Menaces contre Wayne Gretzky: il sort de son silence

Menaces contre Wayne Gretzky: il sort de son silence

Par David Garel le 2026-02-20

Il a fini par parler. Pour se défendre politiquement. Pour régler des comptes. Il a parlé comme il a toujours vécu : simplement, humainement, droit devant.

Cette semaine, au micro de CBC, Wayne Gretzky a laissé tomber quelques phrases qui frappent comme une claque tranquille :

"Je suis un joueur de hockey. Je suis Canadien. Un vrai Canadien. Je veux que le Canada gagne l’or. Je n’ai jamais dévié de ça. J’ai été ami avec des premiers ministres et des présidents. Il y a plus de tension que d’habitude. Mais au bout du compte, le Canada et les États-Unis, c’est comme des frères et sœurs : ils se chicanent, ils se disputent, mais ils finissent toujours par se retrouver."

Ce ne sont pas des mots calculés. Ce ne sont pas des éléments de langage. C’est un homme qui tente de rappeler qui il est, pendant que son propre pays semble avoir décidé de l’oublier.

Voici l'extrait vidéo:

Parce que oui, Wayne Gretzky est aujourd’hui en train de vivre quelque chose de profondément violent.

Symboliquement. Moralement. Humainement.

On parle du plus grand joueur de hockey de tous les temps. D’un homme qui a porté le Canada sur ses épaules pendant deux décennies. D’un athlète qui a fait rayonner Edmonton, la LNH et le pays entier bien au-delà des frontières. Et pourtant, en quelques semaines, tout ça a été balayé d’un revers de main.

Pourquoi?

Parce qu’il est ami avec Donald Trump.

Voilà. C’est tout.

Pas parce qu’il a insulté le Canada.

Pas parce qu’il a renié ses racines.

Pas parce qu’il a pris position contre son pays.

Non.

Parce qu’il entretient une relation personnelle avec un président américain polarisant.

Et pour ça, on l’a livré à la meute.

Depuis la Confrontation des 4 Nations, où il a accepté d’être capitaine honoraire du Canada sans porter le chandail officiel, la machine s’est emballée. On a parlé de trahison. On a insinué qu’il prenait pour les États-Unis. On a lié son silence aux tensions économiques actuelles. On a tout mélangé.

On a oublié qu’il vit aux États-Unis depuis près de 40 ans.

On a oublié qu’il est marié à une Américaine.

On a oublié que ses enfants ont grandi là-bas.

On a oublié, surtout, qu’il reste Canadien.

Sa femme Janet l’a dit publiquement : Wayne a eu le cœur brisé.

Pas blessé. Pas contrarié. Brisé.

Elle a écrit qu’elle n’avait jamais rencontré quelqu’un d’aussi fier d’être Canadien. Et ceux qui connaissent Gretzky savent que c’est vrai. Toute sa vie, il a essayé de rendre le pays fier. Par son jeu. Par son comportement. Par son professionnalisme. Par son humilité.

Et aujourd’hui, ce même homme est traité comme un paria.

Le point de rupture? La statue vandalisée à Edmonton.

Pas simplement taguée de graffiis. Recouverte d’excréments.

On a littéralement déféqué sur l’image d’un homme qui a offert quatre Coupes Stanley à cette ville. D’un joueur qui a mis Edmonton sur la carte mondiale. D’un symbole sportif qui a inspiré des générations entières.

Des touristes arrivés avec leur chandail des Oilers pour immortaliser le moment se sont retrouvés devant une scène répugnante. Un employé de l’aréna est sorti avec des produits nettoyants pour laver le visage de la statue pendant que des visiteurs regardaient, abasourdis.

Il est devenu une cible.

Il a reçu des menaces physiques.

Sa famille aussi.

Des messages violents.

Des propos inquiétants.

Au point où son entourage a dû prendre ça au sérieux.

Et pendant ce temps-là, sa femme Janet sort publiquement pour dire que Wayne a le cœur brisé.

Elle explique qu’elle n’a jamais rencontré quelqu’un d’aussi fier d’être Canadien. Elle parle d’un homme qui a toujours voulu rendre son pays fier, qui a porté l’unifolié partout sur la planète, qui a élevé ses enfants avec cette identité-là, même après 40 ans aux États-Unis.

Ce geste-là dépasse le hockey. Il dépasse la politique. C’est un effondrement moral.

Pendant ce temps, certains réclament qu’on retire son Ordre du Canada. D’autres veulent débaptiser des rues à son nom. D’autres encore souhaitent qu’on enlève sa statue.

On veut l’effacer.

Tout ça parce qu’il n’a pas porté le bon chandail.

Parce qu’il n’a pas dénoncé son ami publiquement.

Parce qu’on a projeté sur lui des intentions qu’il n’a jamais exprimées.

Wayne Gretzky n’a jamais fait campagne.

Wayne Gretzky n’a jamais tenu de discours politique.

Wayne Gretzky n’a jamais attaqué son pays.

Il a simplement existé dans un monde devenu incapable de nuance.

Et voilà qu’il se retrouve obligé de rappeler à tout le monde, à la télévision nationale, qu’il est Canadien. Un vrai Canadien. Qu’il veut voir le drapeau monter. Qu’il veut l’or pour son pays.

Imaginez l’humiliation.

Imaginez devoir expliquer ça, après tout ce que vous avez donné.

Des touristes venus à Edmonton pour voir la statue ont témoigné de leur choc. L’un d’eux, de Nouvelle-Écosse, a simplement dit : « C’est décevant. Ça n’aurait jamais dû arriver. » Un autre : « Je pensais que les gens avaient plus de classe. »

Voilà où on est rendus.

Dans une époque où on prétend célébrer l’inclusion, l’ouverture et la diversité, on punit Wayne Gretzky pour ses relations personnelles. On le bannit symboliquement. On le fait porter le poids d’une polarisation qui le dépasse complètement.

Ce qu’il vit n’est pas un débat d’opinion. C’est un drame humain.

C’est un homme qui regarde son pays lui tourner le dos.

Un héros national traité comme un intrus.

Ses propos à CBC ne sont pas cinglants par leur agressivité. Ils sont cinglants par leur tristesse. Par leur simplicité. Par ce qu’ils révèlent : Wayne Gretzky est encore Canadien, mais le Canada, lui, est en train de l’abandonner.

Et ça, c’est indigne.

Peu importe ses amitiés. Peu importe ses choix de vie. Peu importe les tempêtes politiques.

Wayne Gretzky reste une fierté canadienne.

Il a porté l’unifolié avec honneur. Il a fait rayonner le pays. Il a incarné des rêves. Et aujourd’hui, il est puni pour ne pas penser exactement comme tout le monde.

Il est encore temps de se ressaisir.

Il est encore temps de lui dire, collectivement :

Tu es toujours l’un des nôtres.

Parce que même les plus grands héros peuvent être blessés.

Et Wayne Gretzky, en ce moment, l’est profondément. Injustement. Tragiquement.