Le ciel tombe sur la tête de Patrik Laine

Le ciel tombe sur la tête de Patrik Laine

Par David Garel le 2026-02-04

Le ciel est littéralement en train de tomber sur la tête de Patrik Laine.

Sur les ondes de TSN 690, Darren Dreger vient de mettre des mots sur ce que tout le monde murmurait depuis des semaines :

« S’il est en santé et qu’il n’est pas dans la formation, quelle est la prochaine étape? Personne ne fait la queue pour Patrik Laine sur le marché des transactions, malheureusement. »

Personne.

Pas une équipe.

Pas un DG prêt à lever la main.

Pas un club qui se dit : tiens, voilà une opportunité.

C’est brutal. C’est froid. Et c’est probablement la phrase la plus lourde de sens prononcée depuis le début de ce feuilleton.

Parce qu’à partir de là, tout change.

Le Canadien ne le fait pas jouer.

Le Canadien ne lui donne pas de vitrine.

Le Canadien n’arrive pas à l’échanger.

Alors quoi?

On est rendu dans le pire scénario imaginable.

Laine est en santé, mais il ne joue pas.

Il est sous contrat, mais il n’a plus de rôle.

Il est présent autour de l’équipe, mais il n’existe plus dans l’organigramme.

C’est une zone grise totale. Une mise à l’écart silencieuse.

Et Dreger en remet :

« On sait ce qu’un Patrik Laine en santé est capable d’apporter dans la LNH. Quand il est motivé et en santé, il peut marquer des buts. Il a un tir puissant, il a une bonne vision… mais tout le reste amène des questions. »

Voilà le cœur du problème.

Le talent est là.

Mais tout ce qu’il y a autour fait peur.

Engagement. Constante. Intensité. Disponibilité. Fiabilité défensive. Capacité à s’intégrer dans une structure.

Et pendant que ces questions flottent, le Canadien avance sans lui.

Il n’est pas en uniforme contre Winnipeg.

Rien n’indique qu’il aura une place d’ici la fin de la saison.

Et plus les jours passent, plus une question devient impossible à éviter :

Est-ce que Patrik Laine va rejouer un jour dans l’uniforme bleu-blanc-rouge?

Même Dreger n’ose pas se prononcer.

La direction garde le silence. Martin St-Louis évite le sujet. Kent Hughes observe.

Mais les faits sont là.

Laine est à la dernière année d’un contrat de 8,7 M$.

Il n’a joué que cinq matchs cette saison.

Une passe. Zéro but.

Depuis son arrivée à Montréal : 55 matchs, 20 buts, 14 passes, différentiel de -17.

On est très loin du phénomène qui avait inscrit 80 buts à ses 155 premiers matchs dans la LNH.

Très loin.

Et le plus inquiétant? Dreger est clair : Laine n’est même pas un levier de négociation.

« Dans tous les cas, Laine ne représente pas un appât assez intéressant pour faire pencher la balance dans une négociation pour aller chercher un joueur d’impact. »

Donc même comme pièce secondaire, il ne sert plus à grand-chose.

Ajoute à ça un marché complètement gelé, où les vendeurs demandent des prix absurdes, et tu te retrouves avec un joueur coincé entre deux mondes : trop cher, trop fragile, trop imprévisible pour les équipes ambitieuses… et trop vieux pour les équipes en reconstruction.

Il flotte... dans le néant.

Et pendant ce temps, le Canadien progresse.

Dreger le souligne lui-même :

« Les succès de l’équipe et la profondeur du groupe quand il est en santé représentent un beau problème pour l’organisation. Le groupe qu’on regarde évoluer récemment a beaucoup grandi. La direction doit considérer cela comme un grand pas dans la bonne direction. »

Montréal n’est plus désespéré.

Et ça, pour Laine, c’est catastrophique.

Parce que quand une équipe gagne sans toi, tu deviens optionnel.

Quand une équipe trouve son identité sans toi, tu deviens encombrant.

Quand une équipe n’a plus besoin de toi… tu disparais.

On entre maintenant dans un territoire extrêmement sombre pour Patrik Laine.

Pas de transaction.

Pas de rappel dans la formation.

Pas de rôle clair.

Qu’est-ce qui reste?

Rester à Montréal jusqu’à la fin de la saison sans jouer?

S’entraîner dans le vide pendant que les autres disputent des matchs importants?

Se faire dire éventuellement de rentrer chez lui?

Et oui, la question commence à circuler dans l’industrie : est-ce qu’on tente subtilement de le pousser vers une résiliation de contrat à l’amiable?

Pas officiellement.

Pas publiquement.

Mais à force de le laisser sur les lignes de côté, en santé, sans perspective, la pression devient énorme.

Psychologiquement, c’est violent.

Tu veux jouer.

Tu veux prouver que tu peux encore performer.

Tu veux signer un prochain contrat.

Et on te ferme la porte.

On parle même, à voix basse, d’un scénario où sa carrière nord-américaine pourrait simplement s’éteindre.

Pas avec un scandale.

Pas avec un communiqué.

Juste… dans l’indifférence.

Retour en Europe?

KHL?

Finlande?

Des mots qui auraient semblé absurdes il y a cinq ans.

Aujourd’hui, ils ne le sont plus.

Patrik Laine est en train de vivre le pire cauchemar possible pour un joueur de la LNH : être en santé… mais inutile et indésirable.

Et quand un insider du calibre de Darren Dreger dit publiquement que personne ne fait la file pour toi, c’est que la ligue entière a déjà tourné la page.

Le plus triste dans tout ça?

On ne parle même plus de ce qu’il pourrait devenir.

On parle de comment ça va finir.

Et ça, pour un marqueur aussi naturellement doué, c’est une chute vertigineuse.

Pas une blessure.

Pas une mauvaise saison.

Une disparition lente.

Silencieuse.

Et cruellement froide.