À première vue, les Devils du New Jersey avaient en main une combinaison prometteuse à partir de 2023: deux centres uniques, Nico Hischier et Jack Hughes, choisis respectivement au premier et premier rang au repêchage. Leur reconstruction semblait être en voie d’aboutir après une saison de 112 points.
Mais aujourd’hui, tout est flou, tout est fragile, tout est incertain. Et pendant que les partisans du New Jersey se grattent la tête et que les critiques s’enfoncent toujours plus profondément dans l’analyse des décisions de leur directeur général Tom Fitzgerald, un nom revient avec insistance en coulisses : Marc Bergevin.
Parce qu’on le sait, et on ne le dira jamais assez : la force de Bergevin, ce sont les transactions, pas les phases de repêchage, pas forcément la construction méthodique d’un noyau jeune sur plusieurs années.
Et au New Jersey, justement, c’est bien la méthode Fitzgerald et ses erreurs répétées qui a mis l’organisation dans ce qu’on pourrait appeler un cul‑de‑sac stratégique.
Regardons les faits avec honnêteté.
1. L’illusion de la progression
Fin 2023, après une campagne de 112 points, on pensait que les Devils avaient atteint une nouvelle étape. Mais en 2025, ils se retrouvent 13e dans l’est, à six points d’une place en séries, après une participation bizarroïde la saison précédente malgré une 16e place au classement général.
Comment évaluer cette équipe ? On peine à le faire parce que, malgré d’excellents jeunes (Hischier, Hughes, Simon Nemec, Luke Hughes), l’équipe stagne ou régresse.
2. Les erreurs de Fitzgerald qui coûtent cher
Mackenzie Blackwood vendu à rabais.
Fitzgerald a échangé Blackwood, un gardien prometteur, aux Sharks de San Jose pour un choix de sixième tour. Blackwood s’est révélé au Colorado comme un des bons gardiens de la LNH. Ce qui était un moyen d’alléger le filet s’est transformé en perte pure pour un gain dérisoire.
3. Jakob Markström : mauvais investissement
Le DG des Devils a donné un choix de premier tour et Kevin Bahl en retour de Markström en 2024, puis signé le gardien de 34 ans pour 2 ans à 6 M$ par saison. Sauf que le Markström de New Jersey a été atroce, loin de justifier un tel coût et une telle dépense d’actifs.
4. Attaque sans étincelles
Pour accompagner Hischier et Hughes, Fitzgerald a :
Échangé Pavel Zacha pour Erik Haula, qui a fini échangé à Nashville après trois saisons de misère. (Zacha est devenu le premier centre des Bruins);.
Signé Tomas Tatar (4,5 M$ par an entre 2021 et 2023): horrible.
Signé Ondrej Palat (5 M$ par an en 2022): une catastrophe totlale.
Échangé un choix de premier et un de deuxième tour + Shakir Mukhamadullin pour Timo Meier, un joueur moyen et surpayé *8,8 M$ jusqu’en 2029).
Le total ? Des contrats lourds et peu de résultats qui suivent sur la glace.
5. Défense atroce.
John Marino, échangé contre Ty Smith en 2022, a ensuite échangé vers l’Utah, alors que Kovacevic, l'ancien plombier du CH, a reçu un contrat de 5 ans à 4 M$, sans qu’on comprenne pourquoi.
Ce n’est pas un hasard si l’équipe s'effondre. Il ne manque pas de talent pur. Il manque de vision cohérente, de plan directeur clair et de leadership d’exécution.
Pourquoi le nom de Marc Bergevin revient à New Jersey?
1. Une réputation de deal‑maker
Bergevin est connu pour ses transactions (bonnes, mauvaises, audacieuses, surprenantes), mais rarement ennuyeuses. Dans un marché comme New Jersey, où les transactions clés ont souvent été des erreurs, un expert des transactions attire l’attention.
Même si son passage à Montréal a été jugé sévèrement par plusieurs fans, surtout à cause de son silence médiatique prolongé et de certaines signatures contestées horribles, personne ne peut nier qu’il a fait des coups marquants (Suzuki + Tatar + choix de 2e ronde pour Pacioretty).
2. La reconstruction vs. la réparation
Les Devils ne doivent pas seulement repêcher bien, ils doivent réparer ce qui a été mal fait. Et c’est là que les noms comme Bergevin commencent à circuler :
Un dirigeant capable de réparer l’utilisation d’actifs ;
Un opérateur qui sait stabiliser une équipe ;
Un homme qui peut restructurer un noyau sans tout démolir.
New Jersey, aujourd’hui, est bloqué entre deux mondes :
Trop de talent pour être vendeur.
Pas assez de cohésion pour être compétitif.
Et Fitzgerald n’a jamais su franchir le pas.
3. Le contraste avec Montréal
Dans le même laps de temps où Fitzgerald est attaqué pour son manque de résultats, Bergevin, malgré ses relations difficiles avec les médias québécois et sa longue période de silence après Montréal, est perçu par certains dirigeants de la LNH comme un bon conseiller, pas seulement pour ses transactions, mais aussi pour son œil d’évaluateur.
Le nom de Bergy circule de plus en plus chez les Devils. Certains jurent même qu'il sera nommé cet été, après le congédiement de Fitzgerald.
À suivre...
