L'inquiétude grandit à Montréal.
Ce qui devait être une montée vers les séries s’est transformé en glissement inconfortable pour les Canadiens de Montréal, et le pire, ce n’est même pas la défaite contre une formation largement remaniée des Flyers de Philadelphie, c’est tous les défauts qu'elle a montré en surface à un moment où l’équipe devait justement donner l’impression inverse.
Parce qu’au-delà du pointage, il y a une accumulation de signes qui pointent tous dans la même direction: une série extrêmement compliquée contre le Lightning de Tampa Bay.
La première inquiétude saute aux yeux dès qu’on regarde la défensive, qui est littéralement en train de s'effondrer au pire moment possible.
L’absence de Noah Dobson change complètement la dynamique du groupe, celle de Alexandre Carrier enlève encore plus de stabilité, et même le retour potentiel de Kaiden Guhle ne garantit rien s’il n’est pas à cent pour cent.
Les responsabilités glissent donc vers des joueurs qui, normalement, ne devraient jamais être exposés de cette façon à l’aube des séries, et c’est exactement là que ça fait mal.
Adam Engström a du talent, personne ne le nie, mais dans une série où chaque présence devant le filet devient un combat, son manque de robustesse risque d’être ciblé sans pitié, parce que Tampa est une équipe qui vit pour brasser l'adversaire.
Devant le filet... c'était une catastropge:
Matvei Michkov jumps on a rebound to make it a 3-1 lead for the Flyers! pic.twitter.com/QBmJ6OzoXA
— TSN (@TSN_Sports) April 15, 2026
De l’autre côté, David Reinbacher représente l’avenir, mais on parle d’un joueur qui découvre à peine la LNH et qui pourrait se retrouver plongé dans un environnement où l’intensité n’a absolument rien à voir avec ce qu’il a connu jusqu’ici. Il n'est pad du tout prêt pour ce qui s'en vient.
Pendant que Montréal tente de recoller les morceaux, Tampa regarde ça et se frotte les mains. Il ne faut pas être naïf, les équipes adverses analysent ces situations en détail, et quand elles voient une brigade défensive affaiblie, déséquilibrée et composée de joueurs encore en apprentissage, elles savent exactement où faire mal.
Le Lightning n’a jamais été une équipe timide, encore moins en séries, et tout indique qu’ils vont tester cette fragilité dès les premières minutes du duel.
Ce qui complique encore plus le portrait, c’est que les doutes ne s’arrêtent pas à la ligne bleue. L’attaque, elle aussi, nage dans une forme d’incertitude qui tranche avec ce qu’on a vu pendant une bonne partie de la saison.
Oui, le noyau offensif demeure dangereux, oui, Cole Caufield continue de tirer à profusion et Nick Suzuki garde le cap, mais dès qu’on descend dans l’alignement, les repères deviennent flous.
Les trios changent, les rôles bougent, et certains joueurs, comme Kirby Dach, peinent à imposer une présence igne de la LNH, ce qui crée un effet domino dans toute la structure offensive.
La seule bonne nouvelle est Arber Xhekaj. Parce que dans une série qui s’annonce physique, où l’espace devant le filet va être contesté à chaque seconde, il devient l’un des seuls éléments capables de rétablir un certain équilibre dans ce futur bain de sang.
Il faut l'avouer, il a joué son meilleur match à vie hier. Son timing est parfait, il a frappé tout ce qui bouge, il a tiré 5 fois au filet et a mené au but de Jake Evans avec cette bombe:
Absolute bomb from Arber Xhekaj, and Jake Evans dives for the rebound to cut the Philly lead back down to one. pic.twitter.com/jsmkQQ8ILJ
— Matt Drake (@DrakeMT) April 15, 2026
Surtout, son style correspond exactement à ce que Montréal va devoir opposer pour ne pas se faire marcher dessus.
Sans ce type de présence, la pression risque de devenir insoutenable pour les jeunes défenseurs du CH qui vont se faire marcher dessus.
C’est ce mélange d’incertitudes qui alimente aujourd’hui le discours autour de l’équipe, au point où plusieurs observateurs, notamment du côté américain, commencent déjà à anticiper une série à sens unique.
Peut-être que c’est exagéré, peut-être que c’est prématuré, mais il faut comprendre d’où ça vient : une équipe qui entre en séries avec autant de questions ouvertes, dans un affrontement contre un adversaire structuré, expérimenté et physiquement engagé, s’expose inévitablement aux mauvaises langues.
Ce qui rend la situation encore plus délicate, c’est que tout ça arrive alors que le Canadien avait justement réussi à bâtir quelque chose de solide pendant la saison, quelque chose qui donnait l’impression d’une progression claire, d’un groupe en contrôle de son identité.
Aujourd’hui, cette impression est ébranlée, non pas parce que l’équipe n’a plus de talent, mais parce que cette formation n'est tout simplement pas assez robuste.
Cette équipe a montré à plusieurs reprises qu’elle pouvait répondre à l’adversité, qu’elle pouvait surprendre, qu’elle pouvait se relever dans des contextes difficiles.
Mais à l’approche de cette série contre Tampa, il est impossible de faire comme si tout allait bien, impossible d’ignorer les drapeaux rouges, impossible de ne pas voir que, pour la première fois depuis un bon moment, le Canadien ne donne pas l’impression d’entrer en séries avec le vent dans le dos.
Et dans un duel comme celui qui s’en vient, ça donne mal au coeur...
