Nazem Kadri ne se cache plus.
Pour la première fois depuis que son nom circule avec insistance dans les rumeurs de transactions, et surtout dans l’écosystème montréalais, l’attaquant des Flames de Calgary est sorti de son silence.
Et même s’il n’a évidemment pas prononcé le mot Montréal, ses propos disent beaucoup plus que ce que la prudence médiatique lui permet d’affirmer ouvertement.
"Getting back into the routine, swing of thing is always exciting when you've had a little bit of a break."
— Calgary Flames (@NHLFlames) February 23, 2026
Nazem Kadri shares his thoughts on the squad being back on the ice ahead of the upcoming road swing. pic.twitter.com/YZFAquHnME
« Je ne suis pas du genre à avoir un pied dehors, peu importe où je me trouve. J’investis toute mon énergie et je donne 110 %, donc j’essaie de ne pas trop me laisser affecter par ça. »
Puis, presque dans la même respiration :
« On reste tous humains dans ce sens-là. Mais vous savez, je suis un Flame de Calgary, et mon engagement est ici, pour l’instant. »
Le pour l’instant est lourd de sens.
Kadri est parfaitement conscient que son avenir à Calgary est en suspens. À 35 ans, dans la quatrième année de son contrat de sept saisons à 7 M$ par année, il sait que la fenêtre se referme.
Il possède une clause de non-échange lui permettant de bloquer 13 équipes, et selon ce qui circule dans la ligue, il serait maintenant ouvert à faciliter une transaction.
Ses mots sont clairs :
« Au bout du compte, ils peuvent décider. Je pense que tout le monde doit explorer toutes les avenues afin de déterminer ce qui est le mieux pour moi et ce qui est le mieux pour l’équipe. Que ce soit ici ou ailleurs, je ne le sais pas encore vraiment, mais j’aime être ici. »
The reality of the Flames these days is that everything is temporary.
— Sportsnet (@Sportsnet) February 23, 2026
So when it comes to Nazem Kadri, that means a trade isn't just speculation anymore, it's an inevitability, writes @EricFrancis. https://t.co/cOEf4wzMqb
Il aime être là.
Mais il veut gagner ailleurs.
Kadri ne s’en cache pas : il veut une autre chance de soulever la Coupe Stanley, lui qui l’a déjà fait avec l’Avalanche du Colorado en 2022.
Or, Calgary est avant-dernier dans la Pacifique, loin du portrait des séries, et tout indique que l’organisation s’oriente vers un repositionnement plus profond.
Dans ce contexte, le dossier Kadri est devenu central.
Et tout le monde dans la ligue sait que ça se joue essentiellement entre trois équipes : le Canadiens de Montréal, les Kings de Los Angeles et le Wild du Minnesota.
Mais il y a un élément clé que plusieurs sous-estiment : Kadri, lui, rêve de Montréal. L’équipe de son enfance. L’équipe de son père. Le marché ne l’effraie pas. La pression ne le rebute pas. Là où certains vétérans fuient le Québec, Kadri l’embrasse.
Et indirectement, un autre dossier vient aider le Canadien : Vincent Trocheck a clairement fait savoir qu’il ne voulait rien savoir de Montréal.
Son refus recentre automatiquement l’attention sur Kadri comme cible prioritaire pour un centre d’impact.
La grande question devient donc : qu’est-ce que Montréal est prêt à donner?
Une chose est déjà établie : Oliver Kapanen n’est pas sur le marché.
Mais à Calgary, le nom de Kirby Dach circule activement. Très activement. Les Flames aiment son gabarit, son potentiel encore inexploité, et voient en lui un projet intéressant dans une transition organisationnelle.
À ça s’ajoute presque obligatoirement un défenseur gaucher. Trois noms reviennent constamment dans les discussions : Jayden Struble, Arber Xhekaj et Adam Engstrom. Calgary veut rajeunir sa brigade défensive, et un de ces profils devra faire partie du montage.
On parle aussi d’un choix de première ronde, probablement protégé, pour compléter le tout.
Ce serait un prix élevé.
Mais Kadri n’est pas un simple complément. C’est un moteur. Un centre capable de jouer lourd, de brasser un vestiaire, de prendre les missions ingrates et de faire basculer une série.
Et à Montréal, la congestion offensive commence à devenir un facteur.
Alex Newhook est à deux doigts de revenir au jeu, on l’a vu à pleine vitesse à l’entraînement. Il peut évoluer à gauche ou à droite, notamment avec Nick Suzuki et Cole Caufield. Alexandre Texier a prouvé qu’il pouvait aussi tenir ce rôle.
Un attaquant devra partir.
Et Patrik Laine fait toujours partie de l’équation. Les Flames ne seraient pas fermés à l’idée de l’absorber comme pièce salariale, quitte à le relancer à rabais l’an prochain. Laine pourrait donc servir de levier financier dans la transaction, sans être la pièce maîtresse du retour.
Bref, tous les ingrédients sont là.
Kadri veut partir.
Calgary écoute.
Montréal pousse.
Et pour la première fois, Kadri lui-même confirme qu’il y a un dialogue ouvert avec son DG.
« Nous avons eu des discussions internes. Évidemment, nous allons garder cela privé, mais oui, nous avons discuté et communiqué. Je pense que c’est ce qui rend le tout positif : d’avoir une ligne de communication ouverte et d’être capables de comprendre où chacun se situe. »
C’est exactement ce qu’on entend quand une transaction se prépare.
Nazem Kadri ne dit pas Montréal.
Mais tout le monde sait que c’est là qu’il veut être.
Et s’il débarque au Centre Bell, le Canadien ne sera plus simplement une équipe prometteuse.
Il deviendra, instantanément, beaucoup plus dangereux.
