Moment difficile pour Ivan Demidov: il frappe un mur

Moment difficile pour Ivan Demidov: il frappe un mur

Par David Garel le 2026-03-01

Ivan Demidov a frappé un mur.

Deux buts en 21 matchs. Treize aides, oui. Mais deux filets seulement. Un rythme de sept sur 82 si on projette froidement. Pour un joueur présenté comme l’étincelle offensive du futur des Canadiens de Montréal, c’est sa première vraie séquence de léthargie.

Et on le sent.

On le voit jouer plus en périphérie. On le voit hésiter à décocher. On le voit parfois chercher la passe de trop. Sur l’avantage numérique, il a laissé filer des occasions de one-timer. À cinq contre cinq, son trio passe de longues séquences sans créer d’élan.

Et le problème commence au centre.

Oliver Kapanen travaille fort. Il est discipliné. Mais en ce moment, il n’est pas le centre capable de maximiser Demidov... ni Juraj Slafkosky qui semble mêlé comme un jeu de cartes depuis le retour des Olympiques.

Le trio jeune se fait dominer à cinq contre cinq. Les entrées de zone manquent de fluidité. Les retours défensifs prennent de l’énergie. Et un ailier créatif qui passe son temps à défendre finit par produire moins.

Demidov a besoin d’un centre capable de transporter la rondelle, de gagner des mises au jeu clés, de dicter le tempo. Présentement, il ne l’a pas.

Mais réduire la séquence à une simple question de centre serait trop facile.

Il y a aussi le contexte émotionnel.

L’absence aux Jeux olympiques l’a frappé plus fort qu’on ne le croit. Il ne l’a pas crié. Il ne s’est pas victimisé. Mais il l’a dit : il espère que la Russie sera réintégrée un jour pour qu’il puisse représenter son pays. Pendant que d’autres jeunes vedettes vivaient ce moment unique, lui était à Montréal, spectateur.

Ce genre de frustration silencieuse peut gruger un compétiteur de 20 ans.

Ajoute à ça un calendrier chargé en apparitions publiques. Demidov accepte tout comme commandite. Il est devenu un visage marketing important. Présent partout. Disponible. Accessible.

Depuis son arrivée à Montréal, il enchaîne les partenariats sans filtre apparent (boissons énergétiques de bas-étage, équipementiers, chaînes de restauration, campagnes d’affichage, centres de divertissement comme GoPlex à Brossard).

Peu importe la nature, peu importe l’envergure, peu importe le positionnement de la marque. Et c’est là que le malaise s’installe.

Parce qu’à 20 ans, en pleine première vraie séquence difficile avec seulement deux buts en 21 matchs, multiplier les apparitions commanditées envoie un signal ambigu : celui d’un joueur déjà en mode monétisation maximale, alors qu’il devrait être en mode ajustement compétitif.

Pendant que son image circule, sa production ralentit.

Et à Montréal, ce décalage alimente les conversations.

Il y a quelques mois à peine, on le plaçait dans la course au Calder. Aujourd’hui, la discussion a changé. Les noms de Matthew Schaefer et Beckett Sennecke dominent le débat. Demidov n’est plus dans le peloton de tête.

C’est brutal, mais c’est la réalité médiatique.

Est-ce que ça veut dire qu’il est en difficulté profonde? Non.

Est-ce que ça veut dire qu’il traverse son premier vrai moment d’adversité dans la LNH? Absolument.

Surtout, il doit aller au gym pour prendre de la masse, car il se fait tasser beaucoup trop facilement:

Le développement d’un joueur de 20 ans n’est jamais linéaire. Il y a une phase d’explosion. Puis une phase d’ajustement. Les équipes ont maintenant du vidéo sur lui. Les défenseurs ferment ses lignes de passe. Les gardiens anticipent son tir.

La ligue s’est ajustée.

La question maintenant est simple : comment va-t-il répondre?

Parce que le talent est toujours là. La vision n’a pas disparu. La créativité est intacte. Mais le rythme a baissé. L’instinct de buteur s’est refroidi. Et la confiance, à ce niveau, est tout.

Demidov n’est pas en crise.

Mais il est dans son premier vrai creux montréalais.

Et dans ce marché, un creux de trois semaines peut sembler éternel.

C’est là que le mental entre en jeu. C’est là que le staff doit l’encadrer. C’est là que la gestion des minutes et des combinaisons devient cruciale.

Deux buts en 21 matchs ne définissent pas une carrière.

Mais ils définissent un moment.

Et pour la première fois depuis son arrivée, Ivan Demidov doit apprendre à jouer… sans l’élan naturel de la production.

C’est le passage obligé des grandes vedettes.

La suite va dire beaucoup plus que ces 21 matchs.