Le shérif en furie: Arber Xhekaj frappe comme un train

Le shérif en furie: Arber Xhekaj frappe comme un train

Par David Garel le 2026-01-10

Malgré la défaite du CH contre les Red Wings de Détroit, Arber Xhekaj a cimenté sa place à Montréal.

Chaque présence devenait un message. Arber Xhekaj a fracassé l’adversaire, mais aussi le discours ambiant qui l’entoure depuis des semaines. Parce que ce n’était pas simplement une bonne performance. C’était une réponse aux journalistes qui affirmaient que son avenir n'était pas à Montréal.

Ce soir, Arber Xhekaj a joué comme un train hors de contrôle. Il frappait tout ce qui bougeait, sans distinction, sans hésitation, sans regarder le nom dans le dos du chandail.

Il a même détruit le pauvre JT Compher deux fois... sur le même shift...

Chaque présence, c’était le même message : tu veux passer ici, tu vas le sentir. Il a aligné des mises en échec solides, violentes, propres, des coups qui te coupent l’élan, qui te font regarder le banc après, qui changent la dynamique d’une séquence.

Ce n’était pas un match “correct”. C’était un match physiquement dominant. Il a joué avec la rage d’un gars qui sait exactement ce qu’il a vécu, exactement ce qu’on a essayé de lui enlever, et qui refuse maintenant de reculer d’un pouce. T

u le voyais dans son langage corporel : il patinait pour frapper, il fermait les jeux avec autorité, il arrivait premier sur l’homme et il finissait chaque contact comme si sa place en dépendait, parce que sa place en dépend.

Ce n’était pas de la panique. Ce n’était pas du chaos gratuit. C’était de la violence structurée, assumée, calculée. Le genre de match qui te fait dire : ok, celui-là, si tu l’enlèves de l’alignement demain, tu perds quelque chose.

Après tout ce qu’il a mangé cette saison (les gradins, le banc, les humiliations, le doute public) il a répondu de la seule façon qui compte dans cette ligue : en imposant physiquement sa présence pendant 60 minutes. Ce soir, il n’a pas demandé sa place. Il l’a arrachée à coups d’épaules.

Quelques jours plus tôt, Dany Dubé avait encore frappé là où ça fait mal, en répétant un constat devenu viral à Montréal : la reconstruction offensive est complétée, mais la défensive, elle, régresse.

Et dans cette analyse sans pitié, deux noms revenaient sans jamais être prononcés trop fort : Xhekaj et Struble.

Incapables, selon Dubé, d’assumer des minutes lourdes. Incapables de tuer des pénalités de façon fiable. Incapables, surtout, d’être des solutions quand le hockey devient sérieux.

Xhekaj vient de lui mettre dans les dents.

Et St-Louis l’a vu. Il l’a dit. Et il l’a dit sans détour.

« Sa game, récemment, est bonne. Mais ce soir, elle était encore meilleure. »

C’est là que sa performance devient politique.

Depuis des mois, Xhekaj traîne l’étiquette du défenseur trop imprévisible pour être utilisé dans les moments critiques. Trop émotionnel. Trop risqué. Trop associé à ce que Dubé appelle, sans le dire, une défensive qui ne peut pas gagner en séries.

Mais samedi soir, il a offert exactement ce que ses détracteurs disent qu’il ne peut pas offrir : de la stabilité sans renier son identité.

Quand un joueur joue son meilleur hockey exactement au moment où on s’apprête à le sortir de l’alignement, ce n’est jamais un hasard. C’est un instinct de survie. C’est aussi, parfois, le signe d’une maturation tardive.

Dany Dubé a lancé un défi. Arber Xhekaj l’a entendu. Et pour une soirée, au moins, il a répondu sur la glace, là où les débats finissent toujours par se régler.

La suite reste à écrire. Mais une chose est certaine : ce match-là n’était pas un accident. Et à Montréal, quand un défenseur de 6 pi 4 joue enfin comme le vrai shérif de Montréal... on a la chair de poule...