Ça devient extrêmement inquiétant dans les bureaux de TVA Sports.
Alors que le premier match préparatoire du Canadien de Montréal approche à grands pas, une partie importante des employés de TVA Sports se retrouve toujours dans le brouillard.
Selon nos informations, à l’exception de Jean-Charles Lajoie, dont le contrat a été prolongé pour une seule année grâce à une option prévue à son entente, aucun contrat n’a encore été officiellement prolongé.
Et le détail qui fait monter la pression est assez incroyable : les contrats des employés de TVA Sports arrivent à échéance demain, le 31 août 2026.
Demain.
On parle donc de journalistes, animateurs, analystes, recherchistes, réalisateurs, producteurs, techniciens et plusieurs autres employés qui ne savent toujours pas officiellement ce que leur réserve la prochaine saison.
Pourtant, depuis plusieurs semaines, l’industrie fonctionne avec l’idée que TVA Sports présentera bel et bien 32 matchs du Canadien en saison régulière, en plus de conserver l’exclusivité de la présentation en français des séries éliminatoires du Tricolore.
Cette information avait été rapportée par La Presse en juillet, qui indiquait que le renouvellement de la licence francophone pour 12 autres années était essentiellement réglé, même si certains éléments devaient encore être finalisés et que la direction de TVA se contentait de dire que la « négociation se poursuit ».
Mais voilà le problème : rien n’est signé.
Et cette distinction devient particulièrement importante maintenant que le calendrier indique le 30 août. Parce qu’une chose est de savoir, en théorie, que 32 matchs pourraient être diffusés à TVA Sports.
Une autre est de savoir exactement quelle structure sera mise en place, quels employés seront rappelés, quels contrats seront offerts, combien de personnes travailleront sur les productions et surtout quelle sera la stratégie à long terme de la chaîne.
Les employés n’ont pas besoin de rumeurs pour payer leur hypothèque.
Ils ont besoin de contrats.
Et présentement, selon nos informations, plusieurs attendent toujours.
La situation est d’autant plus inquiétante que le marché des droits francophones de la LNH a complètement changé.
Rogers a signé une nouvelle entente nationale de 12 ans évaluée à 11 milliards de dollars, soit plus du double des 5,2 milliards de dollars de son précédent contrat.
Québecor avait pour sa part investi plus de 700 millions de dollars pour devenir le diffuseur francophone national de la LNH avec TVA Sports lors de l’entente précédente.
Le prix du hockey a donc explosé.
Et TVA Sports doit maintenant déterminer combien elle est prête à payer pour continuer à en diffuser une partie.
C’est précisément là que l’incertitude devient difficile à comprendre pour les employés. Parce que tout le monde parle déjà du nouveau partage : 45 matchs du Canadien pour RDS, 32 pour TVA Sports et sept matchs en français sur Prime Video.
Le Canadien doit également disputer 84 matchs de saison régulière à compter de la prochaine saison en vertu de la nouvelle convention collective.
Sur papier, le scénario est donc relativement clair.
Dans les bureaux de TVA Sports, il ne l’est manifestement pas encore.
Et cette fois, le facteur économique est impossible à ignorer.
TVA Sports demeure déficitaire depuis sa création. La chaîne a accumulé des pertes de plus de 250 millions de dollars au fil des années, alors que les droits sportifs ont toujours représenté une arme à double tranchant : ils permettent d’attirer les abonnés et les annonceurs, mais ils coûtent aussi une fortune. RDS, de son côté, a renoué avec la rentabilité l’an dernier après trois années consécutives de pertes.
Il faut donc comprendre pourquoi plusieurs employés sont nerveux.
Ils voient les chiffres.
Ils voient les changements dans l’industrie.
Ils voient Amazon entrer progressivement dans la diffusion du hockey francophone.
Ils voient les habitudes de consommation se transformer.
Et surtout, ils savent que le Canadien est redevenu extrêmement populaire.
Le parcours du Tricolore la saison dernière a changé la dynamique. Une équipe montréalaise compétitive vaut beaucoup plus cher qu’une équipe qui termine au fond du classement.
Lorsque le CH devient pertinent, les cotes d’écoute augmentent, les publicités prennent de la valeur et les diffuseurs veulent obtenir leur morceau du gâteau.
TVA Sports aurait davantage de matchs du Canadien la saison prochaine qu’au cours de la dernière campagne, 32 contre 22, mais ses employés ne savent toujours pas officiellement si leurs contrats seront reconduits.
Le premier match préparatoire du Canadien est prévu le 19 septembre. Le camp d’entraînement approche. Les studios doivent être préparés. Les équipes de production doivent être constituées. Les horaires doivent être établis. Les émissions doivent être planifiées.
Il reste deux semaines.
C’est donc une journée extrêmement importante qui attend TVA Sports demain. Parce que derrière les négociations entre Québecor, Rogers et la LNH, derrière les millions et les droits de diffusion, il y a des êtres humains qui attendent une simple réponse.
Est-ce que vous êtes encore avec nous l’an prochain?
Pour plusieurs employés, c’est la seule question qui compte.
Et au 30 août, la réponse officielle n’est toujours pas arrivée.
Le hockey sera à la télévision.
Le Canadien sera à TVA Sports selon le scénario annoncé.
Mais qui sera derrière les caméras, dans les studios et devant les micros?
Demain, les contrats expirent.
Et le silence commence à devenir assourdissant.
