Pendant longtemps, chaque geste de Juraj Slafkovsky était analysé comme s’il fallait absolument trouver une réponse à une question devenue beaucoup trop grosse pour un jeune joueur.
Aujourd’hui, quelque chose a changé… et la reconnaissance qu’il vient de recevoir en Slovaquie raconte peut-être mieux son évolution que toutes les discussions entourant son arrivée à Montréal.
La ville de Budimir, où sa famille est installée depuis quelques années, vient de faire de Slafkovsky son tout premier citoyen d’honneur.
Une petite communauté d’environ 1400 personnes a décidé de souligner les exploits du joueur du Canadien, avec l’espoir de le voir un jour revenir avec la Coupe Stanley pour célébrer avec les siens.
La scène est belle. Elle est même assez symbolique.

Parce qu’il y a un an, le discours entourant Slafkovsky était bien différent.
Son énorme contrat venait tout juste d’ajouter une nouvelle couche de pression sur ses épaules et chaque mauvaise séquence devenait une occasion de remettre son avenir en question.
À Montréal, on discutait encore de sa valeur, de sa progression, de son utilisation et de la fameuse attente qui accompagne le premier choix au total d’un repêchage.
Aujourd’hui, le débat a tranquillement changé de nature.
Slafkovsky n’est plus simplement le jeune attaquant que le Canadien doit développer. Il est devenu un morceau du noyau.

Un joueur que l’organisation veut voir progresser avec Nick Suzuki, Cole Caufield et les autres éléments importants de la formation. Son identité comme joueur commence à se préciser, et cette évolution a fait une énorme différence dans la perception qu’on a de lui.
La dernière saison a justement montré cette progression.
Le Slafkovsky qu’on a vu sur la glace avait davantage confiance en ses moyens.
Son physique, son tir, sa capacité à protéger la rondelle et son désir d’aller au filet faisaient partie intégrante de son jeu.
Il a commencé à comprendre comment utiliser son imposant gabarit sans avoir l’air d’un joueur qui cherche encore constamment sa place.
Puis sont arrivées les séries éliminatoires.
Et cette fois, l’apprentissage a été beaucoup moins confortable.
Le départ avait pourtant tout d’un scénario de rêve.
Slafkovsky a inscrit un tour du chapeau contre le Lightning de Tampa Bay et semblait prêt à prendre une autre dimension au meilleur moment de l’année.
Puis le fameux combat contre Brayden Hagel a changé l’atmosphère autour de lui.
Slafkovsky a accepté le défi. Il a payé le prix.
La suite a été beaucoup plus difficile, alors que des ennuis physiques, dont une commotion cérébrale et une blessure au genou, sont venus compliquer son parcours.
Le Slafkovsky qu’on avait vu en début de série n’était plus exactement le même joueur par la suite, et cette expérience a laissé une marque.
C’est justement pour cette raison que la prochaine étape devient aussi intéressante.
Le Canadien ne cherche plus à savoir si Slafkovsky mérite d’être considéré comme une pièce importante. Cette question commence à être réglée.
Le véritable défi consiste maintenant à voir jusqu’où il peut pousser cette progression lorsque les matchs deviennent lourds, lorsque les adversaires le ciblent et lorsque la pression monte d’un cran.
La distinction reçue à Budimir arrive donc à un drôle de moment dans son histoire.
Dans son coin de pays, Slafkovsky est déjà devenu une figure suffisamment importante pour recevoir le premier titre de citoyen d’honneur de l’histoire de la ville.
À Montréal, il est tranquillement en train d’obtenir quelque chose de tout aussi précieux… une véritable place dans le cœur du projet.
Le contraste est assez remarquable pour être souligné.
Un an après les grandes discussions entourant son avenir, on parle maintenant d’un joueur qui continue de bâtir son identité dans la LNH.
Un joueur qui a encore des choses à prouver, particulièrement après des séries difficiles, mais dont la trajectoire n’a plus rien à voir avec celle du jeune Slafkovsky qui cherchait encore ses repères.
La Coupe Stanley à Budimir reste évidemment un rêve.
Mais pour le Canadien, le plus important est peut-être que le chemin vers ce rêve commence à prendre une forme beaucoup plus claire.
Et cette fois, Juraj Slafkovsky n’avance plus seul sous les projecteurs… il avance comme un membre du noyau.
À suivre…
