Le Canadien sacrifié: Gary Bettman veut sortir Montréal des séries

Le Canadien sacrifié: Gary Bettman veut sortir Montréal des séries

Par André Soueidan le 2026-05-03

Une impression qui colle à la peau… et qui refuse de disparaître.

Depuis plus de trois décennies, quelque chose ne tourne pas rond à Montréal.

Pas seulement les résultats. Pas seulement les reconstructions. Non… quelque chose de plus subtil, de plus frustrant, de plus difficile à expliquer.

Un sentiment.

Celui que, quand tout est en jeu… le Canadien finit toujours par payer le prix.

Retour en 2014. Une équipe qui avance, qui frappe, qui fait peur. Carey Price au sommet de son art. P.K. Subban qui domine. Max Pacioretty qui marque. Une formation complète, solide, dangereuse.

Puis un moment.

Chris Kreider fonce au filet. Deux patins dans le genou de Price. Le gardien s’écroule. Montréal retient son souffle.

Aucune punition.

Aucune!!!

Le Canadien perd son pilier. La série bascule. Et avec le recul… une question qui revient encore aujourd’hui.

Et si Price était resté en santé?

Douze ans plus tard, l’histoire ne se répète pas exactement… mais elle rime dangereusement.

Ivan Demidov s’amène avec vitesse. Il tricote entre deux joueurs du Lightning. Les bâtons se referment sur lui comme une paire de ciseaux. Il tombe. Tente d’éviter le gardien.

Et là… le sifflet.

Mais pas celui qu’on attend.

C’est lui qui est pénalisé.

Un renversement total de la logique. Une séquence que tout le Québec a revue en boucle. Une image figée dans le temps… difficile à défendre.

Encore une fois, le Canadien se retrouve du mauvais côté.

Encore une fois, au pire moment.

Et pour les partisans, ça ne commence pas en 2014… ni en 2026.

Ça remonte plus loin.

Série contre la Caroline. Le Canadien mène 2-0. Puis un geste qui glace le sang. Justin Williams atteint Saku Koivu au visage. L’œil ensanglanté. Une scène difficile à regarder.

Aucune punition.

On connait la suite... les Hurricanes reviennent dans la série, éliminent le CH. Éliminer le CH en série ça donne des ailes... les Hurricanes ont gagné la Coupe cette année-là. Les Bruins en 2011... les rangers atteignent la finale de la Coupe en 2014...

Accumule ça sur 33 ans sans Coupe Stanley… et le cocktail devient explosif.

Parce qu’à un moment donné, les coïncidences cessent d’en être aux yeux des partisans.

Dans les autres marchés, on rit. On parle de pleurnichage.

On balaie ça du revers de la main.

Mais à Montréal… ça s’accumule. Ça s’imprime dans la mémoire collective. Ça forge une perception.

Et cette perception-là vise directement le sommet.

Gary Bettman devient le visage de cette frustration.

Pas nécessairement pour ce qu’il fait… mais pour ce que les gens ressentent.

Parce que dans une ligue où les enjeux financiers sont énormes, où les marchés américains dominent, où les droits télé et les paris sportifs prennent de plus en plus de place… certains commencent à se poser des questions.

Pas des accusations formelles.

Mais des doutes.

Et ces doutes-là prennent de la force chaque fois qu’une décision incompréhensible survient dans un moment critique impliquant le Canadien.

Ce qui alimente encore plus le feu, c’est l’impression d’incohérence.

Un soir, tout passe. Le lendemain, tout est puni.

Une série devient un champ de bataille. Une autre est contrôlée au quart de tour.

Aucune ligne claire.

Aucun cadre stable.

Et c’est exactement là que des voix commencent à s’élever ailleurs dans la ligue.

Rod Brind’Amour l’a dit récemment. Il faut revoir les pénalités. Il faut utiliser la technologie. Il faut enlever le flou.

Parce que ce flou-là… c’est lui qui nourrit les théories.

C’est lui qui transforme une décision en scandale.

C’est lui qui fait passer un sport pour quelque chose de manipulable.

Imagine un instant. Demidov tombe. L’arbitre donne une punition. On va à la reprise. On voit clairement les bâtons. On corrige.

Terminé.

Plus de débat.

Plus de colère.

Mais en ce moment… ce n’est pas ça.

Et tant que ce ne sera pas ça, les partisans de Montréal vont continuer de regarder ces séquences en se posant la même question.

Pourquoi ça tombe toujours de notre bord?

Ce soir, le Canadien va jouer sa survie. Un match numéro 7. Un autre moment charnière.

Et au-delà des systèmes, des joueurs, des stratégies… il y aura toujours cette petite voix en arrière-plan.

Celle qui se demande si, encore une fois… quelque chose pourrait basculer ailleurs que sur la glace.

Ouch…