Martin St-Louis perd patience avec la « baboune » d’Arber Xhekaj

Martin St-Louis perd patience avec la « baboune » d’Arber Xhekaj

Par David Garel le 2025-04-03

C’est un message cinglant, sans pitié, sans détour.

Et pour Arber Xhekaj, c’est une véritable gifle en pleine figure. Pour la troisième fois consécutive, le défenseur de 24 ans est laissé de côté par Martin St-Louis. Et cette fois, l’entraîneur-chef du Canadien ne se cache plus : il en a assez de l’attitude de son défenseur.

« Il n’est plus une recrue », a lancé St-Louis, visiblement agacé.

« Il devra gérer ça comme un professionnel, se garder prêt et dans de bonnes dispositions mentalement. Les choses changent vite. »

Quand un coach est obligé de rappeler publiquement à un joueur qu’il doit rester professionnel, c’est rarement bon signe.

C’est un message clair : Xhekaj fait la baboune. Il boude. Il ne cache pas son mécontentement. Et cela commence à irriter l’état-major.

À l’inverse, Martin St-Louis ne tarit pas d’éloges envers Michael Pezzetta. Le contraste avec Xhekaj est incroyable...pour ne pas dire ridicule...

« Il joue de très bonnes minutes pour nous en ce moment. Il sait quel est son rôle. Il est prêt à n’importe quoi », a déclaré St-Louis, presque avec affection.

Et il en a rajouté :

« Il sait parfois qu’il va sauter son tour, mais ce n’est pas parce qu’il ne donne pas un bon rendement. Ça m’amène de la flexibilité, et il mérite les minutes qu’il joue. »

En d'autres mots : Michael Pezzetta accepte son sort avec humilité. Arber Xhekaj, lui, se noie dans son égo.

Et soyons francs : tout le monde l’a vu. Tout le monde. Les caméras l’ont capté. Les journalistes l’ont remarqué. Les partisans l’ont senti.

Arber Xhekaj fait la baboune. Il refuse de parler aux médias. Il s’éloigne. Il s’isole. Il rumine. Il boude. Il le vit très mal.

Son ego est blessé. Et ce n’est pas une interprétation : c’est un constat visuel et comportemental. Et ça, Martin St-Louis le tolère très mal. Il ne l’a pas dit directement — il ne le dira jamais —, mais son discours est clair : la mauvaise humeur de Xhekaj a pollué l’ambiance dans le groupe.

Elle a contaminé l’énergie du vestiaire. Et dans un sprint vers les séries, c’est inacceptable.

Ce qui rend la situation encore plus humiliante pour Xhekaj, c’est l’instrumentalisation calculée de Michael Pezzetta par Martin St-Louis.

Pas seulement le fait de l’habiller à sa place. Non. Le fait de le glorifier publiquement, d’utiliser chaque question à son sujet pour insister sur son professionnalisme, son attitude, sa flexibilité, sa compréhension du rôle, comme un modèle à suivre.

C’est une flèche en plein cœur pour Xhekaj. :

« Si tu veux jouer, agis comme lui. »

Pezzetta, zéro but en 19 matchs, est désormais le baromètre de l’attitude dans le vestiaire. Et Arber Xhekaj, à ses yeux, a échoué le test.

Et que dire du conseil glissé subtilement en conférence de presse :

« Ce sont des décisions difficiles que nous avons à prendre, c’est un bon problème à avoir », a tenté de tempérer St-Louis.

Mais derrière cette formule diplomatique se cache une réalité brutale : Xhekaj n’est plus indispensable.

Un naufrage personnel déguisé en “profondeur défensive”

Officiellement, St-Louis justifie son choix par la “profondeur” à la ligne bleue. Le retour de Kaiden Guhle, la solidité de Jayden Struble, la stabilité de David Savard… mais personne n’est naïf.

Xhekaj a commis une erreur coûteuse contre la Caroline le 28 mars. Une mauvaise relance. Une hésitation. Un repli défensif tardif. Rien d’exceptionnel… mais suffisant pour que St-Louis le punit. Sans appel.

Et aujourd’hui, alors que les séries sont en ligne de mire, St-Louis préfère miser sur la fiabilité de Struble et sur la patience silencieuse de Pezzetta. Une leçon de gestion. Un rappel que le talent ne suffit pas.

Une relation brisée?

Ce n’est pas la première fois que Martin St-Louis envoie un message froid à Xhekaj. Rappelons qu’il avait déjà nié publiquement l’existence du surnom "Shérif", alors que tout le vestiaire, y compris Cole Caufield dans Spittin’ Chiclets, avait confirmé l’usage affectueux du surnom.

Le torchon brûle depuis longtemps entre les deux hommes. Xhekaj est une personnalité forte. Il s’assume. Il s’affiche. Il construit sa marque. Et visiblement, ça dérange St-Louis, qui prône l’humilité, le sacrifice et le respect du système. L’approche de St-Louis est collective. Celle de Xhekaj semble parfois individuelle. Le clash est inévitable.

Pendant ce temps, Kent Hughes observe. Il n’a rien dit. Il n’a pas défendu son joueur. Il n’a pas calmé les rumeurs de transaction. Il ne s’est pas avancé sur son avenir. Et ça aussi, c’est un message.

Le message : Xhekaj ne fait plus partie du plan.

Quand St-Louis encense un joueur comme Pezzetta — 0 but en 19 matchs — pour son attitude, et humilie publiquement un défenseur de 24 ans avec du potentiel, c’est que l’affaire est entendue.

À moins d’un miracle, Arber Xhekaj ne sera plus un membre du Canadien en octobre prochain. Ce n’est plus une possibilité. C’est une évidence.

Et dans cette histoire, Martin St-Louis vient d’écrire le dernier chapitre.

Car à ce stade-ci, il ne reste plus rien à deviner. Arber Xhekaj n’est plus un projet en développement. Il est un actif de valeur en voie d’être liquidé.

Et la plus grande tragédie dans cette histoire, c’est qu’il s’agit d’un divorce évitable. Un divorce précipité par l’orgueil, l’égo, l’incapacité à s’adapter.

Mais au sein d’un groupe jeune, affamé et discipliné, Xhekaj est devenu une anomalie. Et Martin St-Louis vient de faire savoir à toute la LNH qu’il n’en voulait plus.