Samuel Montembeault était pourtant bien loin d’être assuré de revoir le Centre Bell cette saison. Après avoir commencé la dernière campagne comme gardien numéro un du Canadien, le Québécois avait progressivement perdu du terrain jusqu’à devenir le troisième choix derrière Jakub Dobeš et Jacob Fowler.
Quelques mois plus tard, le scénario est complètement différent.
Montembeault est maintenant en train de se replacer dans la course pour devenir l’adjoint de Dobeš, et les commentaires de Martin St-Louis viennent ajouter une nouvelle couche à cette histoire.
« Il n’a pas oublié comment garder les buts. Monty est un très bon gardien et il connaît un excellent camp jusqu’à présent », a déclaré l’entraîneur du Canadien.

Difficile de demander un vote de confiance beaucoup plus clair.
Le gardien de 29 ans avait pourtant énormément de travail à accomplir après une saison 2025-2026 compliquée. Il a passé l’été à travailler avec Marco Marciano et Dale Labans afin de revenir au camp dans une meilleure condition.
Son objectif était évident : prouver que la dernière saison ne représentait pas son véritable niveau.
Pour l’instant, les résultats lui donnent des arguments.
Montembeault n’a accordé qu’un but sur 21 tirs dans ses deux demi-matchs préparatoires. Il a également connu une bonne sortie contre les Maple Leafs et a tenu son bout face aux Sénateurs à Trois-Rivières.
Ces performances changent complètement le débat entourant le deuxième gardien.
Au début de l’été, plusieurs imaginaient plutôt Fowler derrière Dobeš. Le jeune Américain avait terminé la dernière saison dans la LNH et avait accompagné le Canadien pendant les séries. Il avait même occupé le rôle d’auxiliaire durant le parcours éliminatoire.
Pourtant, Fowler peut encore être envoyé à Laval sans passer par le ballottage.
Montembeault, lui, ne possède pas cette même marge de manœuvre.
Kent Hughes a aussi indiqué qu’il ne voulait pas commencer la saison avec trois gardiens. Une décision devra donc être prise rapidement, et tout indique maintenant que Montembeault est en train de gagner des points auprès de l’organisation.
Il existe toutefois une deuxième lecture possible.
Les compliments de Martin St-Louis peuvent simplement refléter sa satisfaction envers le travail accompli par Montembeault. Ils peuvent aussi contribuer à rappeler aux autres équipes de la LNH que le gardien québécois demeure une option intéressante.
Le marché des gardiens est difficile à exploiter en septembre. Plusieurs formations sont déjà équipées et les véritables ouvertures apparaissent souvent après une blessure ou une mauvaise séquence.
Dans cette éventualité, conserver Montembeault pourrait devenir une stratégie intéressante pour Hughes.
Le Canadien pourrait commencer la saison avec Dobeš et Montembeault, permettre à Fowler d’accumuler des départs à Laval, puis attendre qu’une équipe se retrouve dans le besoin. Une blessure importante chez un gardien de la LNH pourrait rapidement changer le marché.
Montembeault pourrait alors devenir une monnaie d’échange beaucoup plus intéressante.
Pour le moment, rien ne confirme que Hughes cherche activement à le transiger. Le scénario demeure une possibilité parmi plusieurs, mais les performances actuelles donnent certainement plus de valeur au gardien.
Cette situation est aussi importante pour Dobeš.
Le jeune gardien devrait être le favori pour amorcer la saison comme numéro un après ses performances de la dernière campagne et des séries. La véritable bataille se déroule donc derrière lui.
Montembeault contre Fowler.
L’expérience contre le potentiel.
La relance contre le développement.
Une chose est certaine : Montembeault n’est plus simplement le gardien qui tente de sauver sa place. Il est maintenant en train de forcer l’organisation à réfléchir sérieusement à son avenir.
Pour un joueur qui semblait avoir perdu toute marge de manœuvre il y a quelques mois, le changement est majeur.
La décision finale approche rapidement.
Mardi prochain, le Canadien amorcera officiellement sa saison à Toronto.
D’ici là, Samuel Montembeault a encore une occasion de convaincre Martin St-Louis qu’il mérite de rester à Montréal.
Pour l’instant, son entraîneur lui donne exactement le genre de reconnaissance dont il avait besoin.
À suivre...
