Le chandail des Nordiques porte malheur… et Gary Bettman vient d’avoir une autre excuse

Le chandail des Nordiques porte malheur… et Gary Bettman vient d’avoir une autre excuse

Par William Petit Lemay le 2026-04-02

Il y a quelque chose de presque cruel dans tout ça.

Parce qu’au fond, chaque fois que l’Avalanche du Colorado enfile ce chandail mythique des Nordiques de Québec, ça réveille quelque chose chez les partisans québécois. Un mélange de nostalgie, de frustration… et de colère.

Et là, plus la saison avance, plus un constat devient franchement absurde.

Le chandail des Nordiques semble littéralement porter malheur au Colorado.


Oui, on parle ici de la meilleure équipe de la Ligue nationale cette saison, une machine de hockey capable d’écraser n’importe qui… sauf, visiblement, quand elle décide de replonger dans l’héritage de Québec.

La défaite complètement folle de 8 à 6 contre les Canucks de Vancouver, l’une des pires équipes du circuit, est venue ajouter une autre couche au malaise. Le Colorado a encore une fois été humilié en portant les couleurs des Nordiques, malgré un autre festival offensif de Nathan MacKinnon.

Vancouver, qui occupait les bas-fonds du classement, a marqué huit buts à Denver contre la meilleure équipe de la ligue. Rien de moins.

Et c’est là que ça devient presque trop parfait.

Parce qu’en ce moment, l’Avalanche présente une fiche de deux victoires et cinq défaites lorsqu’elle porte le chandail des Nordiques. Deux gains. Cinq revers. Pour un club aussi dominant, c’est grotesque.

Autrement dit : quand le Colorado joue en Avalanche, ça roule. Quand il joue en Nordiques… ça dérape.

Et ça, honnêtement, si tu es Gary Bettman, tu dois presque en rire.

Parce qu’on le sait tous, le commissaire de la LNH n’a jamais vraiment donné l’impression qu’il voulait revoir Québec dans son circuit. Il a toujours gardé le même ton : poli, diplomatique, calculé… mais froid.

Oui, Québec est “un bon marché”.

Oui, les partisans sont “passionnés”.

Oui, le Centre Vidéotron est “magnifique”.

Mais dès qu’on gratte un peu, le vrai message revient toujours : le marché télévisuel n’est pas assez gros, l’argent est ailleurs, et les priorités de la ligue sont surtout aux États-Unis. Les récentes prises de position de Gary Bettman et Bill Daly vont encore dans ce sens : la ligue dit rester ouverte à de “bons projets”, mais sans lancer de véritable processus d’expansion, pendant que des marchés américains continuent de tourner autour du dossier.

Et là, comme si ce n’était pas déjà assez insultant, voilà que le chandail des Nordiques lui-même devient presque un argument involontaire contre Québec.

Évidemment, rationnellement, ça ne veut rien dire. Un chandail ne change pas une structure de club. Un logo ne fait pas perdre une équipe. On s’entend.

Mais dans une ligue remplie de superstitions, de symboles, de récits et de narratifs, ça frappe l’imaginaire en maudit.

Parce que ce chandail-là n’est pas juste un chandail rétro.

C’est une plaie jamais complètement refermée.

C’est le rappel brutal d’une franchise arrachée à Québec au moment exact où elle s’apprêtait à exploser. Une équipe qui est partie… et qui a gagné la Coupe Stanley presque immédiatement après son déménagement.

Et aujourd’hui, 30 ans plus tard, on ramène ce chandail pour vendre un peu de nostalgie… sauf que chaque fois qu’il revient sur la glace, ça tourne au chaos.

Il y a quelque chose de presque poétique là-dedans.

Comme si le fantôme des Nordiques refusait encore d’être récupéré tranquillement par le Colorado pour faire joli sur une affiche promotionnelle.

Comme si ce chandail-là rappelait encore à tout le monde qu’il y a une histoire derrière.

Une blessure.

Une injustice.

Et surtout… une ville qui n’a jamais vraiment tourné la page.

Parce qu’au Québec, malgré tout ce que Bettman a dit au fil des années, malgré les refus, malgré les détours, malgré les faux espoirs, les Nordiques vivent encore.

Ils vivent dans la mémoire collective.

Ils vivent dans le Centre Vidéotron.

Ils vivent dans l’idée complètement folle... mais tellement belle d’un samedi soir entre Montréal et Québec, avec le Québec au complet divisé en deux.

Et ça, Bettman peut bien essayer de l’ignorer encore.

Mais pendant que lui cherche encore des excuses… le chandail des Nordiques, lui, continue de faire parler.

Et visiblement…

il refuse encore de se laisser enterrer.