Crise à Brossard: Martin St-Louis pris la main dans le sac

Crise à Brossard: Martin St-Louis pris la main dans le sac

Par David Garel le 2026-01-27

À Brossard, lundi, tout sonnait faux. Les mots, les silences, les regards. Même l’entraînement avait l’air d’une défaite involontaire.

Le Canadien de Montréal vit sa première vraie crise de la saison, et pour la première fois depuis longtemps, le discours officiel ne colle plus à ce que tout le monde voit.

Quand tu vois St-Louis sauter des coches sur la glace et crier après ses joueurs, on comprend qu'on est dans le trouble:

Samuel Montembeault s’entraîne à arrêter des deux contre un. Répétition après répétition. Comme si on normalisait l’anormal. Comme si on acceptait que le désavantage numérique soit devenu une passoire et que le gardien doive, seul, réparer ce que le système ne protège plus.

Montembeault ne s’est pas caché. Il a même été d’une honnêteté brutale.

« Lors du match contre Buffalo, il y a eu une situation de jeu comme ça, où j’étais placé un peu trop haut. Alors quand les Sabres ont fait la passe, je me suis retrouvé avec une plus longue distance à parcourir afin de revenir dans le jeu. »

Il a ensuite parlé chiffres, mais surtout solitude.

« Même le dernier match, ça allait vraiment bien pour moi pendant 55 minutes. Il n’y avait pas beaucoup de tirs. Le troisième but des Bruins, je pense que c’est un arrêt que je peux faire, mais à part ça… je ne pouvais pas faire grand-chose là-dessus. »

Puis cette phrase, lourde, révélatrice :

« En situation de désavantage numérique, le gardien est probablement le joueur le plus important, alors il faut faire le travail. »

Phillip Danault a tenté d’éteindre l’incendie. Mais même en voulant calmer le jeu, il a confirmé le malaise.

« On permet beaucoup trop de passes par-derrière… c’est pas la faute des gardiens. Ce sont des petits détails qu’on peut corriger. L’équipe est jeune, mais ce n’est pas une excuse. »

Des petits détails? On parle du 26e désavantage numérique de la LNH. On parle de buts accordés sur des jeux identiques, match après match. On parle d’un système qui ne tient plus quand la pression monte.

Et au-dessus de tout ça, il y a le dossier Patrik Laine. L’éléphant dans la pièce. Le mensonge qui ne tient plus debout.

Ça fait une semaine que Laine s’entraîne sans restriction. Trois entraînements complets. À l’aise. Fluide. Parfois même utilisé avec le premier trio. Tout le monde le voit. Les journalistes. Les partisans. Les joueurs.

Mais quand vient le temps de répondre, Martin St-Louis esquive. Encore.

« Tant que le médecin ne donne pas le feu vert, ça sert à rien d'en parler. Je ne sais pas encore. »

« Je vais traverser le pont quand on va arriver. »

Et sur ce qu’il pourrait apporter :

« Sa force, c’est son lancer sur l’avantage numérique… c’est sûr qu’il pourrait nous apporter ça. »

C’est là que le malaise devient presque insultant.

Parce que personne ne demande ce qu’est la force de Patrik Laine. Tout le monde la connaît. Ce qu’on veut savoir, c’est pourquoi un joueur clairement prêt physiquement est traité comme s’il ne l’était pas. Pourquoi on parle de feu vert médical alors que le joueur fait tout ce qu’on demande d’un joueur en santé.

Tout le monde sait qu’il est prêt. Pourquoi nous mentir en pleine face? Hier, St-Louis a été pris la main dans le sac à devenir malhonnête.

Il tombe dans le mensonge... car l'organisation lui demande...

Et plus Martin St-Louis parle, plus ça sonne comme quelqu’un qui cache une décision déjà prise. Aucunement une décision médicale. Une décision hockey.

Pendant ce temps, les coéquipiers se retrouvent à parler à sa place. Jake Evans l’a dit sans le vouloir plus tôt cette semaine : lui, quand il revenait, il savait exactement où il allait jouer. Laine, lui, ne le sait pas. Et ça, c’est brutal.

« C’est dur pour moi de me mettre dans ses souliers. Moi, je savais où j’allais revenir. »

Voilà. Le secret éventé. Laine est prêt, mais il n’y a pas de chaise pour lui.

Et pendant que l’organisation tente de maintenir l’illusion du contrôle, le classement se resserre. Le Canadien tient encore une place de quatrième as, mais la Floride est à quatre points avec un match en main. Boston est à égalité. Les Flyers chauffent. La marge d’erreur est mince. Très mince.

Dire « on n’est pas connectés » à la fin janvier, presque en février, ce n’est plus une excuse. C’est un aveu.

« On n’est pas connectés », a dit Martin St-Louis.

Mais la question est plus lourde encore : comment peut-on ne pas être connectés aussi tard dans la saison?Comment peut-on laisser un gardien gérer seul les dégâts, un vestiaire marcher sur des œufs autour d’un joueur mis à l’écart sans le dire, et un discours public qui ne correspond plus à la réalité?

Le Canadien vit sa première tempête. Une vraie.

Et pour la première fois, le problème n’est pas le talent.

C’est la vérité.

Et tant que le dossier Patrik Laine sera géré dans le non-dit, tant que les réponses seront évitées plutôt qu’assumées, le malaise va continuer de s’étendre. Dans le vestiaire. Devant les micros. Et au classement.

La crise est là. Et elle ne se réglera pas avec des phrases toutes faites.