On doit se tenir à l’écart du banc des punitions. Ça leur permet de bâtir tellement de momentum », a reconnu le défenseur.
Buffalo a ouvert lui-même la porte au Canadien de Montréal. Et le Canadien a sauté dessus sans aucune hésitation.
Lindy Ruff a même perdu patience envers un journaliste qui voulait savoir si Ruff allait garder Alex Lyon devant le filet.
Wow. Le coach montre une nervosité qui en disait long sur l’état de son équipe. Lorsqu’un journaliste a laissé entendre que son gardien avait surtout été bon au début du match et mauvais par la suite, Ruff l’a coupé sec.
« Je vais t’arrêter tout de suite. Il a été très bon toute la soirée. »
Et le coach a quitté le podium.
Une réaction qui sonnait davantage comme celle d’un entraîneur qui tente encore de protéger ce qui reste de confiance dans son vestiaire.
Et ce qui rend tout ça encore plus étrange, c’est que Tage Thompson a pratiquement admis que le Canadien les avait forcés à sortir de leur structure mentale.
« C’est bruyant. Ils en retirent du momentum. C’est quelque chose auquel tu dois t’habituer. »
Un perdant... ne s'habitue jamais...
Canadiens... en 5...
