Le nom de Robert Thomas ne disparaît pas. Au contraire, il revient en boucle dans l’écosystème montréalais.
Et chaque fois qu’il revient, il est accompagné de la même phrase martelée par Nick Kypreos : si le Canadien veut Thomas, il devra sacrifier l’équivalent de trois choix top-15.
C’est massif.
Mais quand on décortique froidement la situation, la gymnastique devient intéressante.
Robert Thomas, 26 ans, deux saisons de plus de 80 points, contrat béton à 8,125 M$ jusqu’en 2031, c’est exactement le genre de centre qui transforme une organisation. Si tu l’ajoutes à Nick Suzuki, tu changes immédiatement la hiérarchie offensive. Tu solidifies ton axe central pour cinq ou six ans.
C’est pour ça que Doug Armstrong ne baissera pas son prix facilement.
Mais est-ce que Montréal peut réellement assembler l’équivalent de trois choix top-15 sans toucher à Michael Hage?
C’est là que ça devient stratégique.
David Reinbacher a été repêché cinquième au total. Kirby Dach a été repêché troisième au total. Même si Dach a connu des hauts et des bas et que certains le voient comme un flop, sa valeur de jadis reste celle d’un ancien top-3. Reinbacher, lui, demeure un choix top-5 premium aux yeux de plusieurs recruteurs.
Ajoute à ça un choix de première ronde du Canadien, protégé top-14 en 2026 ou 2027, et tu arrives déjà à quelque chose qui, sur papier, ressemble à l’équivalent de trois choix top-15.
On étire l’élastique? Oui.
Mais dans une négociation, la perception compte autant que la réalité.
Les Blues sont intéressés à Dach. Ils aiment son profil. Ils aiment le potentiel encore inexploité. Ils veulent rajeunir. Ils veulent des actifs structurants.
Reinbacher les intéresse aussi. Et évidemment, ils regardent le premier choix du Canadien, même s’il ne sera probablement pas dans le top-10.
La vraie question devient : est-ce suffisant?
Ou faut-il ajouter un troisième élément pour solidifier l’offre? Un Owen Beck? Un autre jeune? Un défenseur gaucher comme Arber Xhekaj ou Jayden Struble ou Adam Engström?
Car en ce moment, les Red Wings de Détroit seraient favoris pour Thomas selon Kypreos:
Nick Kypreos: Robert Thomas seems to be linked to Detroit, and if a team has the assets to satisfy Armstrong, my best guess is that the Red Wings are it - Sportsnet (2/24)
— NHL Rumour Report (@NHLRumourReport) February 25, 2026
Les Red Wings ne sont plus des spectateurs dans le dossier de la vedette des Blues.
Detroit tient encore une place en séries (3e de la division Atlantique). Rien n’est acquis, mais l’équipe est dans la course et Steve Yzerman le sait : la fenêtre n’est pas grande, mais elle est ouverte.
Et quand une équipe en reconstruction accélérée sent que le moment est venu, elle ne magasine pas des joueurs de soutien. Elle vise un pivot numéro un.
C’est exactement pour ça que le nom de Robert Thomas revient avec insistance du côté du Michigan.
Des observateurs très proches des Wings affirment que Yzerman « adorerait » mettre la main sur Thomas si jamais il devient réellement disponible.
Et on comprend pourquoi. Thomas est dans la troisième année d’un contrat de huit ans (8,125 M$ par saison jusqu’en 2031). Il est encore jeune, productif, responsable sur 200 pieds, et il a déjà gagné une Coupe Stanley.
Pour Detroit, c’est parfait.
Il pourrait devenir le centre numéro un ou glisser derrière Dylan Larkin pour former un duo central capable de rivaliser avec n’importe qui dans l’Est. Il cadre avec l’âge du noyau. Il a l’expérience. Il est signé à long terme.
Et surtout : Detroit a les munitions.
Contrairement à Montréal, qui doit faire de la gymnastique pour assembler « l’équivalent de trois choix top-15 », Detroit peut littéralement offrir des choix de première ronde réels.
Un scénario qui a circulé sur les réseaux sociaux et qui a fait énormément de bruit, voyait les Blues envoyer Robert Thomas et Justin Faulk à Detroit, avec un choix de troisième ronde, en échange de Carter Bear, Nate Danielson et deux choix de première ronde en 2026 et 2027.
Deux premiers choix.
Deux espoirs premium.
Quatre actifs majeurs.
C’est lourd.
Est-ce que c’est réaliste à 100 %? Peut-être pas dans cette forme exacte. Mais ça démontre une chose : Detroit est prêt à payer.
Et pendant ce temps, Steve Yzerman parle d’un « sens d’urgence » après la pause olympique. Le message est clair : chaque point compte. Il ne reste plus beaucoup de journées au calendrier. Les équipes qui hésitent vont se faire dépasser.
Quand une organisation adopte ce ton-là publiquement, ça signifie qu’elle est prête à agir.
Thomas, de son côté, ne ferme pas la porte. Il a admis comprendre les rumeurs :
« Nous savons où nous sommes au classement. Quand tu es dans cette position, ce genre de choses arrive. »
Il reconnaît que son nom circule depuis des années. Il a une clause de non-échange, oui, mais il refuse d’entrer dans les détails. Ce n’est pas un non.
C’est là que Kent Hughes doit faire son calcul.
Parce que trois choix top-15, ça peut aussi vouloir dire : deux actifs premium + un complément crédible.
Et si tu veux battre le marché, parce que d’autres équipes vont appeler pour Thomas, tu dois offrir quelque chose d’indéniable.
Autre variable : le salaire.
Thomas est à 8,125 M$ jusqu’en 2031. Montréal peut l’absorber à long terme, mais pour équilibrer l’année en cours, un nom comme Patrik Laine peut entrer dans l’équation comme pièce salariale.
Pas comme actif central. Comme mécanisme financier. Les Blues pourraient accepter d’absorber Laine à court terme, quitte à le retourner sur le marché ou à le signer à rabais plus tard.
Ce serait une transaction lourde.
Mais soyons clairs : si tu ajoutes Robert Thomas, tu ne parles plus de progression graduelle. Tu parles d’accélération immédiate.
Nick Kypreos insiste : trois top-15.
Montréal a les morceaux pour créer l’illusion, ou la réalité, de ces trois actifs.
Reinbacher (top-5).
Dach ( ancien top-3). Fragile, décevant, mais qui a encore du potentiel, surtout qu'il était en feu sur le premier trio du CH avant la pause olympique.
Un premier choix protégé.
Ça commence à ressembler à ce que Saint-Louis demande.
La vraie question n’est plus de savoir si le Canadien peut construire l’offre.
La question est de savoir s’il a le courage de la déposer sur la table.
