Il fallait un match comme celui-là pour calmer un peu le bruit. Depuis quelques semaines à Montréal, la discussion avait pris une drôle de tournure : on en était rendu à expliquer que Quinn Hughes était devenu “surcoté”, qu’il défendait mal, qu’il se faisait manger un contre un, et que Lane Hutson était déjà en train de le dépasser.
Et après la séquence où Brendan Gallagher feinte Hughes comme un vulgaire pee-wee (Hughes était brûlé en fin de séquence), les fans du CH ont nargué Hughes sur les réseaux sociaux.
Pardon?!? Brendan Gallagher déculotte Quinn Hughes et réduit l'écart à 1 but! #GoHabsGo c. #MNWild sur RDS 📺 pic.twitter.com/hxEqMc6uf3
— RDS (@RDSca) February 3, 2026
À Montréal, certains n’attendaient que ça pour repartir la machine.
Sauf que la réalité de la LNH finit toujours par rattraper les débats de salon. Et cette réalité-là, Quinn Hughes l’a rappelée avec autorité dans cette défaite du CH (4-3 en prolongation):
Plus de 33 minutes de temps de glace. Trois passes. Six tirs au but. Un contrôle total du rythme dès qu’il était sur la patinoire. Jusqu'au but gagnant:
THAT'S JUST WHAT HE DOES. pic.twitter.com/uGGFS6UIY9
— Minnesota Wild (@mnwild) February 3, 2026
Oui, il a été impliqué sur deux buts du Canadien. Oui, il a terminé à différentiel zéro. Mais réduire son match à ça, c’est refuser de voir l’évidence : Hughes a été le moteur offensif le plus dominant sur la glace. Il faisait ce qu'il voulait sur la glace:
TILL. THE. FINISH. pic.twitter.com/2qHV0hgr8H
— Minnesota Wild (@mnwild) February 3, 2026
C’est là que la comparaison avec Hutson devient intéressante, mais surtout plus honnête. Lane Hutson a encore été excellent. Pratiquement 26 minutes de temps de jeu. Un différentiel de +3. Une passe splendide.
Ivan Demidov a vu son ombre aujourd'hui; on aura donc des buts de Demi pendant AU MOINS six autres semaines
— Canadiens Montréal (@CanadiensMTL) February 3, 2026
Ivan Demidov saw his shadow today, that means MORE than six more weeks of Demi goals#GoHabsGo pic.twitter.com/sSnEzUZN7L
Une lecture de jeu élite. Mais zéro tir au but duran tout le match.
Et c’est exactement là que se situe la différence fondamentale entre les deux joueurs. Hughes n’est pas seulement un créateur : il est une menace constante.
Sa frappe est réelle. Elle force les défensives à sortir. Elle ouvre les lignes de passe. Elle change la géométrie de la zone offensive. C’est une arme que Hutson développera peut-être avec le temps, mais qu’il n’a pas encore à ce niveau-là.
Les deux sont des prodiges, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais ce match explique très bien pourquoi, du point de vue de Bill Guerin, l’idée d’avoir les deux en même temps avec les États-Unis n’était pas réaliste.
Pas parce que Hutson n’est pas assez bon. Mais parce que, dans une équipe internationale où les rôles sont compressés, Hughes couvre déjà énormément de terrain : minutes lourdes, avantage numérique, sorties de zone, tirs de l’extérieur, tempo.
Et soyons clairs : ce n’est pas un texte pour diminuer Lane Hutson. Au contraire. Il est plus jeune. Il est en avance sur son développement. Il joue déjà comme un défenseur établi. Mais Quinn Hughes, dans ce match-là, a rappelé pourquoi il est encore la référence. Pourquoi il reste le baromètre. Pourquoi, malgré le bruit, il demeure une machine.
Et pourquoi on ne peut pas avoir les deux sur la même équipe.
Ce 4-3 du Canadien en prolongation n’a pas effacé l’excellence de Hughes. Mais il donne aussi raison à Bill Guerin d'avoir choisi Hughes avant le prodige du CH.
Et surtout, il a montré une chose : Hutson n’est pas en train de “dépasser” Hughes. Il est en train de le rejoindre. Et ça, pour Montréal, c’est une excellente nouvelle.
Surtout que Lane Hutson pourra se reposer pendant les olympiques. Alors que Hughes... va revenir brûlé.
On se console comme on peut.
