Malaise à l’interne : Cooper joue au yo-yo avec Nick Suzuki

Malaise à l’interne : Cooper joue au yo-yo avec Nick Suzuki

Par William Petit Lemay le 2026-02-13

Le Canada gagne.

Mais un détail dérange.

Nick Suzuki.

La victoire de 5-1 contre la Suisse confirme la domination canadienne dans le groupe. Connor McDavid, Nathan MacKinnon et Macklin Celebrini attirent toute la lumière.

La machine offensive roule à plein régime. Sidney Crosby en rajoute. Tout semble parfait.

Tout… sauf l’utilisation du capitaine du Canadien de Montréal.

À Montréal, Suzuki est le centre numéro un incontesté.

Il joue plus de 20 minutes par rencontre depuis la saison 2023-2024.

Il affronte les meilleurs trios adverses.

Il pilote la première vague en avantage numérique.

Il est utilisé en désavantage numérique.

Il est le cerveau, le métronome, le stabilisateur.

Bref, il est au cœur de tout.

Aux Olympiques, le portrait est différent.

Contre la Suisse, le 13 février, Suzuki a été limité à 13 minutes 35 secondes de temps de jeu.

Un chiffre qui frappe immédiatement quand on connaît son rôle habituel.

Ce n’est pas une simple gestion d’effectif.

C’est un changement d’identité.

Il a commencé le match à l’aile de Nathan MacKinnon. Une utilisation intrigante, déjà.

Puis, en cours de rencontre, on l’a vu revenir au centre, notamment avec Tom Wilson.

Par moments, il était jumelé à Brandon Hagel. D’un trio à l’autre. D’un rôle à l’autre. Centre. Ailier. Deuxième unité.

Quatrième ligne.

Aucune stabilité.

Et surtout, aucun rôle offensif clair.

Pendant que le trio McDavid–MacKinnon–Celebrini dynamitait la Suisse et monopolisait les situations clés en avantage numérique, Suzuki se retrouvait dans des missions plus défensives.

Présence en désavantage numérique. Présence pour fermer le jeu. Présence pour protéger une avance.

Un rôle utile, oui.

Mais loin de celui qu’il occupe à Montréal.

On comprend le contexte. Équipe Canada déborde de talent offensif.

La première vague en avantage numérique est pratiquement intouchable.

Les minutes de qualité sont chères.

Mais cela n’explique pas entièrement pourquoi Suzuki semble être la pièce qu’on déplace constamment pour ajuster les combinaisons.

À l’œil nu, pendant la rencontre, le constat était clair : dès qu’un ajustement était nécessaire, Suzuki changeait de chaise.

Besoin d’un centre responsable avec Wilson? On l’envoie là. Besoin d’un joueur fiable pour stabiliser un trio? On l’insère ailleurs. Il devient l’outil de réparation.

C’est là que le malaise s’installe.

Jon Cooper semble encore chercher la formule idéale pour maximiser son alignement.

Et dans cette quête, Suzuki apparaît comme la variable d’ajustement permanente.

On ne bâtit pas autour de lui.

On l’utilise pour équilibrer les autres.

Pour un capitaine de la LNH habitué à dicter le rythme d’un match, la transition est majeure.

Il ne contrôle plus l’attaque.

Il complète le portrait.

Ce n’est pas une question d’effort. Ce n’est pas une question de talent.

C’est une question de rôle.

Et pour l’instant, le rôle est flou.

Le Canada gagne. Le tableau indicateur ne ment pas. Mais derrière les cinq buts et les superstars en vitrine, une réalité intrigue : Nick Suzuki n’est plus un pilier offensif.

Il est devenu un couteau suisse dans une équipe déjà trop riche en lames tranchantes.

Et tant que son utilisation oscillera ainsi, le malaise à l’interne continuera d’alimenter les discussions.

Ouff... On a hâte de voir la suite !