Le ciel tombe sur la tête de Geoff Molson: le scandale est révélé au grand jour

Le ciel tombe sur la tête de Geoff Molson: le scandale est révélé au grand jour

Par David Garel le 2025-03-29

C’est une déclaration qui va provoquer un séisme dans l’univers du sport professionnel québécois. Une bombe lancée sans pitié, mais avec une précision chirurgicale, par Justin Kingsley, ancien directeur de création du Canadien de Montréal et homme derrière le controversé rebranding de l’Impact en CF Montréal.

Invité au balado Stanley25, Kingsley a tout simplement été cinglant : trop de publicité, trop de pollution visuelle, trop d’exploitation commerciale dans nos amphithéâtres. 

L’un des moments les plus explosifs est venu d’une conversation entre Jean Trudel et Justin Kingsley.

Tout a commencé avec une question sur les patchs publicitaires sur les chandails. Trudel a souligné son malaise devant les logos comme RBC et Canada Vie cousus sur les uniformes, malgré les sommes ridicules qui ont été payées pour les obtenir. Et là, Kingsley a explosé :

« C’est ça que je trouve dégueulasse. Le logo sur le casque, la patch sur l’uniforme? C’est une prise d’argent transparente, et les fans le voient. Je suis totalement contre. »

Voic l'extrait vidéos des plus controversés:

Mais il ne s’est pas arrêté là. Kingsley est allé encore plus loin, lançant l’une des phrases les plus choquantes de l’année dans le monde du sport québécois :

« Le prix d’un hot-dog au Centre Bell quand j’étais là? 27 cents. »

Kingsley a comparé cette logique à celle des chandails vendus 250 $ :

« Tu paies pour la licence, pas pour le chandail. Même chose pour les hot-dogs. »

Le scandale est révélé dans l'extrait vidéo suivant:

Il a ensuite dénoncé la pollution publicitaire constante dans l’aréna :

« Tu peux même pas aller pisser sans qu’on te dérange pour te vendre quelque chose. »

Cet extrai vidéo va donner des sueurs froides à Geoff Molson:

Kingsley a renchéri, mentionnant la pub qui tourne sur les anneaux même pendant que la rondelle est en jeu, soulignant que c’était une insulte à l’essence même du hockey.

Il a ajouté que le bruit publicitaie, le son commercial, les publicités interactives, tout ça le rendait fou. Le Centre Bell n’est plus un aréna, c’est un centre commercial hyperactif déguisé en amphithéâtre.

Et c’est Kingsley lui-même, celui qu’on avait mandaté pour bâtir une « marque mondiale », qui démolit aujourd’hui ce modèle où tout est à vendre – jusqu’à la dignité des partisans.

Trop de pubs, trop d’abus, trop de silence.

Quand même ceux qui ont travaillé à l’intérieur du système s’en dissocient publiquement, c’est que le système est devenu pourri. Et aujourd’hui, grâce à Justin Kingsley, ce pourrissement est exposé en pleine lumière.

Mais surtout, il a décoché une flèche directe, frontale, qui vise le cœur de l’empire Molson :

On le répète: un hot-dog coûte 27 sous à produire.

Vingt-sept sous. Et ce hot-dog est vendu au Centre Bell à environ 7,50 $ à l’unité, ou dans un combo avec des croustilles pour 15 $. La marge de profit est tout simplement indécente.

Faisons les comptes.

Coût de production : 0,27 $

Prix de vente : 7,50 $

Marge brute : 7,23 $

Taux de profit brut : 2677 %

Et ce n’est que pour un hot-dog.

Pour les combos « classiques » vendus à 15 $ pour deux saucisses et un sac de chips, le coût de production avoisine probablement 1 $, à tout casser. Et pourtant, on vous le vend 15 fois ce prix-là.

Et que dire de la bière? Vendue entre 12 $ et 15 $ au Centre Bell, son coût de revient réel tourne autour de 1 $ à 1,25 $, selon les standards de l’industrie, incluant l’achat, la mise en canette, et la logistique.

Coût de revient : 1,25 $

Prix de vente : 15 $

Marge brute : 13,75 $

Taux de profit : 1100 %

Et tout ça pour une canette qui, rappelons-le, est touchée de plein fouet par les surtaxes américaines sur l’aluminium.

Mais est-ce que le prix a baissé? Non. Il a même augmenté. Parce que, comme l’a dit implicitement Kingsley, la logique du Centre Bell n’est plus celle d’un lieu de sport ou de culture. C’est une usine à presser les portefeuilles.

Une exploitation devenue caricaturale.

Kingsley n’a pas seulement dénoncé le hot-dog. Il a aussi souligné la saturation publicitaire du Centre Bell et du Stade Saputo, où l’espace est littéralement vendu au pouce carré. Chaque escalier, chaque barrière, chaque pause, chaque segment est commandité.

Et pendant que le Groupe CH encaisse, les partisans paient :

43 $ pour un stationnement

6 $ pour une bouteille d’eau

9 $ pour un nacho

8 $ pour un petit sac de popcorn

400 $ pour un bon siège au match d’ouverture

Et maintenant, on apprend qu’un hot-dog coûte 27 sous à produire. On frôle le ridicule.

Ce que Justin Kingsley révèle, c’est plus qu’un chiffre. C’est une philosophie d’affaires : celle où l’on maximise la marge à tout prix, au détriment de la décence.

Et le visage de ce modèle? Geoff Molson, le maître dans sa capacité à provoquer des tempêtes sociales, financières et humaines semble sans limites.

Il s’enrichit avec des marges à 1000 %, pendant que 159 employés sont mis à la porte, pendant que des recours collectifs s’accumulent pour des heures non payées, pendant que les familles ont de la difficulté à mettre du pain et du beure sur la table.

La déclaration de Kingsley n’est pas un simple fait cocasse. C’est une gifle. Une gifle à ceux qui défendent encore la supposée noblesse de l’institution.

Une gifle à ceux qui disent « business is business » alors que l’indécence est devenue la norme.

Et personne ne dit rien? Jusqu’à quand allons-nous accepter de nous faire piller dans notre propre amphithéâtre?

Le Centre Bell n’est plus un temple du hockey. C’est devenu un supermarché à ciel fermé, où le sport est un prétexte pour une industrie de prédation.

Merci à Justin Kingsley d’avoir nommé ce que tout le monde savait, mais que personne n’osait dire. Maintenant, à nous de décider : allons-nous continuer à avaler ça… ou allons-nous, enfin, recracher l’arnaque?