Manque de classe: Patrick Roy maltraité par Mathieu Darche

Manque de classe: Patrick Roy maltraité par Mathieu Darche

Par David Garel le 2026-04-05

Le malaise est profond. Et il ne disparaît pas avec un congédiement.

Parce quelques minutes après le départ de Patrick Roy, une autre tempête prend forme, encore plus inconfortable pour l’organisation des Islanders de New York. Cette fois, elle vise directement Mathieu Darche.

Et elle fait mal.

Parce qu’elle ne parle pas seulement de hockey.

Elle parle de crédibilité.

Il y a à peine quelques semaines, Darche se présentait devant les médias avec un discours clair, assumé, presque protecteur envers son entraîneur. Il parlait d’une relation solide. D’un respect mutuel. Il allait même jusqu’à dire que travailler avec Roy était “un plaisir”, que son coach faisait “un travail incroyable”, que le groupe croyait en lui.

Aujourd’hui, ce même entraîneur est congédié, même s'il lui reste deux ans à son contrat.

C'est ce qui s'appelle un move de panique:

Sans transition.

Sans nuance.

Sans continuité.

Et forcément, ça ne passe pas.

Même chez les partisans des Islanders, pourtant nombreux à être exaspérés par le style de Patrick Roy, le mot revient : “phony”. Faux. Calculé. Inauthentique.

Parce que le problème, ce n’est pas seulement la décision.

C’est le décalage entre les paroles et les gestes.

Dans la LNH, les congédiements font partie du métier. Tout le monde le sait. Mais il y a une façon de faire. Une cohérence à maintenir. Une ligne à respecter entre ce que tu dis publiquement et ce que tu fais en coulisses.

Et dans ce cas-ci, plusieurs ont l’impression que Mathieu Darche a complètement rompu ce lien.

Le pire, c’est que ce congédiement ne vient pas dans un vide.

Il arrive après une date limite des transactions où Darche a pris un pari énorme. Il a choisi d’être acheteur. D’ajouter des vétérans. De payer un prix élevé pour tenter de pousser son équipe vers les séries.

Un pari risqué.

Un pari que plusieurs, même à New York, ne comprenaient pas.

Parce que cette équipe-là n’était pas prête.

Pas assez profonde.

Pas assez structurée.

Pas assez constante.

Et aujourd’hui, alors que les Islanders sont au bord de rater les séries avec seulement quelques matchs à jouer, la réalité frappe de plein fouet.

Le plan n’a pas fonctionné.

Et au lieu d’assumer pleinement ce virage, c’est Patrick Roy qui écope.

C’est là que la perception bascule.

Parce que oui, Roy a peut-être perdu sa chambre. Oui, son message s’est essoufflé. Oui, un changement pouvait se défendre.

Mais la manière?

Elle dérange.

Elle donne l’impression d’un DG qui protège sa propre décision. Qui réécrit le narratif. Qui agit rapidement pour détourner l’attention d’un pari raté.

Et ça, dans un marché comme New York, ça ne pardonne pas.

D’autant plus que certains commencent déjà à faire des liens troublants. On parle d’une influence externe. D’un modèle copié. Les Golden Knights de Vegas, qui avaient surpris tout le monde en changeant de direction derrière le banc. Le parallèle circule. L’idée que Darche aurait voulu provoquer un électrochoc similaire.

Sauf qu’ici, le contexte n’est pas le même.

Et le timing non plus.

Parce qu’un électrochoc à quatre matchs de la fin, quand ton équipe est en train de glisser au classement… ça ressemble plus à un geste de panique qu’à une stratégie maîtrisée.

Et c’est exactement ce que plusieurs dénoncent aujourd’hui.

Le plus inquiétant, au fond, ce n’est même pas le départ de Patrick Roy.

C’est ce que ça révèle.

Une organisation qui semble naviguer à vue.

Un directeur général qui envoie des messages contradictoires.

Un vestiaire qui doit maintenant digérer tout ça… en pleine course aux séries.

Et une question qui flotte, de plus en plus lourde :

Est-ce que Mathieu Darche a perdu, lui aussi, une partie de la confiance autour de son équipe?

Parce qu’au final, dans la LNH, les décisions comptent.

Mais la façon dont tu les assumes compte encore plus.

Et aujourd’hui, ce n’est plus seulement Patrick Roy qui est jugé.

C’est toute la crédibilité de Mathieu Darche qui est en train de vaciller.