Martin St-Louis s’enfarge : le silence autour de Lane Hutson devient lourd

Martin St-Louis s’enfarge : le silence autour de Lane Hutson devient lourd

Par André Soueidan le 2026-01-14

Ce qui rend la situation lourde, ce n’est même plus la décision elle-même.

Ce n’est pas le fameux cinq contre trois.

Ce n’est pas Noah Dobson à la place de Lane Hutson.

Ce qui pèse, ce qui traîne, ce qui commence à sentir le malaise profond, c’est le silence.

Silence des médias.

Silence des conférences de presse.

Silence autour d’une décision que tout le monde voit… mais que personne n’ose réellement confronter.

Parce que oui, ce n’est pas la première fois.

Et oui, le Canadien a déjà marqué à cinq contre trois avec Noah Dobson.

Mais ça ne change rien au fond du problème : ce n’est pas la meilleure pièce du puzzle disponible, et Martin St-Louis le sait.

À un certain point, ça ne s’appelle plus une préférence tactique. Ça s’appelle de l’entêtement.

On a l’impression d’assister à une scène étrange où on veut donner quelque chose à Dobson.

Pas une récompense officielle, mais un geste symbolique.

Un « tiens, prends-en un peu plus ». Comme si on voulait compenser un rôle secondaire ailleurs. Comme si on voulait calmer une frustration interne.

Sauf qu’un cinq contre trois, ce n’est pas un geste politique.

C’est une arme.

Et quand tu choisis de ne pas sortir ton arme la plus dangereuse, tu te tires dans le pied.

Noah Dobson, à cinq contre trois, est statique.

Le jeu gèle. La rondelle colle. Le triangle défensif adverse respire. Rien ne bouge. Aucun étirement. Aucun décalage.

Le Canadien rend la vie facile à quatre gars immobiles qui n’attendent qu’une chose : bloquer une ligne de tir.

À l’inverse, Lane Hutson, c’est exactement l’opposé.

Mouvement constant. Lecture rapide.

Capacité de faire éclater le triangle par le simple fait de bouger.

À cinq contre trois, l’espace est un luxe. Et le Canadien choisit volontairement de ne pas l’exploiter.

C’est là que l’entêtement devient problématique.

Et c’est là que la soirée contre Washington bascule dans l’absurde.

Le Canadien mène 2-0. Avantage numérique. Nick Suzuki reçoit un bâton élevé. L’arbitre lève le bras.

La logique veut que l’équipe s’installe à six contre quatre, profite de l’espace, garde la pression, force le sifflet.

Mais non.

On entend les entraîneurs crier « shoot, shoot, shoot ».

Les joueurs hésitent. La rondelle circule mal. Le rythme se brise. La rondelle sort de la zone. Des secondes précieuses disparaissent. Tout ça pour quoi?

Pour mettre en place une stratégie préméditée.

Pour provoquer le sifflet.

Pour installer le cinq contre trois.

Et surtout… pour retirer Lane Hutson de la glace.

Tout ce chaos pour ça.

C’est exactement la définition d’un groupe d’entraîneurs qui veut trop contrôler. Trop penser. Trop manipuler le déroulement du match au lieu de laisser le jeu respirer.

Résultat : rien.

Aucune menace réelle.

Aucun momentum.

Et surtout, un message brouillé.

Ce malaise-là ne vit pas seulement dans les gradins ou sur les réseaux sociaux. Il a maintenant atteint les micros.

Sur le The Sick Podcast, l’échange entre Tony Marinaro et Éric Bélanger a mis des mots sur ce que plusieurs pensent tout bas.

Lane Hutson est l’un des défenseurs offensifs les plus dominants de la ligue. Le priver d’un cinq contre trois n’a aucun sens. Point.

Et la question dérangeante commence à flotter : si même les anciens joueurs se demandent ce qui se passe… pourquoi personne ne pose la question directement à Martin St-Louis?

Pourquoi ce malaise n’est-il jamais confronté frontalement?

Parce que la prochaine fois, il n’y aura plus d’excuse.

La prochaine fois, tout le monde va regarder le banc.

La prochaine fois, chaque décision va être décortiquée en temps réel.

Et là, ce ne sera plus seulement de l’entêtement.

Ce sera un aveu.

Lane Hutson est là.

Disponible.

Dominant.

Ignoré.

Et le silence autour de ça commence sérieusement à faire du bruit.

Misère...