Logan Mailloux ne dira peut-être jamais un mot publiquement. Il fera probablement comme à son habitude : froncer les sourcils, garder le regard figé vers le sol et afficher une mine fermée.
Mais à l’interne, tout le monde l’a vu. Tout le monde le sent. Logan Mailloux est en furie. Et cette fois, il a toutes les raisons du monde de l’être.
Alors que le Canadien de Montréal traversait l’un de ses matchs les plus exigeants de la saison, dans un duel crucial contre les puissants Panthers de la Floride, Martin St-Louis a pris une décision qui restera longtemps gravée dans l’esprit de Mailloux.
Le CH, privé de profondeur défensive à droite, a préféré jouer à cinq défenseurs… plutôt que de faire appel à lui.
David Savard, complètement dépassé par le rythme de la LNH ces jours-ci, a été utilisé comme un vulgaire plombier de bas-étage.
À peine 10 petites minutes de jeu. Un fantôme sur la glace. Le genre de joueur qu’on cache, qu’on protège, qu’on utilise seulement par nécessité administrative.
Et pourtant, même dans cette situation critique, les dirigeants du Canadien ont jugé préférable de le garder dans l’alignement au lieu d’accorder une chance à Mailloux.
Comme si ce dernier ne méritait même pas une audition, même pas une présence. Rien.
Un désaveu. Un affront. Une humiliation.
Quand on préfère surtaxer Matheson, Carrier, Hutson et Guhle plutôt que de rappeler Mailloux, c’est qu’on a fait une croix sur lui. Rien d’autre. Le message est clair : tu ne fais pas partie de notre futur.
Car il faut bien le comprendre : le CH manque cruellement de défenseurs droitiers. Savard n’en peut plus.
Et pourtant, Mailloux est toujours avec le Rocket. Invisible. Inexistant. Rayé de la carte.
Comble de malheur, il s'est blessé à Laval. Officiellement, il reçoit des traitements et n’a pas participé aux derniers entraînements du Rocket.
Mais dans les faits, qu’il soit blessé ou en pleine forme, il n’aurait pas été rappelé. Voilà ce qui rend la situation encore plus cruelle
. Le Canadien de Montréal préfère littéralement épuiser quatre défenseurs — Matheson, Carrier, Guhle et Hutson — pendant plus de 21 minutes chacun, et garder un David Savard dépassé, limité à 10 petites minutes, plutôt que de donner une seule chance à Mailloux.
Blessure ou non, il n’est tout simplement plus dans les plans. Et ça, Logan Mailloux le sait mieux que personne. Il ronge son frein à Laval, mais pas seulement à cause de sa condition physique. C’est son avenir à Montréal qu’on vient de lui retirer.
Qu’on se le dise franchement : Logan Mailloux n’a qu’à se regarder dans le miroir. S’il n’est plus considéré comme une solution crédible à droite de la défense, même dans une situation d’urgence, ce n’est pas uniquement à cause de l’organisation.
C’est parce qu’il a raté des occasions en or de se discipliner, de progresser, et surtout de démontrer qu’il pouvait être un professionnel à temps plein.
Son talent n’a jamais été remis en question. Mais dans un monde où le sérieux, la constance et l’éthique de travail sont aussi importants que les points sur la feuille de match, Mailloux a trop souvent donné des raisons de douter.
Blessé ou pas, rayé ou pas, il sait pertinemment que s’il regarde aujourd’hui la LNH à travers les vitres de la Place Bell, c’est en grande partie à cause de ses propres choix. Et si une transaction survient cet été, il ne pourra pas dire qu’il n’a pas été averti.
Dans ce contexte, comment ne pas croire qu’une transaction est imminente? Comment imaginer une autre issue que celle d’un départ pour Logan Mailloux cet été?
Tout dans le discours de l’organisation mène à cette conclusion. Kent Hughes a déjà annoncé qu’il cherchait un attaquant top 6 pour compléter son noyau offensif.
On sait que le nom de Mailloux circulait déjà dans une transaction avortée avec Anaheim pour Trevor Zegras, qui impliquait aussi le 21e choix au total en 2024. Cette transaction ne s’est jamais concrétisée parce qu’Ivan Demidov est miraculeusement tombé dans les bras du Canadien.
Hughes a alors décidé de garder son choix pour repêcher Michael Hage. Mais le nom de Mailloux, lui, n’a jamais quitté la table.
Et aujourd’hui, les rumeurs reviennent en force. Le choix de première ronde des Flames, que détient le Canadien, est actuellement au 20e rang. En ajoutant Mailloux, Kent Hughes pourrait ressusciter la même transaction avec Anaheim.
Surtout que Zegras veut toujours jouer au centre. Il est en guerre froide avec Greg Cronin, son entraîneur. Il est le meilleur ami de Cole Caufield, et son arrivée à Montréal semble plus logique que jamais.
Dans ce décor, Mailloux est devenu une monnaie d’échange. Une pièce de puzzle qu’on expose, mais qu’on ne veut plus encadrer.
Et ce qui rend cette situation encore plus tragique, c’est que Mailloux le sait très bien. Depuis quelques semaines, il a la tête ailleurs.
Et ce silence, ce désengagement, cette colère rentrée… tout cela témoigne d’un jeune homme qui réalise qu’on ne croit plus en lui. Le Canadien a pris sa décision. Il n’a plus besoin de le dire. Il la démontre match après match.
À Montréal, on n’a plus confiance en Logan Mailloux. Et à voir la manière dont on gère son cas, ce n’est plus une rumeur. C’est un verdict. Définitif.