Message à Kent Hughes: Trevor Zegras raccroche le téléphone

Message à Kent Hughes: Trevor Zegras raccroche le téléphone

Par David Garel le 2026-01-06

Il y a des matchs qui ressemblent à des scénarios écrits à l’avance. Celui de mardi soir à Philadelphie en faisait partie.

Un match complètement fou, électrique, chargé d’émotions, de règlements de comptes, de symboles lourds. Trevor Zegras affrontait pour la première fois les Ducks d’Anaheim, l’équipe qui avait décidé qu’il n’entrait plus dans le plan. Et il ne s’est pas contenté de répondre : il les a humiliés.

Deux buts en première période. Une domination assumée. Une foule déchaînée. Et un message clair envoyé à toute la ligue... mais surtout à Montréal.

Parce que pendant que Zegras célébrait, pendant que le Wells Fargo Center vibrait comme rarement, pendant que les Flyers honoraient la mémoire d’Ed Snider (leur ancien propriétaire) dans une ambiance de séries éliminatoires, une vérité revenait frapper de plein fouet : le Canadien de Montréal aurait pu avoir Trevor Zegras. Pour presque rien.

La soirée était déjà lourde de symboles. Cutter Gauthier, l’ennemi public numéro un à Philadelphie, revenait jouer dans l’aréna de l’équipe qu’il avait forcée à l’échanger. Les partisans l’attendaient. Ils l’ont hué, insulté, conspué comme dans un match de lutte professionnelle.

À chaque présence, la foule explosait. Quand Garnet Hathaway l’a écrasé solidement contre la bande, l’aréna est devenu fou.

Mais Cutter Gauthier a marqué pendant que la foule le huait et il les a nargués en faisant un signe de la main,

Malgré ce contexte toxique, malgré la pression, malgré le cirque, Trevor Zegras a pris le contrôle du match.

Deux buts rapides. Aucun doute. Aucun stress. Juste du talent pur.

Zegras a été acquis parce que les Ducks ont conclu qu’il ne cadrait plus dans leur reconstruction. Exactement le même raisonnement que Montréal aurait pu exploiter. Daniel Brière, lui, n’a pas hésité. Il a pris le téléphone. Il a regardé le prix. Et il a dit oui.

Revenons aux faits, parce que c’est là que le scandale commence vraiment.

Les Flyers ont obtenu Trevor Zegras en retour de :

Ryan Poehling.

Un choix de deuxième ronde (45e au total).

Un choix de quatrième ronde.

C’est tout.

Pas de top espoir.

Pas de choix de premier tour.

Pas de salaire toxique à absorber.

Un centre plombier, un choix de deuxième tour et un choix de bas étage.

Zegras a marqué 17 buts et amassé 24 passes pour 41 points en 41 matchs.

Et pendant ce temps-là, à Montréal?

Anaheim demandait Jake Evans.

Kent Hughes a refusé.

Il a préféré protéger Evans, aujourd'hui blessé et devenu inutile depuis l'acquisition de Phil Danault, plutôt que de saisir l’occasion d’ajouter un joueur de franchise. Ce soir-là, à Philadelphie, chaque but de Zegras sonnait comme un téléphone qu’on raccroche au nez du Canadien.

Zegras a même fait le signe du téléphone raccroché après son 2e but. Comme si Zegras lui-même disait :

« Regardez le prix. Regardez ce que j’ai coûté. Raccrochez maintenant. »

Mais l’attaquant des Flyers a tenu à remettre les pendules à l’heure en entrevue d’après-match avec Scott Hartnell.

« Ce geste, c’était pour montrer à quel point l’appel a été rapide quand les Ducks m’ont échangé à Philadelphie », a expliqué Zegras en souriant.

Un clin d’œil assumé à une transaction réglée en un instant, sans hésitation... pour des peanuts...

Philadelphie n’a pas douté une seule seconde. L’appel a été bref, la décision immédiate. Et dans une soirée électrique dans le sud de la ville, ce geste est devenu le symbole parfait de ce que les Flyers ont osé faire… pendant que d’autres, ailleurs, ont raccroché.

Ce match a aussi servi de réhabilitation totale pour Daniel Brière. Oui, il s’est fait forcer la main avec Cutter Gauthier. Oui, ce dossier a été douloureux. Oui, il s’est fait critiquer pour l’échange impliquant Jamie Drysdale.

Mais ce soir-là, Brière a été sauvé par Zegras.

Parce que Zegras, c’est l’inverse de Gauthier :

Il veut être là.

Il aime la pression.

Il se nourrit du chaos.

Il adore la ville.

Après le match, son entrevue a marqué les esprits. Il parlait avec des étoiles dans les yeux. Il disait n’avoir jamais vécu une ambiance pareille. Il parlait du “buzz”, du bruit, de la folie. Il a même lancé que Philadelphie était “la plus grande ville de hockey au monde”. Il respirait le bonheur.

Il a même sacré à la télé tellement il était content:

Et surtout, il laissait entendre que la prolongation de contrat s’en vient.

Philadelphie ne l’a pas seulement acquis. Elle est en train de le sécuriser à long terme.

Et Montréal dans tout ça?

À Montréal, on se demande encore à quoi sert Jake Evans depuis l'acquisition de Phil Danault.

On se demande encore pourquoi on lui a donné 4 ans à 2,85 M$.

On se demande encore pourquoi on a refusé de payer le prix minimal pour Zegras.

Il y a des erreurs qu’on peut camoufler pendant un temps.

Il y a des décisions qu’on peut justifier en conférence de presse.

Mais il y a des soirs où la réalité te rattrape sans pitié.

Mardi soir, Trevor Zegras n’a pas seulement battu les Ducks.

Il a rappelé à toute la LNH, et surtout au Canadien de Montréal, ce qu’il en coûte de ne pas décrocher le téléphone au bon moment.

Et ce coût-là, Montréal est en train de le payer chaque soir.