Honte à Martin St-Louis... pour son mépris... et son manque de respect envers autrui.
On ne voit plu eulement un entraîneur protéger ses cartes à l’approche d’un match important, on a vu un homme perdre patience, s’enfermer dans une posture, et surtout envoyer un message très clair sur la façon dont il perçoit ceux qui sont devant lui.
Tout part d’une question banale, presque automatique à ce moment-ci de la saison :
« Est-ce qu’il y a des changements ce soir, Martin? » Une question posée par Martin McGuire de Cogeco (l'ennemi public de St-Louis), une question qui se pose dans toutes les villes de la LNH, tous les jours, sans exception.
Martin St-Louis l'envoie promener comme s'il est un moins que rien. C’est un mépris assumé. Il demande alors où est le journaliste de Sportsnet, Eric Engels, car il lui avait demandé lors de la dernière conférence de presse et le coach avait expliqué qu'il était en mode séries et qu'il ne dévoilait plus son alignement.
"Prochaine question" dit-il en regardant McGuire comme s'il était un être humain de bas-étage.
Avancez la vidéo à 15:33:
Écoutez les propos d’avant-match de l’équipe en vue de l’affrontement de ce soir contre Columbus
— Canadiens Montréal (@CanadiensMTL) March 26, 2026
Tune in now to live pregame media ops ahead of tonight’s game against the Blue Jackets #GoHabsGo https://t.co/Zon1vSNWZa
Et ce n’est pas un accident.
Parce que quelques secondes plus tard, quand un autre journaliste (Guillaume Lefrançois de La Presse) tente de revenir sur le fait que, plus tôt dans la saison, ces informations-là étaient partagées, St-Louis coupe encore :
“J'en ai parlé la dernière fois. J'en ai parlé. Pourquoi on parle de ça là. Posez-moi des bonnes questions.”
Habs coach Marty St. Louis to reporters today:
— /r/Habs (@HabsOnReddit) March 26, 2026
“Are there any good questions today? Ask me some good questions.” pic.twitter.com/7og3pOshWZ
Cette phrase-là est lourde de sens. Elle place le journaliste en position d’élève, presque d’incompétent, et elle donne au coach le rôle de celui qui décide ce qui mérite d’être demandé. On ne parle plus d’un échange professionnel. On parle d’un rapport de force.
Martin St-Louis débute son point de presse de façon extrêmement froide lorsque questionné sur son alignement du jour.
— Anthony Martineau (@Antho_Martineau) March 26, 2026
«Avez-vous des bonnes questions? Posez-moi de bonnes questions. J’en ai parlé l’autre jour (qu’il ne commentait plus sur les changements avant les matchs).» pic.twitter.com/Gpfw405x3S
Le pauvre Lefrançois bégaie comme un enfant qui vient de se faire gronder.
Ce qui dérange, ce n’est pas qu’un entraîneur protège son alignement. Tous les entraîneurs le font, surtout à l’approche des séries. Ce qui dérange, c’est la manière. Le ton. Le sourire sarcastique. Le refus de simplement dire :
« Je ne commenterai pas aujourd’hui. »
À la place, il choisit de ridiculiser, de rabaisser, de transformer une question légitime en moment de malaise.
Et ce malaise-là ne s’arrête pas à cet échange.
Quand on lui parle de la fatigue d’un jeune joueur, du « grind » de la saison, une question pertinente à douze matchs de la fin, sa réponse est froide, presque détachée : “Je suis content qu'ils le vivent”
Aucun effort pour nuancer, pour expliquer, pour accompagner la réflexion. C’est abrupt, tranchant, sans ouverture. Comme si la discussion elle-même était inutile.
Même chose quand il est question du jeu physique. Une question claire, structurée, qui tente d’amener une analyse sur l’évolution de son équipe. Sa réaction :
“Attends” Puis une réponse rapide, fermée, qui coupe le rythme, qui garde la distance. On sent constamment cette volonté de contrôler, de limiter, de ne jamais réellement s’engager dans l’échange.
Et c’est là que le problème devient plus large que cette conférence de presse.
Parce que ce n’est plus un épisode isolé. C’est une tendance. Une façon de faire qui s’installe, qui se répète, qui finit par créer un climat. Un climat où les journalistes ne savent plus sur quel ton poser leurs questions, où chaque intervention devient un risque, où la moindre formulation peut se transformer en moment de ridicule public.
Ce climat, il est réel. Et il commence à se voir.
Il y a une nervosité dans la salle. Une retenue. Une hésitation. Certains choisissent leurs mots avec une prudence excessive.
D’autres évitent carrément certaines questions. Et ça, ce n’est jamais normal dans un marché comme Montréal. Parce que le rôle des journalistes, ce n’est pas de flatter, ce n’est pas de contourner, ce n’est pas de survivre à une conférence de presse. C’est de poser des questions. Même les inconfortables. Surtout les inconfortables.
Ce qui choque encore plus, c’est le contraste.
Parce que ce ton-là, cette rigidité-là, cette impatience-là, ne sont pas toujours présents. Ils semblent apparaître de façon plus marquée dans certains contextes, avec certains interlocuteurs. Et ça alimente une perception qui devient de plus en plus difficile à ignorer : celle d’un double standard dans la manière de communiquer.
Ajoute à ça le contexte actuel, une équipe en reconstruction, un marché qui accepte les défaites tant qu’il comprend la direction, et tu obtiens un mélange fragile. Très fragile.
Parce que la patience des partisans repose sur une chose : le sentiment d’être respectés, d’être inclus dans le processus, d’avoir accès à une forme de transparence.
Quand ce sentiment disparaît, quand il est remplacé par de l’arrogance perçue, par du sarcasme, par des réponses qui ferment plutôt qu’elles n’ouvrent, le lien commence à se briser.
Et ce lien-là, il est essentiel à Montréal.
Martin St-Louis connaît le hockey. Personne ne remet ça en question. Sa vision, sa lecture du jeu, sa capacité à développer certains joueurs, tout ça est réel. Mais communiquer, ce n’est pas seulement transmettre de l’information. C’est gérer une relation. Et en ce moment, cette relation-là s’effondre.
Parce qu’il y avait mille façons de répondre à ces questions sans se dévoiler. Mille façons de garder le contrôle sans rabaisser. Mille façons de dire non sans dire « je m’en fous ».
Et il a choisi la pire.
Le plus ironique dans tout ça, c’est que lui-même parle souvent de confiance, de processus, de croissance. Il parle de développement mental, de maturité, de constance.
Mais cette constance-là, elle doit aussi exister derrière le micro. Dans le respect. Dans la gestion des émotions. Dans la capacité à rester au-dessus de la mêlée.
Parce qu’un entraîneur, à Montréal, ce n’est pas seulement un stratège. C’est une voix. Une figure publique. Un point de repère.
Et en ce moment, cette voix-là envoie le mauvais signal.
Ce n’est pas une question de vouloir le voir tomber. Ce n’est pas une chasse aux sorcières. C’est un constat. Un glissement. Une accumulation de moments où la ligne entre confiance et arrogance devient de plus en plus mince.
Et si personne ne le lui dit, si personne ne le confronte, si tout le monde continue de marcher sur des œufs pour éviter la prochaine réplique cinglante, alors ce climat-là va continuer de s’installer.
Jusqu’au jour où il sera trop tard pour le corriger.
