C’est la pagaille entre la Caroline et Winnipeg.
Le dossier Alexander Nikishin vient complètement changer la dynamique autour de Connor Hellebuyck, et soudainement, une méga-transaction entre les Hurricanes de la Caroline et les Jets de Winnipeg paraît beaucoup moins farfelue qu’elle ne l’était il y a quelques semaines.
Nikishin veut toujours partir. Son souhait de changement d’air, rapporté par Pierre LeBrun, demeure d’actualité à l’approche du camp d’entraînement. Et ça tombe particulièrement mal pour une équipe de la Caroline qui vient de remporter la Coupe Stanley et qui se retrouve maintenant avec un jeune défenseur de 24 ans qui ne veut apparemment plus faire partie du projet.
Nikishin n’est d’ailleurs pas un vulgaire espoir que la Caroline pourrait sacrifier sans réfléchir. Il vient de connaître une première saison complète de 81 matchs dans la LNH, avec 11 buts, 22 passes et 33 points, en plus d’un différentiel de +18, de 33 minutes de pénalité et de 10 points en avantage numérique.
Il a été sélectionné sur l’équipe d’étoiles des recrues et ses 11 buts constituent un record de franchise chez les Hurricanes pour un défenseur recrue.
Il a également affiché des résultats très encourageants à cinq contre cinq, avec une part des buts de 57 % et une part des buts attendus de 56 %. Bref, la Caroline possède un défenseur de 24 ans dont la valeur pourrait continuer de monter.
Et pourtant, il veut partir.
Jusqu’à maintenant, le DG Eric Tulsky pouvait négocier Nikishin comme une jeune pièce maîtresse de son organisation. Il pouvait dire : nous croyons en lui, nous voulons le signer, et si quelqu’un le veut, il devra payer extrêmement cher.
Maintenant, il y a un élément supplémentaire : le joueur ne semble plus vouloir rester. Nikishin est toujours joueur autonome avec compensation, il n’est pas admissible à une offre hostile et Carolina conserve ses droits.
Mais un joueur sans contrat qui demande encore un changement d’environnement à quelques heures de l’ouverture du camp, ce n’est pas exactement la même situation qu’un jeune défenseur qui veut bâtir son avenir avec ton équipe.
Connor Hellebuyck revient donc au centre de la conversation sur le marché des transactions.
On savait déjà que la Caroline avait exploré la possibilité d’acquérir le gardien des Jets. Frank Seravalli avait même rapporté que Nikishin était la pièce centrale d’une offre des Hurricanes pour Hellebuyck.
À l’époque, les discussions n’avaient évidemment pas abouti. Mais maintenant, les circonstances sont différentes.
Nikishin veut partir, Hellebuyck fait la grève et a vendu sa maison à Winnipeg, la Caroline a un besoin évident. Winnipeg cherche toujours une solution pour son gardien vedette.
Les deux dossiers pourraient donc se rejoindre selon les recruteurs de la LNH.
Hellebuyck a confirmé publiquement qu’il avait demandé une transaction plusieurs mois auparavant. Il possède encore un contrat de cinq ans à 8,5 millions de dollars par saison, ce qui donne à Winnipeg un levier énorme, mais complique également le marché.
Les Jets ne veulent pas donner leur gardien vedette pour des choix de repêchage éloignés ou une collection d’espoirs. Ils veulent des joueurs capables de contribuer rapidement.
Et Nikishin correspond parfaitement à cette exigence.
Si Winnipeg échange Hellebuyck, l’organisation doit penser à ce qui vient après.
Mark Scheifele, Kyle Connor, Josh Morrissey, Cole Perfetti et Gabe Vilardi sont toujours là. Les Jets ne sont pas en train de démanteler complètement leur formation. Ils ont besoin d’un jeune défenseur de premier plan capable de devenir une pièce importante de leur prochaine génération.
Nikishin pourrait immédiatement remplir ce rôle.
La Caroline, de son côté, pourrait obtenir quelque chose qu’elle n’a pas actuellement : un gardien capable de transformer complètement son équipe devant le filet.
Pyotr Kochetkov et Brandon Bussi sont actuellement dans le portrait, mais on ne parle évidemment pas du même niveau d’expérience et de pedigree qu’avec Hellebuyck.
Un triple vainqueur du trophée Vézina, ancien gagnant du trophée Hart et champion olympique, qui possède encore plusieurs années de contrat à 8,5 millions $, est le fit parfait pour une équipe qui vient de gagner la Coupe Stanley.
Et le plus fou, c’est que les Hurricanes peuvent pratiquement absorber son salaire.
Selon les chiffres fournis dans le dossier, la Caroline dispose d’environ 8,18 millions de dollars d’espace sous le plafond salarial, contre un salaire annuel moyen de 8,5 millions $ pour Hellebuyck.
Il manque donc environ 320 000 $ pour absorber son contrat intégralement. C’est dans la poche.
Mais attention : Nikishin seul a déjà été refusé par les Canes.
Hellebuyck est un gardien d’élite qui possède encore cinq années de contrôle contractuel. Même si Winnipeg sait qu’il veut partir, les Jets n’ont aucune raison de donner gratuitement un joueur de cette importance.
Si Nikishin devient le morceau principal de la transaction, Cheveldayoff réclame une autre pièce importante, possiblement un choix de première ronde ou un jeune joueur capable de contribuer rapidement.
Les Jets sont-ils trop gourmands?
Le marché de Hellebuyck n’est pas exactement en train de se bousculer aux portes de Winnipeg. Darren Dreger a récemment expliqué que l’intérêt autour du gardien avait refroidi considérablement depuis le repêchage.
Plusieurs équipes prétendantes sont déjà satisfaites de leur gardien numéro un et considèrent Hellebuyck comme un luxe plutôt qu’une nécessité.
Winnipeg reçoit des offres ridicules selon Dreger.
Voilà pourquoi cette vieille rumeur qui semblait s’être refroidie pourrait soudainement reprendre vie.
La situation est devenue tellement toxique entre la grève du bébé gâté Hellebuyck et la vente agressive de sa maison à Winnipeg.
Les Jets doivent agir… et vite…
