Martin St-Louis montre la porte de sortie à Arber Xhekaj

Martin St-Louis montre la porte de sortie à Arber Xhekaj

Par David Garel le 2025-03-30

Ce dimanche après-midi, le ciel est tombé sur la tête d’Arber Xhekaj.

Alors que le Canadien signait sa victoire la plus importante de la saison — un gain arraché avec courage face aux puissants Panthers de la Floride, propulsant l’équipe de nouveau en séries — le grand absent du jour n’était ni blessé, ni malade. Il était tout simplement oublié. Rayé de l’alignement.

Et ça, c’est pire que tout.

Parce qu’il ne s’agissait pas d’un match banal de saison régulière. C’était le match, celui où les partisans attendaient une déclaration de force. Et c’est sans Xhekaj que cette déclaration a été faite.

Le cauchemar est réel : l’équipe gagne… et gagne mieux… sans lui.

Pour Martin St-Louis, cette journée est une victoire personnelle. Une "masterclass". Il a pris une décision impopulaire, hautement risquée, en sortant un joueur adoré du public et en insérant Michael Pezzetta, qui n’avait pas touché à la glace depuis une éternité.

Et il a gagné.

Le Canadien a gagné.

Et l’opinion publique, fragile et changeante, commence déjà à basculer. Soudainement, la décision de sortir Xhekaj n’est plus une inacceptable. Elle devient une démonstration de courage stratégique. Une preuve que St-Louis a des “couilles en or”.

Il a envoyé un message clair : « Je dirige à ma manière, peu importe ce que les fans pensent. Et j’ai eu raison. »

Pour Arber Xhekaj, c’est une humiliation totale. La pire forme de punition qu’un joueur peut vivre dans ce marché : être rayé de l’équation... et constater, impuissant, que tout va mieux sans lui.

La victoire contre la Floride, en son absence, agit comme un révélateur brutal : il n’est plus indispensable. Il est devenu accessoire.

Peut-être même encombrant.

Comment se relever d’un tel choc? Comment croire encore à sa place dans l’alignement quand l’équipe joue son meilleur match de la saison... alors qu’on est dans les gradins, invisible, inutile?

Et le plus cruel dans tout ça? C’est que Xhekaj avait tout donné. Il avait changé. Il avait accepté de rentrer dans le moule de St-Louis, d’abandonner son identité, de jouer de façon plus sobre, plus disciplinée. Il avait accepté qu’on lui retire son surnom. Il avait encaissé, nuit après nuit, une diminution de son temps de jeu.

Il avait cru que, s’il faisait tous les sacrifices, il serait récompensé.

Et pourtant, le message est brutal : tu peux tout donner, et ce ne sera jamais assez.

Ce dimanche ne représente pas une simple absence. Il symbolise la fin d’un cycle. Le moment où la direction du Canadien a, peut-être inconsciemment, tourné la page sur Arber Xhekaj.

Et les circonstances sont d’autant plus cruelles que son frère, Florian, monte en flèche avec le Rocket. Pascal Vincent le cajole, le couvre d’éloges, le prépare doucement à faire le saut dans la LNH.

Mais avec qui?

Pas avec son frère. Parce que tout indique que celui qu’on appelait « le Shérif » est déjà sur la voie de sortie.

À Montréal, on protège les jeunes « cérébraux », les patineurs fluides, les relanceurs stratégiques. Pas les défenseurs intimidants, pas ceux qui frappent, qui dérangent, qui ont de la gueule. Pas ceux qui défendent leurs coéquipiers au prix d’une pénalité. Pas ceux qui incarnent une autre époque.

Et ça, Xhekaj l’a compris.

Aujourd’hui, son pire cauchemar s’est matérialisé. Il n’a pas été suspendu, il n’est pas blessé, il n’a pas été échangé.

Non, c’est bien pire.

Il a été laissé de côté. Volontairement. Stratégiquement. Puis, l’équipe a gagné. Spectaculairement.

Martin St-Louis a gagné la guerre de la perception.

Le message est passé, fort et clair : ce Canadien peut gagner sans Arber Xhekaj.

Et s’il peut gagner sans lui, pourquoi le garder?

Xhekaj entre désormais dans une zone très sombre. Son contrat achève. Les rumeurs de transactions vont s’intensifier. Le Canadien n’a plus besoin de son profil, et chaque minute jouée par Struble ou chaque point produit par un autre jeune défenseur accentue son effacement.

Et s’il fallait choisir entre Florian et Arber pour bâtir l’avenir du Tricolore, tout indique que le choix est déjà fait.

Xhekaj est un symbole de ce que le Canadien était. Pas de ce qu’il veut devenir.

Ce dimanche, sous les projecteurs du Centre Bell, ce n’est pas seulement un match que le CH a gagné.

C’est une guerre d’identité.

Et le grand perdant, c’est Arber Xhekaj.

Ce qui devait être un simple écart d’alignement s’est transformé en guerre de territoire.

Et Martin St-Louis, victorieux sur le plan sportif après la victoire contre les Panthers, fait de Xhekaj un prisonnier d’un affrontement idéologique bien plus vaste : celui de l’image, du pouvoir et de l’appartenance.

Car pendant que le coach célébrait en coulisses son pari gagnant, en évinçant Arber Xhekaj de l’alignement, ce dernier sait qu'il a d'énormes chances de quitter Montréal cet été.

Avant, le « Shérif » pouvait être rayé de l’alignement, mais il s’installait partout ailleurs.

Parfait, voici la suite directe de ton nouveau début, en respectant entièrement le ton que tu veux imposer : une victoire totale de Martin St-Louis, une défaite idéologique d’Arber Xhekaj, et un revirement brutal de la perception publique.

Le message est désormais clair : Martin St-Louis a gagné. Il n’a pas seulement éliminé Arber Xhekaj de son alignement, il l’a évacué du cœur du Québec.

Avec une seule décision — le laisser dans les gradins pour le match le plus important de la saison — il a déclenché un changement de perception radical. La victoire contre les Panthers a validé tous ses choix.

St-Louis a prouvé qu’il n’avait pas besoin du « Shérif ». Il a prouvé au vestiaire, au public et à la direction qu’Arber Xhekaj est remplaçable.

Et soudainement, le Québec a basculé.

La grogne initiale a laissé place à un certain soulagement. Les partisans qui criaient à l’injustice, qui demandaient qu’on donne une vraie chance à Xhekaj, ont été forcés d’admettre que sans lui, l’équipe a été plus disciplinée, plus rapide, plus efficace.

Ce n’est plus le temps des excuses. Ce n’est plus le temps des nostalgies.

Le peuple est passé à autre chose.

Arber Xhekaj, lui, vit le pire moment de sa jeune carrière. Pas parce qu’il a été laissé de côté. Mais parce que pour la première fois depuis qu’il a percé dans la LNH, il est seul. Isolé.

Il regarde autour de lui et comprend que le train est reparti sans lui.

Il regarde le plombier indésirable Pezzetta célébrer avec les gars. Il voit Jayden Struble solidifier son poste. Il entend les éloges envers Guhle, Harris, Hutson. Et il comprend que sa place s’évapore.

Même ses activités promotionnelles, son branding de « Shérif », son aura médiatique, tout ça a perdu de son impact. Car dans un marché comme Montréal, si tu ne joues pas, tu n’existes plus.

Et Martin St-Louis l’a bien compris.

Le coach du Canadien n’a pas seulement gagné un match contre la Floride. Il a remporté la guerre de la perception. Il a réussi à redéfinir les priorités de l’équipe. Et il l’a fait en se débarrassant tranquillement de celui qui était vu comme un symbole d’une ère révolue.

Xhekaj, avec ses frasques, ses mises en échec, ses altercations, ses produits dérivés, ses vestes de cuir et ses « burgers du Shérif », représentait tout ce que St-Louis voulait effacer du paysage.

Et il a réussi.

L’ancien symbole de robustesse est devenu un joueur encombrant. Un boulet. Un vestige d’un style de hockey que l’organisation veut enterrer.

La direction le sait. Kent Hughes le sait. Et surtout, Arber Xhekaj le sait.

Derrière les portes closes, les discussions ont déjà commencé. L’été sera long, mais le dossier est déjà scellé : Xhekaj ne fait plus partie du plan. Il ne reviendra pas dans l’alignement en tant que joueur central. Et il n’y aura pas de rédemption.

Le divorce est inévitable.

Peut-être qu’il sera échangé à Chicago. Ou à Philadelphie. Peut-être qu’il deviendra un joueur important ailleurs. Mais ce ne sera plus à Montréal.

Parce qu’à Montréal, Martin St-Louis a tranché.

Et le Québec a suivi.

La page est tournée. Le « Shérif » est rentré dans le folklore, pas dans la stratégie de l’équipe. Il est devenu un personnage secondaire, un souvenir de ce que le Canadien aurait pu être, mais a choisi de ne plus être.

Et ça, pour Xhekaj, c’est la pire défaite possible.

Pas une défaite sur la glace. Une défaite dans la mémoire collective. Une disparition lente, validée par une victoire.

Martin St-Louis a gagné. Le vestiaire a évolué. Le Québec a lâché prise.

Et Arber Xhekaj, lui, n’a plus d’endroit où aller. Sauf ailleurs.