Martin St-Louis place Samuel Montembeault au bord du précipice

Martin St-Louis place Samuel Montembeault au bord du précipice

Par André Soueidan le 2026-01-03

Rendu là, ce n’est plus une impression, c’est une direction claire. Martin St-Louis a choisi d’embrasser une rotation à trois gardiens, et dans ce genre de système, la confiance n’est jamais acquise : elle est conditionnelle.

Quand on décompose le calendrier, le message devient limpide.

Le match de cet après-midi appartient à Jacob Fowler.

Le lendemain, à Dallas, la logique pousse naturellement vers Samuel Montembeault.

Pas parce qu’il est intouchable. Pas parce qu’il est “le numéro un”.

Mais parce que la mécanique actuelle l’exige.

Et c’est exactement là que le précipice apparaît.

Depuis son retour dans l’alignement, Montembeault n’a joué qu’un seul match.

Une victoire, oui, mais entachée par un but franchement difficile.

Pendant ce temps, Jacob Dobeš a gagné en Caroline… tout en accordant cinq buts. Résultat?

On ne parle plus d’un système où tu gagnes, tu restes.

Cette logique-là est morte. Enterrée.

Remplacée par une rotation froide, mathématique, impersonnelle.

Dans ce contexte, envoyer Montembeault contre Stars de Dallas, ce n’est pas banal. Ce n’est pas neutre. C’est un test brutal.

Les Stars, ce n’est pas un club ordinaire.

Dans l’Ouest, c’est 25 victoires, 9 défaites.

À l’échelle de la LNH, c’est la deuxième meilleure attaque, juste derrière Avalanche du Colorado, avec 143 buts marqués.

Une machine. Du volume. Du talent partout. Des vagues offensives qui ne s’arrêtent jamais.

Dans une rotation à trois, ce genre de match devient un piège mental.

Si Montembeault connaît une mauvaise soirée, il ne “revient pas au prochain match”.

Il attend. Deux matchs. Peut-être plus.

Et pendant ce temps-là, Fowler peut gagner. Dobeš peut gagner. La hiérarchie se redessine sans toi.

C’est là que la formule devient dangereuse.

La rotation à trois, c’est confortable quand tout le monde gagne.

Mais dès qu’un gardien trébuche pendant que les autres livrent la marchandise, la tentation est énorme : resserrer à deux, laisser le troisième en périphérie, en attente, comme un third wheel qu’on utilise seulement par obligation.

Et psychologiquement, c’est lourd.

Parce qu’un gardien n’oublie pas.

Il sait très bien que dans ce système-là, une mauvaise soirée peut coûter plus qu’un match. Elle peut coûter une place. Une perception. Une séquence entière.

C’est pour ça que la décision de Martin St-Louis est aussi audacieuse que risquée.

Envoyer Montembeault à Dallas, ce n’est pas juste lui donner le filet. C’est lui dire : voici la tempête… débrouille-toi.

Et s’il passe à travers, la confiance revient d’un coup.

Mais s’il flanche, le système qui devait protéger tout le monde pourrait devenir impitoyable.

Voilà le précipice.

Pas une question de talent.

Une question de timing, de contexte et de conséquences.

Ouch...