Il n’y aura pas de surprise. Pas de révolution. Pas de panique. Normal avec 6 victoires de suite. Le Canadien de Montréal arrive à New York avec exactement la même formation… et ça en dit long sur le message envoyé par Martin St-Louis.
Le seul changement, c’est devant le filet. Et encore là, c’est logique : Jacob Fowler sera envoyé dans la mêlée contre les Rangers.
Le jeune gardien a été le premier à quitter la glace à l’entraînement matinal, signe clair qu’il obtiendra le départ. Une décision qui s’explique autant par la gestion du calendrier que par l’adversaire.
Parce que les Rangers, en ce moment, ce n’est plus une puissance. C’est une équipe éliminée, fragile, incapable de gagner à domicile avec une fiche gênante de 12-18-7 au Madison Square Garden.
Mais le vrai message, il est ailleurs.
Aucun changement à la formation.
Même défense. Même combinaisons. Même confiance.
Et surtout… Adam Engström regarde encore le match.
Ça, c’est majeur.
Parce qu’on parle d’un défenseur dominant dans la Ligue américaine, prêt à faire le saut, capable de jouer à droite même s'il est gaucher, exactement ce dont le Canadien manque depuis des mois. Et malgré ça, Martin St-Louis refuse de bouger. Il garde son groupe intact.
Pourquoi?
Parce que l’équipe gagne.
Six victoires de suite. Une structure défensive retrouvée. Une identité claire. Le Canadien joue enfin comme une équipe de séries. Et dans ce contexte-là, le coach ne veut rien casser.
Mais pour Arber Xhekaj, ce statu quo est loin d’être rassurant.
Au contraire.
C’est une autre chance. Peut-être la dernière vraie.
Parce qu’avec la blessure d’Alexandre Carrier, tout était aligné pour lui. Du temps de jeu. Une opportunité de s’imposer. Et pourtant, même avec cette ouverture, le Canadien garde Engström en attente. Comme une menace silencieuse. Comme un plan B prêt à être activé à la moindre erreur.
Surtout qu'il peut jouer à droite. Il ne faut pas oublier non plus une réalité qui en dit long sur la situation actuelle : Lane Hutson joue du mauvais côté. Un défenseur de son profil, basé sur la mobilité, la vision et les angles de relance, est beaucoup plus efficace sur son côté naturel.
Et pourtant, Martin St-Louis accepte ce compromis, simplement pour garder un certain équilibre dans ses paires défensives. Avec Engström, Hutson pourrait enfin jouer du côté gauche.
Le fait que le coach préfère tordre le développement optimal de Hutson plutôt que de stabiliser sa droite en dit énormément sur la chance énorme qu'il donne à Xhekaj.
C’est ça, la réalité.
Le Canadien est dans le trouble en défense, oui. La profondeur est fragile. On le sait depuis la date limite des transactions, quand Kent Hughes et Jeff Gorton ont choisi de ne rien faire pendant que les autres équipes de l’Est se renforçaient.
Mais jusqu’ici, ça tient.
Parce que le groupe est soudé. Parce que les rôles sont respectés. Parce que tout le monde joue dans la structure.
Et c’est exactement là que Xhekaj est attendu.
Pas comme un sauveur. Pas comme un shérif. Mais comme un joueur capable de ne pas faire dérailler ce qui fonctionne.
Parce que si lui ne le fait pas… quelqu’un d’autre attend déjà sa place.
Le message de Martin St-Louis à Arber Xhekaj est devenu impossible à ignorer, et surtout, impossible à mal interpréter.
Ce n’est plus un message subtil, ni un enseignement général lancé au groupe : c’est ciblé, direct, presque brutal dans sa simplicité.
En le réinsérant dans l’alignement malgré ses erreurs du dernier match, St-Louis lui dit essentiellement : il n’y a plus d’excuses. Tu voulais ta chance, la voilà.
Mais cette fois, tu ne joues pas pour apprendre, tu joues pour ne pas nuire. Ça fait des semaines qu’il répète la même chose (jouer simple, enchaîner les présences, oublier les erreurs) et là, on sent que la patience est à bout.
La prochaine erreur mentale, la prochaine présence étirée, la prochaine décision compliquée avec la rondelle, et tu sors.
Pas demain, pas dans deux matchs, immédiatement. Parce que derrière lui, il y a Adam Engström. Parce que l’équipe gagne sans lui. Et parce que dans une course aux séries, Martin St-Louis ne développe plus, il tranche.
Pendant que Fowler obtient une opportunité devant un adversaire prenable, pendant que Cole Caufield s’approche des 50 buts, pendant que le Canadien consolide sa place en séries… Xhekaj, lui, joue beaucoup plus gros que ça.
Il joue sa crédibilité.
Et dans une formation qui ne change pas parce qu’elle gagne, la marge d’erreur devient inexistante.
Une autre soirée. Une autre audition.
Et cette fois, il n’y aura plus d’excuses.
