Deux époques. Deux capitaines. Deux vedettes de premier plan.
Et, au centre des deux histoires, le même homme… Steve Yzerman.
La saga Dylan Larkin prend une toute nouvelle dimension depuis qu’Ansar Khan a révélé ce qui aurait véritablement empoisonné la relation entre le capitaine des Red Wings et celui qui dirigeait l’organisation jusqu’à tout récemment.
Bien avant les frustrations liées aux séries éliminatoires ratées, bien avant les critiques publiques concernant le manque d’agressivité à la date limite des transactions, une blessure d’orgueil se serait installée.
Larkin n’aurait jamais accepté que Steve Yzerman prenne autant de temps avant de lui remettre le « C » de capitaine.
Henrik Zetterberg avait pris sa retraite à la fin de la saison 2017-2018.
Les Red Wings ont ensuite traversé deux saisons sans capitaine officiel.
Lorsque Yzerman est revenu à Detroit en 2019 pour reprendre les commandes de l’équipe, plusieurs croyaient que Larkin recevrait immédiatement cette reconnaissance.
Rien ne s’est produit. Il a finalement été nommé capitaine seulement avant la saison 2020-2021.
Selon Khan, cette attente aurait laissé des traces profondes.
Impossible de ne pas repenser à une autre histoire qui a marqué la carrière de Steve Yzerman… et celle de Martin St-Louis.
À l’hiver 2014, St-Louis dominait encore la LNH offensivement avec le Lightning de Tampa Bay.
Pourtant, lorsque Steve Yzerman, qui occupait à la fois les fonctions de directeur général du Lightning et de directeur général d’Équipe Canada, a dévoilé sa formation olympique pour les Jeux de Sotchi, le nom de Martin St-Louis brillait par son absence.

Le choc avait été immense.
Quelques jours plus tard, la blessure de Steven Stamkos avait ouvert une porte.
St-Louis avait finalement été appelé pour représenter le Canada et il avait remporté une médaille d’or.
L’histoire aurait pu s’arrêter là.
Elle ne s’est jamais arrêtée.
La relation entre les deux hommes s’était fissurée. Quelques semaines après les Jeux, Martin St-Louis demandait officiellement à être échangé.
Tampa Bay l’envoyait finalement aux Rangers de New York, mettant fin à une association qui semblait pourtant indestructible.
Aujourd’hui, le parallèle saute aux yeux.
Dans les deux dossiers, personne ne parle d’un différend financier.
Personne ne remet en question le talent des joueurs. Les deux histoires tournent plutôt autour d’une question beaucoup plus personnelle… le respect.
Martin St-Louis avait eu le sentiment que Steve Yzerman ne croyait plus suffisamment en lui pour lui confier une place parmi les meilleurs joueurs du pays.
Dylan Larkin, lui, aurait vécu un sentiment semblable lorsque son directeur général a repoussé le moment de lui remettre le rôle de capitaine de son équipe.
Deux situations complètement différentes… mais une blessure qui ressemble étrangement à l’autre.
Voilà pourquoi le nom de Martin St-Louis revient naturellement dans le dossier Larkin.
Et si un entraîneur de la LNH est capable de comprendre ce que vit aujourd’hui le capitaine des Red Wings, c’est probablement lui.
Martin St-Louis sait ce que représente une confiance ébranlée.
Il sait aussi ce que signifie voir une relation avec un dirigeant se détériorer lentement jusqu’au point de rupture.
Peu de personnes dans le hockey peuvent prétendre avoir vécu une histoire aussi comparable.
Évidemment, cela ne signifie pas que le Canadien de Montréal prépare une offensive pour Dylan Larkin.
Sur papier, l’idée fait rêver. Dans la réalité, elle soulève rapidement plusieurs questions.
Larkin arrive avec un contrat important, Nick Suzuki est solidement installé comme capitaine et premier centre de l’organisation, et personne n’imagine facilement un joueur du calibre de Larkin accepter un rôle derrière celui qui porte déjà le visage de la concession.
Le lien entre Martin St-Louis et Dylan Larkin n’est donc probablement pas celui que plusieurs amateurs espéraient découvrir.
Il est beaucoup plus subtil.
Il passe par Steve Yzerman.
Par cette impression d’avoir été sous-estimé.
Par une confiance qui s’est effritée.
Par une relation qui n’a jamais retrouvé son équilibre.
L’histoire dira si Dylan Larkin quittera réellement Detroit ou si la nouvelle direction réussira à réparer ce qui s’est brisé au fil des années.
Une chose est certaine… Steve Yzerman aura marqué les carrières de Martin St-Louis et de Dylan Larkin d’une façon que bien peu de dirigeants peuvent comprendre.
Ouch…
