Offre rejetée: Patrick Kane envoie promener Montréal

Offre rejetée: Patrick Kane envoie promener Montréal

David Garel
Le 2026-07-19

Pendant quelques heures, les partisans du Canadien ont eu le droit de rêver.

Bruno Gervais avançait sur les ondes de BPM Sports que Montréal représentait exactement le genre d’équipe que Patrick Kane pouvait rechercher à ce stade de sa carrière.

Une jeune formation en pleine ascension, un entraîneur offensif comme Martin St-Louis, Ivan Demidov qui arrive, un rôle important disponible… sur papier, le scénario avait beaucoup de sens.

L'ancien défenseur de la LNH clamait même que Montréal avait une véritable chance de signer le vétéran vedette.

Il parlait comme si une offre avait été déposée. Certains parlaient même d'une offre d'un an et 4 M$ (+ bonis_, ce qui aurait été une augmentation salariale, lui qui empochait 3 M$ (+ bonis) avec Détroit.

Mais la réalité est finalement beaucoup plus brutale.

Patrick Kane n’a pas seulement écarté le Canadien de Montréal.

Il a aussi fermé la porte à deux véritables puissances de la LNH : les Maple Leafs de Toronto et l’Avalanche du Colorado.

Et ça, personne ne l’avait vu venir.

Selon David Pagnotta, quatre équipes revenaient avec insistance dans le dossier : Chicago, Buffalo, Toronto et Colorado.

Alors que Montréal est arrivé par après, vu que Kent Hughes n'a toujours pas réussi à rajouter un attaquant top-6 à sa formation.

Les Maple Leafs et l’Avalanche représentaient pourtant deux destinations tellement séduisantes pour un joueur qui possède déjà trois bagues de la Coupe Stanley, mais qui veut toujours gagner.

À Toronto, Kane aurait pu évoluer aux côtés d’Auston Matthews ou encore apporter toute sa créativité sur un deuxième trio. Les Leafs cherchaient justement un attaquant d’expérience capable de produire offensivement sans devoir porter l’équipe sur ses épaules.

Son intelligence avec la rondelle, sa vision du jeu et son efficacité en avantage numérique correspondaient parfaitement aux besoins du nouveau coach Jim Hiller.

À Colorado, le mariage semblait encore plus naturel.

Imaginez Patrick Kane distribuer les rondelles à Nathan MacKinnon, Martin Necas ou Cale Makar en avantage numérique.

L’Avalanche n’avait pas besoin du Kane de 25 ans.

Elle avait besoin du Kane de 37 ans capable de ralentir le jeu, d’attirer les défenseurs et de trouver la passe parfaite au moment opportun.

Dans une équipe déjà construite pour gagner immédiatement, il aurait bénéficié d’un environnement presque idéal.

Les deux organisations ont étudié sérieusement cette possibilité.

Le problème?

Le plafond salarial.

Toronto dépassait déjà la limite de 2,7 M$ et aurait dû créer plusieurs millions d’espace avant même de penser à offrir un contrat à Kane.

Colorado devait elle aussi jongler avec une masse salariale extrêmement serrée. (à peine 400 000 $)

Les deux équipes étaient intéressées.

Mais les contraintes financières rendaient l’opération beaucoup plus complexe.

Reste qu'autant Toronto et le Colorado étaient prêts à faire de la gymnastique pour signer Kane.

Alors que Montréal pouvait lui faire une offre les yeux fermés, avec 9,7 M$ de disponibles sur la masse salariale et seulement Zachary Bolduc et Arber Xhekaj (et la possibilité de dépasser la masse de 10 % pendant l'été).

Malgré tout…

Patrick Kane les a laissées derrière lui.

Cu final, son choix n’était plus vraiment une décision de hockey.

C’était une décision de cœur.

C’est Chris Chelios qui a mis un terme à toutes les spéculations.

L’ancien défenseur, qui connaît Patrick Kane mieux que presque n’importe qui dans le monde du hockey, affirme avoir discuté directement avec lui.

Sa conclusion est sans équivoque.

« Je ne vais pas vous mentir. Ça se joue entre Buffalo et Chicago. Je le sais parce que j’ai parlé avec eux. »

@thescorechicago Chris Chelios tells Mully & Haugh that Patrick Kane is deciding between Buffalo and Chicago. #chicagoblackhawks #nhl #hockey ♬ original sound - 104.3 The Score

Cette déclaration change complètement la lecture du dossier.

Elle signifie que Montréal n’était plus dans la course.

Mais elle confirme également que Toronto et Colorado, malgré leurs ambitions de Coupe Stanley, ont elles aussi été écartées.

Au bout du compte, Kane n’a retenu que deux destinations.

Sa ville natale.

Ou la ville où il est devenu une légende.

Buffalo représente ses racines.

Sa famille.

Ses amis.

Son enfance.

Chicago représente toute son histoire.

Trois Coupes Stanley.

Un trophée Hart.

Un trophée Conn-Smythe.

Plus de mille souvenirs.

Une relation unique avec une organisation qui continue de le considérer comme l’un des plus grands joueurs de son histoire.

Chelios ne cache d’ailleurs pas sa préférence.

Il souhaite le revoir avec les Blackhawks.

Selon lui, Kane possède encore suffisamment de hockey pour aider Connor Bedard lorsque celui-ci reviendra de sa blessure à l’épaule.

Il estime même que l’ancien numéro 88 peut encore connaître deux ou trois excellentes saisons dans la LNH.

Ce qui frappe dans cette histoire, c’est que Patrick Kane n’a pas choisi entre quatre projets sportifs.

Il a choisi entre deux chapitres de sa vie.

D’un côté, retrouver sa famille à Buffalo.

De l’autre, terminer sa carrière là où tout a commencé.

Le Canadien pouvait lui offrir un rôle offensif important.

Les Maple Leafs pouvaient lui offrir une autre occasion de poursuivre la Coupe Stanley.

L’Avalanche lui proposait probablement le meilleur environnement hockey des quatre équipes.

Aucune de ces considérations n’a finalement été suffisante.

Lorsque le cœur parle aussi fort, les arguments sportifs passent souvent au second plan.

Pour les partisans du Canadien, cette confirmation met pratiquement fin au rêve.

Et elle démontre surtout une chose.

Montréal n’est pas le seul à avoir essuyé un refus.

Au moins, quand on sait que l'équipe la plus riche de la LNH (Toronto) et un prétendant à la Coupe Stanley (Colorado) ont aussi été rejetés, ça réchauffe le coeur.

Au final, Patrick Kane n’a jamais véritablement hésité entre quatre équipes.

Son choix s’est toujours résumé à une question beaucoup plus personnelle.

Rentrer à la maison…

Ou rentrer chez lui.