Menaces contre Mitch Marner et sa famille: l’attaquant répond

Menaces contre Mitch Marner et sa famille: l’attaquant répond

Par David Garel le 2026-02-18

Il y a des moments qui changent une carrière.

Et celui que vient de vivre Mitch Marner en est un.

Un revers parfait dans la lucarne. En prolongation. En quart de finale olympique. Le genre de but qu’on revoit pendant des années. Le genre de but qui fait taire une ville entière.

Parce qu’à Toronto, on l’avait étiqueté.

On l’avait enfermé dans une case.

Pas capable dans les grands moments.

Invisible en séries.

Trop tendre.

On l’a traité de « chokeux ». On l’a pointé du doigt. On l’a rendu responsable de toutes les frustrations accumulées des partisans des Maple Leafs.

Et pourtant.

But gagnant en prolongation contre la Suède à la Confrontation des 4 Nations.

Passe magistrale à Connor McDavid en finale.

Et maintenant, le but le plus important de sa carrière internationale pour propulser le Canada en demi-finale olympique.

Mais ce n’est pas juste le but. C’est le symbole.

Après la rencontre, Mark Stone n’a pas hésité à envoyer une flèche directe vers Toronto :

« En tant que coéquipier, je n’ai jamais vécu ça. Aux 4 Nations, il marque en prolongation pour nous, il fait un jeu incroyable pour le but vainqueur. Et ce soir, quand nous avions le plus besoin de lui, il a encore livré. Alors… je pense que c’est une affaire de Toronto. »

Ouch.

“It’s a Toronto thing.”

Une phrase simple. Mais lourde.

Et comme si ce n’était pas suffisant, l’entraîneur-chef Jon Cooper a enfoncé le clou :

« C’est le quatrième tournoi que je dirige avec Mitch et il a livré dans chacun d’eux aux moments les plus importants. Il est l’incarnation même du calme. Son rythme cardiaque diminue dans des moments comme celui-là. »

Son rythme cardiaque diminue.

Pendant que toute une province panique.

Ce qui rend cette revanche encore plus frappante, c’est ce que Marner a traversé à Toronto. Après l’élimination en séries, des partisans ont publié son adresse en ligne.

Des menaces ont circulé. Sa famille a été visée. La sécurité a dû intervenir.

Quelqu’un a publié l’adresse personnelle de Mitch Marner sur les réseaux sociaux en invitant des gens à « venir lui dire au revoir », avec des sous-entendus à peine voilés.

Son beau-père l’a appelé en panique pour l’avertir. Des captures d’écran circulaient. Des menaces visant sa vie ont suivi.

Pas des insultes anonymes perdues dans le néant numérique, des menaces suffisamment sérieuses pour que la sécurité des Maple Leafs intervienne afin de faire retirer les publications.

Son agent, Darren Ferris, a confirmé que la famille avait dû engager d’anciens membres de la sécurité de la LNH ayant un passé policier pour assurer une protection constante autour de la maison.

Des objets ont même été lancés dans sa cour à un moment donné. Et quand tu viens d’avoir un enfant, que tu dois penser à la sécurité de ta conjointe, de ton bébé, de ta famille élargie, ça dépasse largement le cadre du hockey.

Marner l’a dit lui-même :

« Quand la sécurité de ta famille est remise en question, surtout avec un nouveau-né, ce n’est pas acceptable. »

Ce climat toxique l'a poussé à quitter Toronto, mais il a laissé des traces profondes. Alors le voir aujourd’hui, froid comme la glace, marquer en prolongation pour le Canada, c’est plus qu’un but. C’est une revanche. Silencieuse. Puissante. Définitive.

On ne parle plus de critiques hockey ici.

On parle de sécurité familiale.

Et malgré tout ça, malgré la pression, malgré la réputation, malgré les cicatrices, le voilà qui marque en prolongation pour le Canada.

Pas pour les Leafs.

Pas pour Vegas.

Pour le pays.

C’est là que ça devient gênant pour Toronto.

Parce que sur la plus grande scène internationale, sous la pression olympique, devant le monde entier, Mitch Marner ne s’est pas caché. Il n’a pas flanché. Il n’a pas disparu.

Il a livré.

Encore.

Ce n’est plus une coïncidence. Ce n’est plus un hasard. Ce n’est plus un accident.

C’est une tendance.

Et quand deux leaders comme Stone et Cooper pointent ouvertement le narratif torontois du doigt, ça en dit long.

Peut-être que le problème n’a jamais été Mitch Marner.

Peut-être que le problème, c’était l’environnement.

Parce que ce soir, pendant que le Canada célèbre, une partie de Toronto doit regarder l’écran en silence.

Et réaliser que le joueur qu’elle a passé des années à démolir vient de marquer le but qui définit une carrière.

“C'est une affaire de Toronto.”

Et ce n’est vraiment pas un bon look.