Officiel: Mike Matheson se fait voler par Kent Hughes

Officiel: Mike Matheson se fait voler par Kent Hughes

Par David Garel le 2025-11-28

Tremblement à Montréal.

Mike Matheson se fait voler par Kent Hughes, alors que le défenseur signe un contrat de 5 ans et 6 M$ par année. 

Ouch. C’est un vol qualifié orchestré par Kent Hughes. Un coup de maître. Un hold-up de cinq ans pour seulement 30 millions de dollars au total.

Pour un défenseur qui joue presque 25 minutes par match, qui est top-10 dans la LNH au temps d’utilisation et dans toutes les statistiques avancées, c’est une aubaine historique.

Certaines projections conservatrices estimaient qu’il pouvait décrocher 7 ans à 8 ou même 9 millions par année sur le marché des joueurs autonomes.

On parle donc d’un contrat potentiel de 63 M$ à 72 M$ sur le marché. Matheson vient donc de laisser entre 33 et 42 millions de dollars sur la table.

 Il aurait pu devenir l’un des défenseurs les mieux payés de la LNH. Il a préféré la stabilité, la famille, sa ville et peut-être… un pacte avec son ancien agent.

Parce que c’est ça qu’on oublie trop souvent : Kent Hughes était l’agent de Matheson avant de devenir DG du CH. Il connaît l’homme. Il connaît ses priorités. Il connaît ses limites. Et il savait jusqu’où il pouvait aller pour faire accepter cette offre « rabais ».

Il avait déjà passé un sapin à Lane Hutson. Mais dans le cas de Matheson, c’est encore plus spectaculaire. Parce qu’on ne parle pas d’un espoir. On parle d’un défenseur établi, d’un vétéran de 31 ans, qui domine toutes les colonnes statistiques chez les défenseurs du CH.

Matheson aurait pu attendre le 1er juillet 2026 et encaisser le pactole. Il a décidé de se lier au CH jusqu’en 2031. Une décision noble… mais coûteuse. Très coûteuse.

Pourquoi un tel rabais?

La réponse tient peut-être en un mot : confiance. Matheson se sent respecté à Montréal. Il est utilisé à outrance, il est valorisé, il est aimé des jeunes. St-Louis le traite comme un vrai général. Il est un leader silencieux, mais constant. Et surtout, il est en santé.

Dans un marché UFA, un défenseur avec ces chiffres aurait fait sauter la banque. Mais Matheson a choisi le chemin de la stabilité. Et peut-être aussi, il a tenu sa promesse envers Hughes.

Et maintenant?

Cette signature a une conséquence directe : le CH vient de sécuriser son quart-arrière numéro un pour cinq années à prix d’ami. 

Et ce qui est cruel, c’est que cet argent ne sera pas disponible pour les autres. Zachary Bolduc, entre autres, en fera les frais. Le club économise des millions grâce à Matheson, mais pourrait les réinvestir pour surpayer un autre vétéran sur le marché des agents libres ou acquis via transaction.

Bolduc a le temps de hausser sa valeur, vu qu'il est sur le premier trio et la première unité d'avantage numérique maintenant. Mais il devra trouver de la constance... et s'inspirer de Matheson.

Car le défenseur est en meilleure forme que jamais. Bolduc, lui, est arrivé dernier dans les tests physiques du camp. L’un vient de s’assurer la retraite dorée. L’autre s’apprête à signer un contrat-pont.

Si Bolduc peut s'inspirer de Matheson, il va lui aussi finir par faire sauter la banque un jour.

Pendant ce temps, le CH a pris de l’avance sur ses compétiteurs. Matheson est à nous, pour cinq autres années. À 6 M$. C’est un miracle financier. C’est un autre chef-d’œuvre signé Kent Hughes.

Et si vous cherchez encore le gagnant de cette signature? C’est le DG.

Parce que dans une LNH où tout le monde paie trop cher, Hughes a réussi à payer trop peu. Et Matheson, lui, peut dire qu'il finira sa carrière dans sa ville natale.

Avant de célébrer le contrat, il faut se souvenir du chemin.

Parce qu’à Montréal, Mike Matheson ne l’a pas eu facile. Dès son arrivée, les projecteurs étaient braqués sur lui, pas par admiration, mais par soupçon.

Il était le gars « échangé contre Petry ». Celui qu’on accusait de jouer pour l’œil du coach, d’être le « chouchou » d’un Martin St-Louis qui. Certains partisans l’avaient dans le collimateur dès le jour un.

On remettait en question ses décisions avec la rondelle. On doutait de son jeu défensif. À chaque erreur, les réseaux sociaux s’enflammaient. Il était devenu une cible facile. On oubliait qu’il portait à lui seul le poids d’une défensive brisée par les blessures, surchargée par l’inexpérience, en pleine reconstruction.

Mais il n’a jamais répliqué. Il n’a jamais tapé du poing sur la table. Il n’a jamais demandé un échange. Au contraire : il a redoublé d’efforts. Il a absorbé 25, 26, parfois 29 minutes par match. Il a joué blessé. Il a traîné l’équipe sur ses épaules, souvent dans l’ombre. Et lentement, patiemment, il a reconquis les partisans.

Aujourd’hui, quand Mike Matheson pose le pied sur la glace du Centre Bell, les huées ont laissé place aux applaudissements. Ce n’est plus un joueur critiqué. C’est une pierre angualaire respectée. Un modèle pour les jeunes. Un Québécois discret, mais fidèle, qui a gagné sa place à la dure.

Et c’est ça qu’il faut retenir : ce contrat, ce n’est pas une récompense pour une bonne saison. C’est l’aboutissement d’un combat intérieur. D’une reconquête. C’est l’histoire d’un gars qui aurait pu baisser les bras, demander à sortir, ou se cacher derrière des excuses. Mais qui a choisi de faire face. D’assumer. De s’élever.

Dans une ville où la pression écrase les meilleurs, Mike Matheson a tenu bon.

Ce n’est pas seulement un bon défenseur.

C’est un survivant du marché montréalais. Et ça, ça mérite bien plus qu’un salaire à rabais.