Martin St-Louis envoie promener RDS: sa mère sur toutes les lèvres

Martin St-Louis envoie promener RDS: sa mère sur toutes les lèvres

Par David Garel le 2026-05-10

Encore une fois, Martin St-Louis a offert un autre grand moment de conférence de presse.

Et encore une fois, un journaliste a été remis à sa place.

C'était au tour du pauvre Patrick Friolet de RDS.

Celui qui veut toujours flatter le coach dans le sens du poil.

Encore une question de journalistes soumis.

« Salut Martin, comment tu trouves que ton équipe a été capable de répondre aux ajustements que tu as demandés entre le premier et le deuxième match, particulièrement en désavantage numérique? Vous avez vraiment, vraiment bien répondu. »

On ne parle pas d'une question, mais bien encore d'un compliment lèche-bottes: bravo coach, vos ajustements ont tout changé.

La réponse de Martin St-Louis?

Sèche... et méprisante...

Directe.

« On n’a rien fait de différent. »

Silence.

Malaise.

Voici la séquence vidéo:

Patrick Friolet tente bégaie:

« Comment tu trouves que vous avez amélioré des choses peut-être? »

Martin ne mord toujours pas.

« Oui, c’est sûr, tu as toujours des choses à améliorer, même quand tu gagnes. Je pense que notre groupe reste à la tâche. Toute l’année, c’est la même chose. Tu recommences toujours, tu essaies de t’améliorer dans certaines affaires. Puis c’est ça qu’on a fait. On a été détaillés dans ce qu’il fallait faire… puis on est allés faire ça. »

Fin de l’histoire.

Aucun grand discours sur son génie tactique.

Aucune tape dans le dos.

Aucune fleur envoyée à lui-même.

Encore une fois, Martin St-Louis coupe court au narratif.

Il n'aime pas les lèche-bottes.

Depuis le début des séries, St-Louis semble avoir de moins en moins de patience pour les questions qui tentent de lui faire dire ce qu’il ne veut pas dire.

Encore moins quand on tente d'être son ami avec des compliments de pauvre.

Mais aujourd'hui, Martin St-Louis était abrupt avec les questions hockey, mais a soudainement laissé sortir quelque chose de beaucoup plus personnel.

Quelque chose qui explique probablement pourquoi ses joueurs parlent autant de lui en ce moment.

Quand un journaliste lui a demandé pourquoi autant de joueurs parlaient de ses discours avant les matchs, au point où Jacob Dobeš disait qu’il allait probablement se rappeler toute sa carrière du speech avant le match numéro deux, Martin a offert une réponse qui en dit énormément sur qui il est comme entraîneur.

Et surtout, comme humain.

« Un entraîneur doit avoir un pouls sur son équipe. Moi, je ne suis pas là pour les motiver. Pour avoir du succès dans n’importe quoi, ce n’est pas de la motivation, c’est de la discipline. »

St-Louis refuse complètement l’image du coach hollywoodien qui frappe dans les murs avant les matchs.

Selon lui, l’émotion ne suffit pas.

Mais il ajoute ensuite quelque chose d’important :

« Des fois, il faut que tu inspires ton groupe. Je choisis mes moments. Je suis calculé là-dessus. »

Mais le vrai moment fort est venu à la fin.

Un journaliste lui demande si son côté ancien joueur (empathique, proche des émotions des gars) laisse tranquillement plus de place au coach plus dur avec les séries éliminatoires.

Sa réponse?

Peut-être une des plus humaines qu’il a données depuis le début du parcours éliminatoire.

« Je pense que je vais toujours être empathique. Mais mon empathie ne m’empêche pas de coacher. Tu peux coacher et être empathique. C’est probablement dans la façon de livrer ton message. »

Puis Martin devient encore plus transparent.

« Je n’ai pas peur de dire la vérité. Je n’ai pas peur de porter mon cœur sur ma manche. Mais il y a toujours un angle empathique, parce que j’ai vécu ce qu’ils vivent. J’ai fait les mêmes erreurs. J’ai coûté des matchs à mon équipe. J’ai fait de gros jeux. »

Et là, on comprend soudainement beaucoup de choses.

Pourquoi ses joueurs semblent prêts à traverser un mur pour lui.

Pourquoi un jeune comme Dobeš parle d’un discours qu’il va « probablement se rappeler toute sa carrière ».

Pourquoi cette équipe semble aussi soudée émotionnellement.

Martin St-Louis ne parle jamais comme un professeur.

Il parle comme un gars qui a déjà souffert exactement comme eux.

Un gars qui sait ce que ça fait de rater un jeu.

De coûter un match.

De se faire critiquer.

En cette Fête des Mères, il y a quelque chose de particulièrement touchant dans les propos de Martin St-Louis sur son côté empathique, lui qui explique souvent que cette qualité vient directement de ses parents, surtout des valeurs reçues à la maison.

« Quand tu fais partie d’une équipe, il y a un esprit de famille. Tu dois être compréhensif, respectueux envers les autres, aider les gens. J’aime aider les gens. J’ai de belles qualités que j’ai apprises, qu’on m’a données, par mon père et ma mère. Ça m’a énormément aidé dans ma vie », avait confié St-Louis.

Quand on le voit aujourd’hui protéger ses joueurs, trouver les mots justes après une erreur ou encore livrer des discours qui marquent profondément un vestiaire, on comprend mieux d’où vient cette approche humaine qui semble tant rallier les Canadiens de Montréal derrière lui.

Même quand les matchs deviennent énormes.

« L’esprit est important », a-t-il rappelé.

Oui, il peut être sec.

Oui, il peut détruire une question en trois mots.

Oui, il peut faire passer un journaliste pour un imbécile en trois secondes.

St-Louis ne sera jamais empathique envers les médias, qu'ils méprise au plus haut point.

Mais derrière ça, il y a aussi un entraîneur profondément humain... pour ses joueurs... sa famille...

Ainsi va la vie...