C’est la grosse surprise, et honnêtement, une mauvaise surprise, du côté d’Équipe Canada.
Oui, Nick Suzuki a commencé le camp olympique sur un trio de luxe avec Nathan MacKinnon et Brad Marchand. Oui, c’est une vitrine exceptionnelle, un signal clair que Jon Cooper lui fait confiance à cinq contre cinq.
Mais.
Mais quand les unités d’avantage numérique ont sauté sur la glace, Suzuki n’était nulle part.
🇨🇦 power play units
— Mark Masters (@markhmasters) February 8, 2026
QB: Makar
Flanks: McDavid, MacKinnon
Bumper: Reinhart
Down low: Crosby
QB: Theodore
Flanks: Celebrini, Marner
Bumper: Horvat
Net front: Stone @TSN_Sports
Pas sur la première vague.
Pas sur la deuxième non plus.
Et là, on parle d’un simple détail tactique? Pas vraiment.
On parle du deuxième joueur canadien le plus productif de toute la LNH en avantage numérique cette saison, derrière Connor McDavid.
On parle aussi du cinquième Canadien le plus productif au total, toutes situations confondues, derrière McDavid, MacKinnon, Macklin Celebrini et Mark Scheifele.
Ce n’est pas anodin.
Ce n’est pas marginal.
Ce n’est pas un “nice to have”.
C’est majeur.
Et à l’interne, ça a clairement surpris Suzuki compris.
Parce qu’il faut le dire : Nick Suzuki s’attendait à jouer en avantage numérique. Pas nécessairement comme vedette principale, mais comme rouage. Comme passeur. Comme cerveau. Comme gars capable de faire respirer un jeu de puissance surchargé de talent.
Le voir exclu des deux unités, dès le départ, c’est un choc.
Un choc pour les observateurs.
Un choc pour les journalistes.
Et oui, une déception réelle pour lui.
Alors pourquoi?
Pourquoi Jon Cooper et son staff “ignorent”, pour l’instant, l’un des joueurs canadiens les plus efficaces en supériorité numérique?
La réponse est moins insultante qu’elle en a l’air… mais elle est froide.
D’abord, il y a une abondance indécente de talent. McDavid, MacKinnon, Sidney Crosby, Mitch Marner, Cale Makar… À un moment donné, quelqu’un doit rester sur le banc. Et cette fois, c’est Suzuki qui écope.
Ensuite, il y a la gestion du corps.
Suzuki est le prototype du joueur que les entraîneurs adorent… mais qu’ils doivent se retenir de surtaxer. Il peut jouer contre les meilleurs trios adverses. Il peut tuer des pénalités. Il peut gagner des mises au jeu importantes. Il peut jouer à l’aile ou au centre. Il peut absorber des minutes lourdes.
Justement.
Le Canada ne veut pas en faire trop.
Le Canada veut l’avoir frais.
Le Canada veut l’avoir disponible dans les situations ingrates.
Tout indique que Suzuki est destiné à devenir une pièce maîtresse du désavantage numérique, un rôle beaucoup moins glamour, mais souvent décisif dans un court tournoi olympique.
On le sait : un mauvais changement en powerplay, ça passe. Un mauvais jeu en infériorité numérique, ça te coûte une médaille.
Dans cette logique, le staff préfère peut-être garder Suzuki loin de la surcharge offensive pour maximiser son impact ailleurs.
C’est rationnel.
Mais c’est brutal.
Surtout quand tu sais que Suzuki a bâti sa saison, et sa réputation, sur sa capacité à produire quand l’espace est limité, quand le jeu ralentit, quand tout le monde te regarde.
Est-ce que ça peut changer?
Absolument.
Les unités de jeu de puissance sont souvent les dernières à se stabiliser dans un tournoi court. Une blessure. Une panne. Un powerplay inefficace pendant deux matchs. Et soudainement, un joueur comme Suzuki devient une évidence.
En attendant, la talent est immense sur les deux unités:
À la pointe : Cale Makar
Sur les ailes :
Connor McDavid
Nathan MacKinnon
Dans le bumper :
Sidney Crosby
Et là, nuance importante : Crosby n’est pas figé.
Il agit comme électron libre. Il glisse du bumper au bas de l’enclave, descend derrière le filet, remonte dans le slot. Il lit la couverture et se promène selon l’ouverture.
Autrement dit : Sid contrôle le chaos.
Devant le filet :
Mark Stone
Stone est là pour bloquer la vue, récupérer les retours, gagner les batailles sales. Du pur Mark Stone.
Et la 2e unité est aussi en feu:
À la pointe :
Shea Theodore
Sur les côtés :
Mitch Marner
Bo Horvat
Dans le bumper :
Sam Reinhart
Brandon Hagel en électron libre.
C’est littéralement un jeu vidéo.
Le message est clair pour Nick Suzuki : tu es essentiel… mais pas là.
Et c’est là que la déception est la plus vive.
Parce que Nick Suzuki n’est pas un passager à Milan.
Il est sur un trio avec MacKinnon.
Il est capitaine du Canadiens de Montréal.
Il est l’un des Canadiens les plus productifs de la planète.
Ne pas le voir en avantage numérique, c’est un rappel brutal de la profondeur démesurée d’Équipe Canada… et de la cruauté des choix que ça impose.
Une grosse surprise.
Une mauvaise surprise.
Et un dossier à surveiller de très près dès le premier match.
Parce que si le jeu de puissance canadien cherche des réponses, Nick Suzuki en a déjà donné toute l’année.
