Mauvaise nouvelle pour la femme de Martin St-Louis

Mauvaise nouvelle pour la femme de Martin St-Louis

Par Marc-André Dubois le 2025-03-30

Ce que l’on a vu cette semaine, ce n’est pas seulement un entraîneur qui a mal géré son tandem de gardiens.

Ce qu’on a vu, c’est un homme qui flanche. Un homme brisé. Martin St-Louis n’est plus le meneur inspiré et énergique qu’il incarnait encore il y a quelques semaines.

Sur le banc, il semble absent, vidé, comme si chaque changement de trio lui coûtait une fraction de sa force vitale. Ses yeux sont cernés, son regard ailleurs. Il n’y a plus cette étincelle, ce feu sacré qui le rendait si vivant. Il est usé.

Depuis quelques matchs, les signes sont trop visibles pour être ignorés. Martin se trompe dans ses confrontations. Il hésite, ne réagit plus avec l’instinct aiguisé qui l’a souvent distingué. 

Même devant les journalistes, son ton est plat, ses réponses mécaniques, ses paroles moins tranchantes. Lui qui avait du chien, qui se dressait comme un général derrière le banc, ressemble aujourd’hui à un soldat au bout du rouleau.

Et on le comprend. Martin St-Louis est tout simplement seul. Isolé à Montréal, loin de sa femme Heather, loin de ses fils Mason, de Ryan, de Lucas.

Cela fait trois saisons qu’il vit ainsi, dans une bulle, séparé de sa famille, privé de son équilibre. Cette année, ce vide est encore plus profond.

Car Heather, son roc, ne viendra pas. Elle a décidé de rester au Connecticut. Pour Mason, le plus jeune (17 ans), qui joue présentement à l'école Brunswick et qui rejoindra l'université Darmouth dans la NCAA dès la saison 2027-2028.

La femme de Martin St-Louis est clairement encore marquée par la collision terrifiante de Mason il y a un an. Donc, elle est encore fragile émotionnellement, encore vulnérable et n'est pas prête de quitter pour le Québec.

Même si Martin St-Louis a désespérément besoin de son amoureuse à ses côtés à Montréal, Heather ne peut pas s’éloigner de son fils cadet, pas après ce qu’il a vécu. 

Comme toute mère, elle a décidé que sa place était là, près de lui, jusqu’à ce qu’il vole de ses propres ailes.

Comment partir, après avoir vu son fils étendu sur la glace, victime d'une violente collision, hospitalisé d'urgence en raison d'une enflure au niveau de la boîte crânienne?

 Cette complication neurologique, possiblement causée par un traumatisme crânien, avait fait craindre le pire à toute la famille.

Et même si les médecins ont écarté les scénarios les plus graves – comme celui vécu par le boxeur Adonis Stevenson – la peur, elle, est restée gravée dans la mémoire de sa mère.

Or, cette réalité impose un verdict difficile à accepter : Heather ne pourra pas s’installer à Montréal avant l'automne 2027, moment où Mason ira à l'université. 

Cela signifie encore deux longues années de séparation, deux autres saisons où Martin St-Louis vivra seul, déraciné, loin de la femme et des enfants qu’il aime.

Et cela, ce n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour le couple St-Louis. C’est aussi une très mauvaise nouvelle pour le Canadien de Montréal, car un coach isolé, fragilisé, privé de son ancrage émotionnel, ne peut pas performer à son plein potentiel.

À long terme, cette distance pourrait user Martin jusqu’à l’os… et compromettre sa capacité à porter ce projet à bout de bras.

Heather ne pourra pas rejoindre son mari...avant 2027-2028...

Et le contrat de St-Louis se termine...en 2027...

Imaginez la douleur de Martin, lorsqu’il raccroche après un appel FaceTime, et qu’il reste seul, entre quatre murs, à repasser en boucle ses décisions.

Il est humain. Il doute. Il s’épuise. Et cette semaine, ses décisions sur les gardiens n’étaient pas celles d’un stratège lucide. Elles étaient celles d’un homme dépassé, submergé par l’émotion, paralysé par la fatigue.

Ce qui s’est passé à St. Louis, c’est bien plus qu’une erreur tactique. C’est un symbole. Martin a oublié ce que ce match représentait pour Jakub Dobeš.

Il a oublié que ce jeune homme s’était enraciné dans cette ville, qu’il y avait vécu ses premières expériences nord-américaines, qu’il y avait rêvé, grandi, appris à se battre. Il l’a oublié… ou il n’a tout simplement pas eu l’énergie mentale de prendre en compte cette dimension. Parce qu’il n’en a plus.

Et deux jours plus tard, à Philadelphie, il a voulu réparer. Maladroitement. Tardivement. En sacrifiant le match qu’il ne fallait surtout pas perdre. Ce n’est pas un manque de cœur. C’est un excès de fatigue.

Martin St-Louis est exténué. Et ce n’est pas seulement le hockey. C’est l’accumulation. Le stress de la course aux séries.

La distance. Les nuits blanches à penser à son alignement et à sa famille. Le poids d’un club mythique sur ses épaules. Les attentes démesurées d’une ville qui ne pardonne rien.

Il est temps d’intervenir.

Si Kent Hughes est l’homme de tête qu’on croit, il doit décrocher son téléphone, appeler Heather Caragol, et lui dire ceci :

 « Faites vos valises. On vous envoie le jet privé de Geoff Molson. Il a besoin de vous. Le CH a besoin de vous. »

Parce que ce n’est pas juste une saison qui est en jeu. C’est la santé mentale de l’homme qui porte ce vestiaire à bout de bras. Ce vestiaire qui, sans lui, ne serait jamais aussi près des séries.

Heather doit venir à Montréal. Maintenant. Pas dans deux semaines. Pas à la fin de la saison. Maintenant.

Car si rien ne change, cette fin de saison pourrait briser définitivement Martin St-Louis. Ce n’est pas le veston qui est en train de craquer, c’est l’homme en dessous.

Et si le CH rate les séries, si la glissade se poursuit, on ne pointera pas un joueur, ni une blessure, ni un revirement. On regardera vers le banc. Vers Martin.

Et on se rappellera ce moment précis, cette semaine précise, où il était clair que le coach n’était plus lui-même. Où la fatigue, la solitude, et l’émotion ont pris le dessus.

Ce sont des défaites qui collent à la peau. Des défaites qui pourraient définir une saison. Mais pire encore : une défaite personnelle qui dévoile un homme au bord de l’effondrement.