Mensonge de Patrik Laine: Matthew Tkachuk place le CH dans l’eau chaude

Mensonge de Patrik Laine: Matthew Tkachuk place le CH dans l’eau chaude

Par David Garel le 2026-01-29

Le malaise est total, étalé au grand jour, et plus personne ne fait semblant de ne pas le voir.

Le dossier Patrik Laine est devenu un éléphant au centre de la pièce, et chaque jour où l’organisation tente d’étirer l’élastique ne fait que renforcer une impression lourde : tout le monde sait que le joueur est prêt, mais personne n’ose l’assumer publiquement.

Pendant que la Ligue nationale célèbre la nostalgie, les chandails des Nordiques, les souvenirs d’une rivalité disparue et le folklore d’un autre temps, le Canadien de Montréal s’en sert comme d’un rideau de fumée parfait.

Une diversion presque idéale. On parle de gilets « clean », d’expérience pour les partisans, de souvenirs d’enfance, pendant qu’en coulisses, un dossier sportif bien réel s’envenime.

Car pendant que l’Avalanche débarque au Centre Bell vêtue de bleu poudre, Patrik Laine, lui, patine encore. Il patine depuis des jours. Il patine sans restriction. Il patine pendant que son nom demeure coincé sur une liste de blessés que plus personne ne croit vraiment.

Et lorsque la question est posée, la réponse reste la même, froide, mécanique :

« Je coache les joueurs qui sont en santé. »

Cette phrase, à elle seule, résume tout le malaise.

Parce que ce que tout le monde comprend, ce que tout le monde voit, ce que tout le monde sait, c’est que si Laine était officiellement déclaré apte, le Canadien serait forcé de poser un geste qu’il refuse obstinément de poser : renvoyer un joueur à Laval ou exposer quelqu’un au ballottage. Et ça, l’organisation ne veut pas y toucher. Pas maintenant. Pas comme ça.

Alors on étire. On temporise. On gagne du temps.

Le problème, c’est que cette gestion devient de plus en plus difficile à défendre publiquement. Laine s’entraîne. Il participe aux séances optionnelles. Il est visible. Il est mobile. Il est impliqué.

Et pourtant, on continue de parler de « processus », de « remise en forme », de prudence. Or, la comparaison avec Matthew Tkachuk devient impossible à ignorer.

Même type de blessure. Même nature de réhabilitation. Même protocole graduel. Tkachuk avait participé à un premier entraînement sans limitation le 6 janvier et était de retour en uniforme 13 jours plus tard. Laine, lui, a franchi ce cap le 16 janvier. Treize jours se sont aussi écoulés.

La différence ? Tkachuk jouait. Laine attend.

Et pendant ce temps, ses coéquipiers parlent. Sans le vouloir. Presque malgré eux. Ils disent que c’est difficile. Ils disent que c’est dur d’être dans ses souliers.

Ils disent que lui, contrairement à d’autres, ne sait même pas où il se situerait s’il revenait. Ils disent qu’il travaille. Qu’il pousse. Qu’il arrive avec la bonne attitude. Tout est dit, sans jamais être nommé.

Le message est clair : ce n’est plus médical. On ne veut tout simplement pas de Laine dans la chambre.

Le Canadien est coincé avec la limite de 23 joueurs. Retirer Laine de la liste des blessés, c’est déclencher une réaction en chaîne que l’état-major ne veut pas provoquer. Alors on choisit la seule option encore possible : continuer de dire qu’il n’est pas prêt, même si tout indique le contraire.

Et pendant que ce mensonge doux s’installe, Martin St-Louis esquive. Il parle de traverser le pont quand on y sera. Il parle de se concentrer sur ce qui se passe sur la glace. Il rappelle que le chandail ne change rien au match. Qu’il est un fan. Qu’il a grandi ici. Que ça va rappeler des souvenirs.

Samuel Montembeault s’entraîne à arrêter des deux contre un. Phillip Danault parle de détails défensifs qui devraient être simples. On explique que les gardiens sont laissés seuls. On reconnaît que le désavantage numérique fait défaut.

Et pendant ce temps, un attaquant capable de marquer, de jouer sur l’avantage numérique, de changer la dynamique offensive, patine… sans jouer.

La réalité, c’est que le Canadien joue présentement sa première vraie crise de relations publiques cette saison. Une crise silencieuse, menongèrer, enveloppée de nostalgie et de belles histoires, mais une crise quand même.

Le classement est serré. La marge d’erreur se rétrécit. Les équipes derrière poussent. Et chaque décision évitée aujourd’hui risque de coûter cher demain. Et dans tout ça, tu as le pauvre Patrik Laine qui est traité comme un moins que rien.

Parce qu’à force de repousser la vérité, ce n’est plus Patrik Laine qu’on protège.

C’est le mensonge de l'organisation.