Panique. Voilà le mot qui colle à New York depuis 24 heures.
Pas une panique de partisans sur X.
Pas une panique de radio-poubelle.
Une panique de gestion.
Igor Shesterkin tombe.
Adam Fox tombe.
Et soudainement, un club qui se voyait encore “dans le mix” se retrouve à patcher son bateau avec du tape.
C’est là que ça devient intéressant pour Montréal.
Parce que le Canadien, lui, n’est pas en mode panique.
Il est en mode opportuniste.
Et la meilleure preuve, c’est que Kent Hughes n’a pas fait semblant que le ménage à trois allait durer jusqu’à la fin des temps.
Phrase simple. Froide. Et lourde de conséquences :
« Je n’attendrai pas un changement dans les prochaines 24 heures. De toute façon, on joue cinq matchs en sept jours. On n’est pas inquiète au niveau des gardiens d’avoir l’action, mais idéalement, on n’aura pas trois gardiens à long terme. »
Boom.
Dans une ligue où les DG adorent noyer les réponses dans du sirop, ça, c’est une déclaration qui ouvre une porte.
Et quand une porte s’ouvre… les équipes en crise entrent.
New York, en ce moment, c’est le parfait exemple.
Le plus fascinant, c’est que Hughes a aussi pris soin de ne jamais figer Montembeault dans un statut de numéro un. Il a même explicitement refusé l’étiquette.
« J’aime pas donner des des chiffres ou des têtes à des choses, je pense que Les gardiens qui jouent le mieux, jouera le plus. »
Traduis ça en langage DG : personne n’est intouchable.
Et quand tu relis la suite, tu comprends à quel point le message est “conditionnel” :
« C’est ça qui est arrivé quand Sam est arrivé ici et il a gagné la poste. Je pense qu’à un moment donné, Jake aurait probablement été le gardien le plus important. Mais Sam est arrivé et il a très bien joué. »
Autrement dit : ça peut changer vite. Ça a déjà changé. Ça changera encore.
Hughes a tenté de rassurer… mais même dans le “rassurant”, il y a une limite. Le compliment est aussi un avertissement déguisé :
« De toute façon, je dirais que ça fait deux très bons matchs. On n’a jamais été inquiets qu’il a oublié comment jouer au gardien, c’est juste qu’il y a une mauvaise séquence, puis on est content et confiant qu’il ait regagné sa forme. »
Deux bons matchs. Pas une saison.
Une mauvaise séquence. Pas “une malchance”.
Pendant ce temps-là, Hughes a envoyé un message encore plus clair sur Fowler : le plan, oui, c’était Laval… mais le kid est déjà dans le portrait, et surtout, il a ce que les organisations cherchent chez un futur #1 : le mental.
« C’est sûr que dans l’été, le plan a été que Fowler jouera la plupart de la saison dans la Ligue américaine. On sait toujours avec les blessures ou des choses comme ça qu’il y avait la possibilité qu’il joue des matchs à Montréal. »
Et ensuite, la partie qui fait mal… parce que Hughes a pris le temps d’expliquer pourquoi Fowler n’est pas juste “un jeune gardien de plus” :
« Mais en même temps, je dirais qu’il y a un certain côté mental, son approche. Il n’a pas l’air d’un jeune du tout. Il est très, très mature, puis il rebondit. »
Puis il enfonce le clou avec l’épisode de l’erreur derrière le filet :
« Je pense qu’il a répondu de la bonne manière. J’ai joué au gardien toute ma vie. Je n’ai pas fait cette erreur souvent. Je ne m’attends pas à le faire encore. Tu vois qu’il y a une certaine force mentale qui va l’aider dans le futur. »
Donc résumé brutal :
Fowler = maturité, mental, futur.
Montembeault = bon quand il est bon… mais plus protégé par un statut.
Et c’est exactement là que New York devient un prédateur… ou une proie.
Parce que quand les Rangers perdent Shesterkin, ils cherchent un filet.
Quand ils perdent Fox, ils cherchent un moyen de survivre sans se faire humilier.
Quand ils commencent à perdre des points, ils cherchent une transaction “qui calme la ville”.
Et si un club est vulnérable aux transactions “pour calmer la ville”, c’est bien New York.
C’est là que Jeff Gorton tient la clé dangereuse.
Pas juste parce qu’il connaît l’organisation.
Mais parce qu’il sait exactement comment une équipe comme les Rangers réagit quand le décor s’écroule : elle paie.
Et Montréal, avec la phrase de Hughes dans les mains « idéalement, on n’aura pas trois gardiens à long terme » — peut jouer la montre jusqu’au moment où la panique devient un chèque.
Rien n’est annoncé.
Rien n’est confirmé.
Mais quand Kent Hughes refuse de fermer la porte, refuse de sacrer un “numéro un” dans le béton, et répète que trois gardiens c’est temporaire… c’est parce qu’il sait que le téléphone va sonner.
Et à New York, en ce moment, le téléphone sonne déjà dans la tête de tout le monde.
On ne dit pas que Samuel Montembeault s’en va à New York.
Personne n’annonce une transaction demain matin.
Mais soyons sérieux deux secondes.
Si les Rangers cherchent un gardien, Jeff Gorton va appeler.
Pas parce qu’il panique.
Parce qu’il connaît trop bien le marché… et Montréal.
Et à ce moment-là, le pitch est simple, propre, efficace :
Un gardien de 29 ans.
De l’expérience.
Capable d’absorber la pression.
Et, détail non négligeable : un gardien qui a déjà joué au tournoi des Quatre Nations.
Ça, dans une discussion entre DG, ce n’est pas anodin.
C’est une carte sur la table.
Après ça, New York décidera s’il veut pousser ses jetons ou non.
Mais une chose est certaine : Jeff Gorton ne regardera pas la situation de loin.
Et quand le téléphone sonne dans ce genre de contexte, ce n’est jamais par curiosité.
À suivre...
