Mauvais perdants: les Finlandais crient au scandale

Mauvais perdants: les Finlandais crient au scandale

Par David Garel le 2026-02-20

Sans Sidney Crosby, le Canada aurait pu plier.

Mais il a plutôt livré l’un de ses matchs les plus courageux du tournoi.

Menés 2–0, étouffés pendant de longues minutes par une Finlande opportuniste, les hommes de Jon Cooper ont refusé de mourir. Ils ont martelé le filet. Ils ont occupé la zone offensive. Ils ont usé les défenseurs finlandais présence après présence. Et quand la pression est devenue insoutenable, la glace a fini par céder sous les patins des Finlandais.

Le réveil canadien commence en deuxième période, sur un jeu de puissance enfin converti : Sam Reinhart dévie subtilement un tir de Cale Makar pour ramener le Canada dans le match. Un but vital. Un but qui change l’énergie sur le banc.

Puis, en troisième, c’est Shea Theodore qui fait exploser Milan avec un véritable plomb de la ligne bleue, profitant de la circulation devant Juuse Saros et de la présence dérangeante de Brad Marchand. 2–2. Tout est à recommencer.

Du côté finlandais, on crie à l’obstruction sur Juuse Saros sur le but égalisateur de Shea Theodore, en pointant du doigt la présence dérangeante de Brad Marchand devant le filet. Mais il y a un détail que plusieurs semblent oublier volontairement : la Finlande n’a même pas demandé de contestation.

Pas de bras levé. Pas de discussion prolongée avec les officiels. Rien. Alors comment peut-on crier au scandale après coup?

Si tu crois vraiment que ton gardien a été empêché de faire son travail, tu contestes immédiatement. Point final. Là, on parle d’un écran classique, d’un jeu de trafic devant le filet comme il s’en produit des dizaines par match.

Pas d’obstruction évidente, pas de geste illégal clair… et surtout, aucune contestation officielle. Difficile de se poser en victime quand on n’a même pas utilisé son droit de révision. Le coach finlandais avait trop peur de prendre une pénalité si sa contestation était refusée.

À partir de là, il n’y a plus qu’une équipe sur la glace.

Le Canada bombarde Saros de tous les angles. McDavid attaque en vague. Celebrini coupe vers l’enclave. Les tirs s’accumulent. Les mises en jeu sont gagnées. Les changements sont rapides. Les Finlandais ne font que survivre jusqu'à prendre une pénalité pour bâton élevé au visage de Nathan MacKinnon avec un peu plus de 2 minutes à faire au match.

Et avec seulement 35 secondes à faire, la délivrance arrive... du bâton de MacKinnon.

Avantage numérique. Domination totale en zone offensive. La rondelle circule. Les Finlandais sont cloués dans leur territoire. Et Nathan MacKinnon décoche un tir foudroyant qui traverse la circulation et bat Saros.

3–2 Canada.

Toute une nation explose.

Et comme si ça ne suffisait pas, les Finlandais sont ensuite allés en contestation sur le but gagnant de Nathan MacKinnon, convaincus qu’il y avait hors-jeu à l’entrée de territoire.

La reprise a tourné en boucle sur les réseaux sociaux en Finlande, avec des ralentis flous, des angles incomplets et beaucoup d’émotion… mais rien de concluant. Exactement le mot-clé ici : non concluant.

Selon nous, il n'y a pas photo: il n'y avait pas hors-jeu:

Les arbitres ont analysé la séquence et confirmé le but. Fin de l’histoire. On peut débattre pendant des heures image par image, mais quand la preuve vidéo ne démontre pas clairement une erreur, la décision sur la glace tient. C’est le règlement. Le reste, c’est du mauvais perdant.

Parce qu’au final, le Canada a dominé territorialement, a bombardé Saros pendant deux périodes complètes et a forcé l’issue par la pression constante.

Tu peux chercher des excuses tant que tu veux (obstruction imaginaire, hors-jeu microscopique), mais quand tu passes autant de temps coincé dans ton territoire, tu finis par payer. Et c’est exactement ce qui est arrivé.

En Finlande, on crie au scandale. Sur les réseaux sociaux, on parle d’« injustice ». On est persuadé qu’il y avait hors-jeu sur la séquence gagnante. Les ralentis circulent. Les débats s’enflamment.

Mais honnêtement? Le Canada méritait ce match-là.

Après avoir concédé deux buts sur des erreurs isolées, l’indiscipline de Sam Bennett menant au filet de Mikko Rantanen, puis l’échappée d’Erik Haula en infériorité numérique, les Canadiens ont complètement pris le contrôle.

Ils ont dirigé plus de 30 tirs en deuxième et troisième périodes. Ils ont étouffé les sorties finlandaises. Ils ont gagné les batailles le long des rampes. Ils ont joué avec urgence, structure et sang-froid.

Même privés de Crosby, ils ont trouvé une façon.

Et dans cette tempête, Connor McDavid, portant le « C », a mené par l’exemple. Pas nécessairement sur la feuille de pointage, mais par le tempo, les entrées de zone, la pression constante. Le genre de leadership silencieux qui change un match.

Ajoute à ça un Jordan Binnington solide quand ça comptait, un Nick Suzuki encore impliqué dans les deux sens de la patinoire, et un groupe qui n’a jamais paniqué malgré le déficit de deux buts.

Oui, en Finlande, on crie au vol.

Mais la vérité, c’est que le Canada a imposé sa loi.

Sans son capitaine.

Et maintenant, le Canada est en finale olympique.

Une victoire incroyable.

Une victoire de caractère.

Une victoire qui rappelle pourquoi ce chandail-là pèse lourd… mais aussi pourquoi certains joueurs savent le porter.

Dimanche, ce sera pour l’or.

Et après un match comme celui-là, personne ne pourra dire que le Canada ne l’a pas mérité.