Le match contre les Hurricanes de la Caroline avait tout pour être un tournant.
Une occasion pour le Canadien de Montréal de rebondir après une série de défaites, de montrer des signes de vie.
Et pourtant, ce fut une autre soirée pénible. Une autre démonstration de confusion tactique. Une autre vitrine sur l’entêtement incompréhensible de Martin St-Louis.
Mais ce qui choque le plus, c’est son calme olympien après le match. Comme si tout allait bien.
Comme si l’idée d’habiller sept défenseurs n’était pas directement liée à l’erreur monumentale d’Arber Xhekaj sur le troisième but des Hurricanes. Comme si Joshua Roy ne méritait pas sa place sur la glace.
En conférence de presse, lorsqu'on lui demande pourquoi il a opté pour un alignement à sept défenseurs, St-Louis répond vaguement : « C’était un peu tout, je te dirais. »
Un peu tout? Non. C’était une mauvaise décision, point. Une tentative molle d’éviter un choix difficile : sortir Xhekaj ou Struble.
Et plutôt que de trancher, Martin St-Louis a sacrifié Joshua Roy. La solution de facilité. Un vétéran comme Xhekaj, qui joue 3:48 dans le match, est visiblement en perte de vitesse.
Mais non, c’est Roy qu’on sort. Et St-Louis, lui, parle d’« intentions défensives meilleures » comme si tout ça était normal.
Pendant ce temps, Arber Xhekaj n’a pas été vu après le troisième but des Hurricanes. Une bévue défensive honteuse : il pinche inutilement dans la zone offensive, se fait prendre, et voilà que la Caroline fonce à trois contre un. But. Fin du match.
Et Martin St-Louis fait comme si de rien n’était. Comme si ce n’était pas grave. Pas de mea culpa. Pas de critique. Silence radio.
Kaiden Guhle, qui faisait son retour au jeu, a quant à lui tenté de justifier la performance anémique de l’équipe : « Je pense qu’on était un peu en retard, juste un demi-pas. C’est ce qu’on essaie de retrouver depuis quelques matchs. »
Puis il parle de la fatigue, du manque de synchronisation. « Je ne suis pas inquiet », dit-il. Mais on l’est, nous.
Parce qu’après cinq défaites de suite, la tendance est plus qu’inquiétante.
Juraj Slavkovsky, lui, n’avait pas l’air plus convaincu que son entraîneur. Lorsqu’un journaliste lui pose une question sur l’exécution et la pression des Hurricanes, Slavkovsky a l’air perdu. « Comment? Quoi? » Il finit par dire : « Peu importe qui on affronte, il faut mieux exécuter. Ça commence avec moi. »
Et voilà. C’est tout ce qu’il avait à offrir. Malaise total. On envoie un jeune visiblement mal préparé devant les médias, au lieu de protéger son développement. Où est le leadership là-dedans?
Alexandre Carrier, lui, a été honnête : « On est dans un bas en ce moment. Il faut se retrousser les manches, on a l’impression que la terre nous tombe sur la tête, mais on est encore en course. »
C’est peut-être la seule déclaration lucide de la soirée. Parce que même si le Canadien reste dans la course aux séries, le jeu qu’il présente actuellement n’a rien de celui d’un aspirant.
Six tirs au but après deux périodes, une attaque complètement inerte, une équipe qui se fait broyer par la pression de l’adversaire sans riposte tactique.
Et Martin St-Louis? Rien. Il parle de structure. De pression. D’intentions.
« Je pense que nos intentions étaient bonnes », dit-il.
« Ce n’était pas notre meilleure période », ajoute-t-il à propos du deuxième vingt catastrophique.
Aucun mot sur la décision douteuse de retirer Roy au lieu de trancher entre Xhekaj ou Struble. Aucun mot sur la perte d’énergie de l’équipe, sur la panne sèche de l’avantage numérique.
Le plus inquiétant dans tout ça? C’est que ce match semblait être une répétition. Encore une. Une rediffusion de la même recette perdante.
Et quand on demande à Martin comment on sort d’une séquence de défaites, il répond : « De la même façon qu’on l’a fait les deux autres fois. »
Mais cette fois-ci, la différence, c’est qu’il semble ne rien voir de problématique dans sa prise de décision.
Le vestiaire du Canadien est en train de sombrer doucement dans la fatigue, le doute, l’usure mentale.
Et pendant ce temps, Martin St-Louis refuse de brasser la cage. Refuse de remettre en question ses décisions.
Refuse d’admettre que son système, ses rotations, ses choix de personnel ne fonctionnent plus.
Le Canadien aurait pu utiliser ce match comme tremplin. Une réponse à la série de défaites. Au lieu de ça, on a eu droit à un effort décousu, un coach qui s’accroche à ses certitudes, et une équipe qui court après une rondelle comme des poules sans tête.
Et si Martin St-Louis ne veut pas ouvrir les yeux, quelqu’un d’autre devra le faire à sa place. Parce que continuer comme ça, c’est foncer droit vers l’élimination.
Et dans les gradins? Joshua Roy regarde ça, casque en main, pendant que Xhekaj fait une gaffe qui coûte le match.
Si ce n’est pas le moment de se poser des questions sur l’identité du CH, alors ce moment ne viendra jamais.
Misère ...