Message émotif: la revanche de Phil Danault touche le coeur de Martin St-Louis

Message émotif: la revanche de Phil Danault touche le coeur de Martin St-Louis

Par David Garel le 2026-05-16

Phillip Danault n’a pas seulement retrouvé son hockey. Il a retrouvé sa dignité.

Plus les séries avancent, plus le message devient clair : Martin St-Louis est en train de redonner vie à un joueur que Los Angeles avait pratiquement vidé de sa confiance.

Il faut se souvenir d’à quel point le retour de Danault à Montréal était chargé émotionnellement. Son premier match contre les Bruins avait été difficile. Il l’avait admis lui-même : il était nerveux, rouillé, stressé.

Une semaine et demie sans jouer, un nouveau système à assimiler à vitesse grand V, un rôle à reprendre presque instantanément. Dès ses premières mises en jeu, on sentait un joueur crispé, tendu, presque écrasé par le poids du moment.

Et pendant ce temps, de l’autre côté du continent, plusieurs partisans des Kings de Los Angeles riaient presque sous cape.

« Préparez-vous. »

« Vous allez comprendre. »

« Il a ralenti. »

« Il n’est plus le même joueur. »

La blessure d’ego était profonde à Los Angeles. Danault y avait été relégué dans un rôle de plus en plus effacé, pour finalement être écarté.

On parlait d’un joueur qui, pourtant, venait encore récemment de neutraliser Connor McDavid en séries, tout en récoltant huit points en six matchs éliminatoires l’an dernier contre les Oilers d’Edmonton.

Puis, soudainement, il était devenu presque invisible.

À écouter Danault depuis son retour, le message était clair : il avait besoin de retrouver un sens à son hockey.

Et Martin St-Louis lui a redonné exactement ça.

Vendredi, l’entraîneur des Canadiens de Montréal a livré un message fort au sujet de son vétéran. On sentait le coach très ému et sa déclaration venait du plus profond de son coeur:

« On l’a acquis en décembre, et j’ai l’impression que Phil est devenu de mieux en mieux avec le temps. Il s’est acclimaté à une nouvelle équipe… à notre façon de jouer. Mais tu peux voir son expérience des séries. Il élève son niveau. C’est ce que j’aime des séries : ça permet à certains joueurs de s’élever. Et Phil a clairement élevé son jeu. »

Wow. Ce n’est pas juste un compliment. C’est pratiquement une lettre d’amour hockey.

Martin St-Louis ne parle presque jamais pour remplir du vide. Quand il valorise un joueur publiquement, c’est réfléchi. Et dans le cas de Danault, le message est puissant : on te voit. On comprend ce que tu apportes. Tu es important ici.

Pour un joueur qui avait fini par se sentir presque inutile à Los Angeles, ça change tout.

La confiance de Danault saute maintenant aux yeux.

« Ma confiance est là, et je sens la confiance de Marty, a confié Danault après le quatrième match. Je me sens aligné. Je connais mon rôle ici. Je joue probablement mon meilleur hockey depuis les séries de l’an dernier. »

Ça veut dire beaucoup plus qu’on pense.

Ça veut dire qu’il sait exactement ce qu’on attend de lui. Ça veut dire qu’il se sent utile. Qu’il ne joue plus avec le doute constant sur son épaule.

Quelle revanche cinglante envers son ancien coach chez les Kings, Jim Hiller, qui a été congédié comme un moins que rien suite au départ de Danault.

Dans cette série contre Buffalo, ti-Phil est en train d’étouffer Tage Thompson.

Il gagne 66,2 % de ses mises en jeu depuis le début de l’affrontement. Contre Thompson directement? Plus de 70 %. En dehors du quatrième match, c’est encore plus violent : 12 gains sur 14 mises en jeu contre le joueur vedette des Sabres.

Quand un premier centre passe sa soirée à courir après la rondelle au lieu de créer de l’attaque, c’est souvent qu’un gars comme Danault est en train de lui faire vivre un enfer silencieux.

Et il ne fait pas ça seul.

Avec Alexandre Texier et Josh Anderson, il joue un hockey intelligent, discipliné, étouffant.

Un hockey qui rappelle l’ancien Danault… mais en mieux.

Lui-même a tenu à faire une nuance importante lorsqu’on lui a demandé si le système de Martin St-Louis ressemblait à celui de Dominique Ducharme, sous qui il excellait autrefois.

Sa réponse a été immédiate.

« Ce n’est pas pareil. C’est beaucoup plus intelligent. Plus de détails. C’est de la pression avec un objectif. »

À Montréal, Danault ne patine plus pour patiner. Il ne chasse plus les rondelles à l’aveugle. Tout est structuré. Tout a une logique. Les cinq joueurs travaillent ensemble pour pousser l’adversaire exactement là où ils veulent l’amener.

C’est précisément le genre de hockey qui rallume un joueur comme lui.

Kent Hughes n’est pas allé chercher Phillip Danault seulement pour gagner des mises en jeu.

Il est allé le chercher pour enseigner aux jeunes ce qu’est le hockey de séries.

Joe Veleno l’a résumé parfaitement :

« C’est un excellent joueur et je trouve qu’il est sous-estimé. Les petits détails qu’il fait… beaucoup de jeunes peuvent apprendre de lui. »

Pendant qu’Ivan Demidov découvre les séries. Pendant que Lane Hutson et Nick Suzuki porte cette équipe sur leurs épaules, Danault agit presque comme un professeur silencieux.

Un gars qui montre comment survivre quand le hockey devient sale, serré, étouffant.

La vérité, c’est que Montréal n’a pas ramené Phillip Danault pour faire joli.

On l’a ramené pour des soirs exactement comme ceux-ci, alors que toute la pression du monde sera sur les épaules du CH pour éliminer les Sabres.

Pendant que certains riaient de son départ des Kings ou de son premier match nerveux, Martin St-Louis, lui, voyait autre chose.

Il voyait un vétéran blessé dans son orgueil… mais encore capable de changer une série.

Aujourd’hui, Danault est en train de lui donner raison.

Une revanche... historique...