Une déclaration lancée en pleine discussion télé… puis soudainement, le dossier Kirby Dach vient de prendre une autre dimension à Montréal.
À l’émission de Jean-Charles Lajoie, Michel Bergeron n’y est pas allé à moitié concernant l’avenir du numéro 77 du Canadien.
« Kirby Dach va être avec le Canadien pour les dix prochaines années. »
Voilà. Rien de moins.
Et honnêtement… quand on écoute Michel Bergeron parler du grand centre du Canadien, on comprend exactement pourquoi il s’emballe autant.
Buffalo vient de donner une leçon brutale à Montréal dans le premier match de la série.
Partout sur la glace, les Sabres ressemblent à une armée de géants.
Des gros centres. Des ailiers lourds. Des joueurs capables de protéger la rondelle pendant de longues séquences en zone offensive.
Dans la tête d’un ancien entraîneur comme Bergeron, la conclusion est simple : si le Canadien veut un jour sortir Buffalo au printemps et devenir un véritable aspirant à la Coupe Stanley, ça prend des joueurs comme Kirby Dach.
Et sur ce point-là… difficile de lui donner complètement tort.
Depuis quelques matchs, Dach joue probablement son meilleur hockey depuis son arrivée à Montréal.
Après sa catastrophe au deuxième match contre Tampa Bay, alors que tout le Québec voulait pratiquement l’envoyer dans les gradins, le grand centre a répondu exactement comme les partisans espéraient le voir faire depuis des années.
Un gros but. Des séquences dominantes physiquement. Plus d’implication. Plus d’émotion. Plus de confiance avec la rondelle.
Soudainement, l’atmosphère autour de lui a changé.
Puis Michel Bergeron, fidèle à lui-même, a complètement embarqué dans la vague.

Pendant son échange avec Jean-Charles Lajoie, il regardait la série contre Buffalo et répétait à quel point ce genre de gabarit devient essentiel au printemps.
« Ça en prend dans une équipe de hockey », a-t-il lancé en parlant de la taille des Sabres.
Et encore là… il touche à une réalité que Kent Hughes connaît très bien.
Le Canadien manque encore de puissance physique au centre derrière Nick Suzuki.
Ivan Demidov a besoin d’un joueur capable de protéger l’espace pour lui.
Montréal ne peut pas seulement survivre avec du talent et de la vitesse si l’objectif devient réellement de traverser quatre rondes de séries dans l’Est.
Le problème, c’est que Michel Bergeron parle avec son cœur d’ancien coach… alors que Kent Hughes, lui, devra parler avec sa calculatrice.
Parce qu’un contrat de dix ans pour Kirby Dach, même à quatre millions par saison, représente quand même une facture d’environ 40 millions de dollars.
Et là… le vertige commence.
Kirby Dach n’a jamais réussi à prouver qu’il pouvait rester en santé pendant une longue période.
Voilà la vraie histoire de sa carrière.
Chaque fois qu’il semble finalement décoller… quelque chose arrive.
Alors oui, Montréal rêve encore au joueur qu’il pouvait devenir lorsqu’il a été repêché troisième au total.
Oui, on voit encore les flashes du centre dominant capable de transporter une ligne entière.
Mais investir à très long terme dans un joueur qui peine à enchaîner les saisons complètes devient un risque gigantesque.
Et le Canadien connaît déjà très bien ce genre de pari émotionnel.
Impossible de ne pas penser à Jesperi Kotkaniemi et au fameux contrat distribué par les Hurricanes de la Caroline.
À l’époque, plusieurs voyaient un jeune centre prometteur qui allait exploser offensivement avec le temps.
Aujourd’hui? Les Hurricanes détruisent pratiquement tout sur son passage en séries… pendant que Kotkaniemi regarde les matchs de haut.
C’est exactement le danger.
Les séries créent des coups de foudre à Montréal.
Quelques gros matchs et la perception d’un joueur peut changer complètement.
Kotkaniemi l'a vécu en 2021 avec le Canadien.
C'est là qu'il a prouvé au reste de la LNH qu'il vallait quelque chose.
Mais bon... on connais la suite.
Kirby Dach passe actuellement du statut de déception à celui de pièce essentielle du futur presque en temps réel sous les yeux des partisans.
Mais Kent Hughes devra garder la tête froide.
Parce que signer Dach pour deux ou trois saisons afin de voir si cette progression est réelle… ça, c’est logique.
Lui remettre les clés du futur pendant dix ans uniquement parce qu’il connaît un excellent moment en séries… là, on entre dans une autre catégorie de pari.
Et pourtant… Michel Bergeron représente probablement une partie énorme des amateurs du Canadien actuellement.
Une partie qui regarde Buffalo imposer sa force physique… puis qui réalise brutalement que le Canadien aura besoin de plus qu’un beau jeu de transition pour survivre dans cette conférence.
Kirby Dach devient donc le symbole parfait du dilemme montréalais.
Le potentiel fait rêver.
L’historique médical fait peur.
Et entre les deux… Kent Hughes devra choisir.
À suivre ...
