Les Bruins de Boston viennent de mettre Kent Hughes dans une situation beaucoup plus inconfortable.
Elliotte Friedman vient de rapporter que Boston a présenté une offre aux Blue Jackets de Columbus pour Kirill Marchenko. On ne connaît ni la date exacte de l’offre, ni les joueurs impliqués.
On ne sait pas si c'est Columbus qui a officiellement refusé l'offre ou si c'est Marchenko qui a refusé de signer une prolongation de contrat. Ce que l’on sait, c’est que les Bruins sont entrés dans le dossier et que la transaction n'a pas été complétée pour le moment.
Et ça change beaucoup de choses.
Depuis plusieurs jours, le Canadien est régulièrement associé à Marchenko. Nick Kypreos avait placé Montréal, Toronto et Edmonton parmi les équipes qui cherchaient à trouver une façon de s’entendre avec Columbus. Puis Friedman est arrivé avec une information supplémentaire : Boston a déjà tenté sa chance, tout comme les Islanders.
Mais ce serait l'offre des Bruins qui aurait été la plus agressive. Pavel Zacha aurait été impliqué, mais les Blue Jackets désirent qu'une prolongation de contrat soit aussi incluse et le Tchèque n'est pas intéressé au moment où l'on se parle. (il devient UFA l'été prochain).
Les Bruins tentent de le convaincre en ce moment.
Le marché commence à devenir dangereux pour Montréal.
Marchenko est exactement le genre de joueur qui peut attirer plusieurs équipes en même temps : 26 ans, 6 pi 3 po, ailier droit, 27 buts et 67 points en 76 matchs la saison dernière, après une campagne de 31 buts et 74 points. Son contrat de 3,85 millions de dollars rend son dossier encore plus intéressant.
Columbus possède donc un joueur productif, jeune, imposant et encore sous contrôle de l’équipe.
Ce n’est pas le genre de joueur que tu donnes pour trois choix de repêchage et une poignée de promesses.
C’est précisément ce qui complique le dossier de Kent Hughes.
Columbus peut maintenant regarder Montréal et dire :
« Boston est intéressé et Pavel Zacha a été proposé.
Toronto est intéressé et Matthew Knies a été proposé
À vous de me montrer pourquoi votre offre est meilleure. »
C’est là que Michael Hage entre directement dans la conversation.
Depuis plusieurs semaines, le nom de Hage circule dans les discussions entourant Marchenko. Columbus aimerait mettre la main sur un jeune centre de cette qualité. Le Canadien, lui, hésite évidemment à sacrifier un joueur qui représente potentiellement son futur deuxième centre.
Et maintenant, Boston arrive.
La question devient donc très simple :
Est-ce que Kent Hughes doit sacrifier Michael Hage pour battre les Bruins?
Ma réponse est non.
Pas pour Kirill Marchenko.
Marchenko est un excellent joueur. Son contrat actuel est très avantageux. Son profil correspond parfaitement à ce que Montréal recherche.
Mais Hage représente quelque chose de différent.
Il représente un centre de 20 ans qui a encore une énorme marge de progression et qui va devenir une pièce essentielle du Canadien.
Tu ne sacrifies pas cette possibilité simplement parce que Boston décide de déposer une offre.
Les informations qui circulent autour de Marchenko indiquent qu’il veut quitter Columbus et que Montréal figure parmi ses destinations privilégiées.
Alors pourquoi Hughes se précipiterait-il?
Si Marchenko veut réellement jouer à Montréal, cette information possède une valeur énorme dans une négociation.
Boston peut offrir davantage.
Toronto peut offrir davantage.
Mais aucune de ces équipes ne peut acheter la préférence personnelle du joueur.
Et ça, Columbus le sait.
C’est aussi pour cette raison que le Canadien ne doit pas paniquer.
Par contre, si Columbus demande une combinaison raisonnable autour de Zharovsky, d’un jeune défenseur (Adam Engström), d’un choix de première ronde ou d’une autre pièce qui ne touche pas directement au cœur du futur de Montréal (Kirby Dach), Kent Hughes doit écouter.
Si Marchenko est réellement l’ailier que le Canadien considère comme une pièce essentielle de son prochain noyau, alors il est temps de négocier sérieusement avec Columbus.
Une chose est certaine : l’entrée des Bruins dans le dossier vient de changer le rapport de force.
Et maintenant, Kent Hughes joue une vraie partie de poker.
