Message à Kent Hughes: on veut Marc-André Fleury à Montréal

Message à Kent Hughes: on veut Marc-André Fleury à Montréal

Par Nicolas Pérusse le 2026-01-24

Il arrive des moments où une organisation n’a plus de marge, plus de temps, plus d’illusions pour se convaincre qu’un problème va se résorber par miracle.

Depuis deux semaines, Montréal vit exactement ce point de rupture : un ménage à trois devenu un fiasco, un numéro un incapable de jouer comme un numéro un, un numéro deux qui gagne sans convaincre, un jeune prodige qu’on refuse de brûler… et une pression collective qui écrase tout ce qui porte des jambières.

C’est dans ce chaos, précisément là où les clubs paniquent ou se révèlent, qu’un nom revient avec une force inattendue : Marc-André Fleury.

La réalité est brutale, froide, impossible à enjoliver. Samuel Montembeault n’a plus les chiffres d’un gardien NHL, encore moins d’un gardien numéro un. Une efficacité catastrophique de ,871, un naufrage qui s’est poursuivi à Buffalo, une autre implosion à Boston, un discours après chaque match qui sonne comme une déconnexion totale — « j’ai bien joué même si les statistiques ne sont pas là » — alors que le public voit, match après match, un filet trop grand pour un gardien qui n’arrive plus à en contrôler les angles. On disait qu’il s’était remis de son passage à Laval. Son jeu dit exactement l’inverse.

Pendant ce temps, Jakub Dobeš affiche un taux d’efficacité de ,869, le pire de la LNH, une moyenne de buts alloués de 3,46, la pire de la ligue également, un style échevelé qui fait parfois sourire mais qui n’inspire aucune confiance aux dirigeants lorsque vient le temps de planifier une séquence de match de quatre points.

Oui, il gagne. Oui, il trouve des manières bizarres de sortir vivant d’un match. Mais il est, statistiquement, le pire gardien actif du circuit Bettman. Une organisation ne peut pas se projeter vers les séries en donnant son avenir au gardien le plus poreux de la ligue.

Et puis, il y a Jacob Fowler, le seul qui inspire, le seul qui dégage un avenir, le seul qui a apporté de la stabilité quand Montréal était en train de sombrer.

Il a offert à Montembeault un moment pour respirer. Il a permis à Dobeš de se rebâtir une confiance. Il a donné un mois complet de répit aux deux vétérans émotionnels du club.

Mais même Fowler, malgré un sang-froid admirable, a vu ses statistiques ralentir, sa fatigue s’accumuler, son jeu se tendre au fur et à mesure que la pression montait.

Le renvoyer à Laval n’était pas une punition : c’était un geste de survie pour l’avenir du club. Ce garçon peut devenir un Carey Price moderne, mais Montréal n’a pas le droit de le brûler pour sauver le peaufinage d’une saison déséquilibrée.

Alors il reste quoi?

Une équipe qui veut faire les séries.

Une ville qui n’accepte plus les discours post-match de Montembeault.

Une organisation incapable d’assumer que Dobeš est un numéro deux.

Un prodige qu’il ne faut pas exposer trop tôt.

Et un gouffre béant devant le filet juste avant le sprint final.

C’est précisément ce contexte-là qui rend l’option Marc-André Fleury, soudainement, étrangement plausible.

Lui-même l’a admis à TVA Sports :

« Ce n’était pas facile de dire non. Certains appels m’ont fait réfléchir. Je m’ennuie de la chambre, du groupe, du sentiment de gagner. »

Il a refusé par respect pour sa famille et pour son corps, qui le fait souffrir à la hanche. Mais il n’a pas fermé la porte de manière définitive. Il a refusé les équipes qui l’ont approché, mais il n’a jamais dit que Montréal n’était pas dans le lot. Il a même choisi de ne pas nommer celles qui ont insisté.

Et la vérité, c’est qu’il n’existe pas de geste plus symbolique, plus rassembleur, plus dramatique, et plus efficace, que de ramener un Fleury au Québec pour stabiliser un vestiaire qui cherche désespérément une figure autoritaire devant le filet.

Pas une superstar. Pas un gardien élite. Un pilier émotionnel. Un vétéran encore capable de jouer 20 matchs solides. Un homme qui connaît la pression, qui la respire et l’absorbe pour que les jeunes puissent grandir.

L’effet domino serait fulgurant :

Montembeault pourrait être échangé à la date limite plutôt que d’être détesté chaque soir.

Dobeš redeviendrait un numéro deux occasionnel ou un projet de développement sans pression.

Fowler jouerait 80 % des matchs à Laval, deviendrait une machine et reviendrait prêt pour les séries si jamais Montréal en a besoin.

Le vestiaire cesserait de trembler dès que le club accorde un premier but.

Le public revivrait une histoire unique : Fleury, enfin à Montréal.

C’est un scénario que personne n’osait évoquer il y a trois semaines.

Aujourd’hui, c’est le seul scénario qui a du sens.

Le Canadien ne peut plus continuer avec Montembeault.

Il ne peut plus se mentir avec Dobeš.

Il ne peut plus brûler Fowler.

Alors oui : la solution logique, émotionnelle, sportive et même marketing… c’est Marc-André Fleury.

Il est disponible.

Il est en forme.

Il s’ennuie du hockey.

Et Montréal a besoin d’un miracle humain plus que d’un miracle technique.

Fleury est ce miracle-là.