Souhaiter que son équipe ne participe même pas aux séries éliminatoires… voilà une déclaration qu’aucun partisan de hockey n’aurait cru entendre de la bouche d’un maire d’une grande ville canadienne.
Pourtant, c’est exactement ce qui vient de se produire à Vancouver.
Une sortie qui fait énormément réagir et qui ouvre soudainement un débat beaucoup plus large… jusqu’à Montréal.
Le maire de Vancouver, Ken Sim, a surpris tout le monde en affirmant qu’en tant que partisan, il rêvait évidemment de voir les Canucks remporter la Coupe Stanley.
Mais en tant que maire, son souhait était tout autre.
Il préférerait que son équipe ne dispute aucun match éliminatoire.
La raison? Les coûts faramineux liés à la sécurité, à la gestion des foules et aux ressources policières qu’exige un long parcours printanier.

Cette déclaration n’est pas tombée du ciel.
Vancouver porte encore les cicatrices des émeutes de 2011, lorsque la défaite des Canucks en finale de la Coupe Stanley avait plongé le centre-ville dans le chaos.
Des voitures incendiées, des commerces vandalisés, des centaines de blessés et une réputation qui colle encore à la ville quinze ans plus tard.
Depuis, chaque printemps où les Canucks s’approchent des séries, cette page d’histoire revient hanter les décideurs municipaux.
Impossible de ne pas penser à Montréal.
Le printemps dernier, la métropole québécoise a vibré au rythme du parcours inattendu du Canadien.
Les rues entourant le Centre Bell étaient noires de monde avant chaque rencontre.
Les rassemblements se multipliaient, les partisans envahissaient les terrasses et les trottoirs pendant que le SPVM et la Ville de Montréal déployaient un important dispositif pour assurer le bon déroulement des festivités.
L’organisation du Canadien a même augmenté la capacité des soirées de visionnement extérieur afin de répondre à une demande devenue complètement folle.
Contrairement à Vancouver, personne à Montréal n’a laissé entendre qu’il aurait été préférable que le Canadien soit éliminé rapidement pour éviter les casse-têtes logistiques.
Mais pour combien de temps?
C’est précisément la question que soulève cette histoire.
Le Canadien entre dans une nouvelle phase de son développement.
Kent Hughes et Jeff Gorton ne cachent plus que l’objectif est désormais de bâtir un véritable aspirant à la Coupe Stanley.
Si tout se déroule comme prévu, Montréal risque de vivre plusieurs longs parcours éliminatoires au cours des prochaines années.
Chaque ronde supplémentaire signifie des dizaines de milliers de personnes au centre-ville, des effectifs policiers mobilisés pendant des semaines, des dépenses importantes et une pression constante sur les services municipaux.
Soraya Martinez Ferrada pourrait donc se retrouver devant un choix qu’aucun maire ne souhaite réellement faire.
D’un côté, un événement qui génère des retombées économiques majeures pour les restaurants, les hôtels, les bars et les commerces du centre-ville.
De l’autre, une responsabilité énorme en matière de sécurité publique.
La déclaration du maire de Vancouver démontre qu’il existe désormais deux façons de voir les séries éliminatoires.
Les partisans n’y voient que la passion, l’émotion et la fête. Les élus, eux, doivent aussi calculer les coûts, prévoir les débordements et protéger la population.
Voilà pourquoi cette histoire dépasse largement les Canucks.
Elle ouvre un débat qui pourrait très bien se transporter à Montréal dès que le Canadien redeviendra un habitué des longues campagnes printanières.
Personne ne souhaite revoir des scènes de violence comme celles vécues ailleurs. Personne ne veut non plus empêcher une ville entière de célébrer les succès de son équipe.
Trouver cet équilibre deviendra peut-être l’un des plus grands défis de l’administration montréalaise si le Canadien continue sa progression et transforme le Centre Bell en véritable épicentre du hockey au printemps.
Une chose est certaine… après les propos de Ken Sim, plus personne ne peut prétendre que cette réflexion est farfelue.
Le débat est officiellement lancé. Montréal espère évidemment ne jamais avoir à choisir entre la passion de ses partisans et les impératifs de la sécurité publique.
À suivre…
