Martin St-Louis persiste et signe: il va continuer d'envoyer promener les journalistes

Martin St-Louis persiste et signe: il va continuer d'envoyer promener les journalistes

Par David Garel le 2026-03-26

Si Martin St-Louis est moindrement superstitieux, il vient peut-être de se convaincre d’une chose dangereuse : continuer comme ça.

Parce que malgré une conférence de presse tendue, malgré le ton sec, malgré les journalistes qu'il a envoyés promener quelques heures plus tôt, les Canadiens de Montréal ont trouvé une façon de s’en sortir. Une victoire arrachée, fragile, presque improbable, où tout a basculé du bon côté au bon moment.

St-Louis persiste et signe: il va continuer de cracher sur les journalistes ad vitam eternam:

Et c’est exactement le genre de soirée qui nourrit les croyances.

Les dieux du hockey étaient clairement dans son camp.

À la toute fin, alors que le match pouvait basculer, une occasion en or se présente pour les Blue Jackets de Columbus. Une rondelle dangereuse, un filet ouvert… et Mason Marchment qui rate une occasion en or, incapable de compléter le jeu dans un but désert.

Quelques instants plus tôt, Jakub Dobes avait tenu le fort avec aplomb, multipliant les arrêts importants, gardant son équipe en vie dans un match où chaque erreur pouvait coûter cher. Il a donné exactement ce dont son équipe avait besoin : une chance.

Et puis il y a eu ce moment-là.

Zachary Bolduc, qui n’avait pas marqué depuis le 23 décembre. Une séquence lourde. Longue. Qui finit par peser sur un joueur, peu importe son âge ou son statut. Et quand l’occasion du but gagnant se présente… il ne concrétise pas.

Mais cette fois, ce n’est pas ça qu’on retient.

Parce qu’il finit par marquer... le but gagnant...

Et quand la rondelle entre, tout explose. Le Centre Bell se lève. Une vraie ovation. Pas une réaction polie, pas un applaudissement automatique. Une ovation chargée, sincère, presque libératrice. Pour lui. Pour ce qu’il a traversé. Pour ce poids qu’il traînait depuis des semaines.

Puis l’entrevue avec Marc Denis. Un moment simple, mais révélateur. On sent le soulagement. On sent que ça compte. Que ce n’est pas juste un but sur la feuille de match, c’est une étape. Un déclic.

Et c’est là que l’ironie devient frappante.

Parce que pendant que tout ça se produit, pendant que les rebonds vont du bon côté, pendant que les occasions adverses ne rentrent pas, pendant que les moments clés tournent en faveur des Canadiens de Montréal… l’image de la conférence de presse du matin est encore fraîche.

Comme si tout s’était aligné malgré ça.

Ou pire.

Comme si ça s’était aligné à cause de ça.

C’est exactement comme ça que naissent les superstitions dans le hockey. Un comportement. Une victoire. Une association rapide. Et soudainement, on ne touche plus à rien.

Alors oui, si Martin St-Louis est superstitieux, il pourrait très bien se dire que cette attitude-là, ce ton-là, cette façon de gérer la pression… ça fonctionne.

Et c’est là le vrai danger.

Parce que gagner un match comme celui-là, avec des détails qui basculent au bon moment, avec des occasions ratées de l’autre côté, avec un gardien solide et un but qui tombe enfin au bon moment, ça ne valide pas une manière de faire.

Ça masque des choses.

Et dans le cas présent, ça masque un climat qui, lui, ne disparaît pas avec une victoire de 2-1.

Il reste là.

Même si les dieux du hockey ont décidé, pour une soirée, de sourire à Martin St-Louis.