Dans la violence douce-amère dy Bye Bye 2025... on a réalisé que le Québec porte Samuel Montembeault dans son coeur.
Car au cœur d’une émission qui a carbonisé Mike de chez Rona en le présentant comme un acteur raté, alcoolique, dépressif, cramponné à la seule publicité qui lui reste dans la vie, un Bye-Bye qui n’a eu aucune pitié pour les vedettes, les puissants, les politiciens, les influenceurs… personne n’a touché à Samuel Montembeault.
Pas une blague. Pas une référence. Pas une caricature sur son effondrement rien.
Tout le monde pensait qu'on allait voir un Samuel Montembeault dépressif et au fond du trou avec Mike le déprimé. Voici le sketch sans pitié... pour Mike l'acteur raté...
Et ce silence, dans un spectacle qui se nourrit justement du sarcasme et de l’humiliation, a résonné plus fort qu’un roast au Centre Bell.
Parce que le Bye-Bye, cette machine à broyer les ego, n’a jamais eu peur de s’attaquer aux figures fragiles ou controversées.
Oh que c'est mauvais. C'est bien beau ridiculiser, mais dieu que ce n'est pas drôle. Ce portrait d’un homme vidé, accro à la bouteille, enfermé dans un personnage qu’il déteste, cherchant désespérément à redevenir quelqu’un. C’était cruel. C’était violent. C’était dur à regarder. Mais personne n'a ri.
Samuel Montembeault peut respirer. Il a été épargné.
Et cette absence n’a rien d’un oubli. Le Bye-Bye est écrit par des gens qui suivent l’actualité au scalpel : ils savaient que Montembeault est au cœur d’une tempête monumentale, qu’il est devenu la cible des moqueries, qu’il traîne depuis des semaines une réputation brisée, qu’il a été envoyé à Laval, traité de gardien « out of shape », ridiculisé sur la toile, accusé de s’effondrer mentalement, et que toute sa carrière se joue jour après jour sous les yeux d’un public qui n’a plus aucune patience.
Si quelqu’un méritait une parodie facile, c’était lui.
Et pourtant : rien.
Parce que le Québec, dans toute sa dureté, a encore une forme d’instinct protecteur envers ce gardien-là. On rit de Mike de chez Rona parce qu’il est un personnage. On ne rit pas de Montembeault parce qu’il est un humain.
Un gars Bécancour, un bon Jack, un joueur qui ne se cache pas, qui affronte les médias même quand il est au plus bas, un gardien qui s’excuse quand il coûte un match, qui n’accuse jamais personne, qui essaie encore et encore malgré des mois atroces.
Le Bye-Bye a compris ce que tout le monde sait : Montembeault n’est pas un punching bag, c’est un athlète en crise existentielle.
Et dans un Québec qui adore détruire ses héros, il y a un tabou invisible qui s’est créé autour de lui : on peut rire de tout sauf de Monty, parce qu’il souffre déjà assez.
Et ce geste a frappé le public.
D’un côté, un Bye-Bye complètement raté.
De l’autre, un silence lourd. Une omission volontaire.
Parce que dans l’imaginaire collectif, Samuel Montembeault n’est plus un sujet comique : il est un drame en rédemption. On parle d’un gars qui a perdu son filet, son statut, presque son identité professionnelle.
Un gars dont la vie personnelle a été scrutée, dont les fausses rumeurs de séparation ont circulé à cause d’un simple retrait d’Instagram, un gars qui devait affronter son ancienne équipe, les Panthers, pour sauver sa carrière dans un match où chaque tir pouvait décider de son avenir.
Il a gagné pour sauver sa carrière. Et a été épargné par Radio-Canada.
Au moins, le Bye-Bye a compris de la laisser tranquille, à défaut de faire de la bonne TV.
Parce que parfois, ne pas frapper… c’est la plus grande reconnaissance de fragilité qu’on puisse offrir. Parfois, on épargne celui que la vie maltraite déjà assez.
Mike de chez Rona pouvait encaisser un sketch.
Samuel Montembeault, lui, aurait cassé en deux.
Et dans ce Québec qui adore rire de tout, ne pas rire du gardien du Canadien, c’était la blague la plus puissante de la soirée : le gag qui n’a pas été fait, mais que tout le monde a entendu.
Pour le reste... c'était le pire Bye Bye de l'histoire, sans aucun doute...
