C’est fait. C’est inévitable. C’est historique.
Lane Hutson va décrocher un contrat de 8 ans et 80 millions de dollars.
Oui, 10 millions $ par saison.
Oui, un défenseur recrue.
Oui, un “rabais”… parce qu’il pourrait demander encore plus.
Et pendant que les fans savourent chaque passe sublime, chaque montée électrisante, Kent Hughes, lui, est en train de perdre la tête dans son bureau.
Parce qu’il le sait maintenant : la structure salariale du CH vient d’exploser.
Une autre performance. Une autre démonstration. Une autre claque à la figure de la prudence.
Dimanche après-midi, contre les Panthers, trois aides pour Hutson. Trois. Contre les champions en titre.
Un match de plus à son CV hallucinant. Il affiche maintenant 59 points en 73 matchs, à 21 ans.
Et ça ne s’arrête pas là :
Il vient de dépasser Larry Robinson (1981-1982).
Il se dirige vers 66 points en saison complète.
Il est à sept aides du record pour une recrue défensive dans la LNH. (le record appartient à Larry Murphy avec 60 mentions d’aide en 1980-81.
Il joue plus de 22 à 28 minutes par soir.
Il dirige le jeu de puissance.
C’est surréaliste. Et c’est terriblement coûteux.
Kent Hughes est pris à la gorge
Le plan de Hughes était clair : signer Lane Hutson “à la Suzuki”, autour de 8 M$/saison, à long terme, et maintenir un équilibre budgétaire en or.
Mais ce plan vient d’être fracassé en mille morceaux. Surtout que le coach lui-même veut lui donner toute l'argent du monde.
Comme si ce n’était pas suffisant, les louanges fusent de partout autour de Lane Hutson. Même Martin St-Louis, pourtant avare de compliments excessifs en public, n’a pas pu cacher son admiration après la victoire contre les Panthers :
« Je crois que ce qu’il a le plus amélioré, c’est sa tendance à prendre des risques. Il choisit beaucoup mieux ses moments pour le faire. Je ne suis pas surpris du tout qu’il ait été notre joueur le plus constant pendant ce voyage, il le montre tous les jours. »
Nick Suzuki, de son côté, n’a pas manqué de souligner l’impact immédiat de son jeune coéquipier :
« C’est tellement impressionnant de le voir aller, surtout comme ça à sa première saison. Nous sommes très chanceux de pouvoir compter sur lui. »
Et comment ne pas être impressionné? En plus de ses 59 points en 72 matchs, Hutson est désormais à une seule mention d’aide du record du CH pour une recrue à la ligne bleue, détenu par Chris Chelios (55 aides en 1984-85).
Et il n’est plus qu’à un point d’égaler le plateau des 60 points, atteint pour la dernière fois par un défenseur recrue en 1991-92… par Nicklas Lidstrom.
Le nom de Hutson se glisse tranquillement dans le même souffle que Lidstrom, Chelios, Murphy, Markov, Robinson. Ce n’est plus juste un bon jeune. C’est un phénomène.
Et dans cette situation, personne ne viendra sauver Kent Hughes.
Pas Martin St-Louis.
Pas Nick Suzuki.
Lane Hutson est seul avec son agent. Et il tient l’organisation dans le creux de sa main.
Parce que maintenant, 10 millions $ est le point de départ. Et encore, ce sera vu comme un compromis.
Hutson pourrait aisément demander 11 ou 12 millions en signant pour seulement 4 ou 5 ans. Mais il semble prêt à s’attacher au CH.
C’est donc un “cadeau” de demander seulement 10 M$ pendant 8 ans.
Mais ce cadeau, pour Hughes, c’est un cauchemar.
Parce que plus jamais il ne pourra prétendre que Nick Suzuki à 7,875 M$ est le plafond interne.
Parce que Cole Caufield et Slafkovsky doivent être en furie.
Parce que même le contrat de Carey Price, à 10,5 M$, est soudainement en danger d’être égalé par un défenseur.
Le défenseur le mieux payé de l’histoire du CH… à 21 ans
Oubliez P.K. Subban. Oubliez Shea Weber. Oubliez Markov.
Lane Hutson va devenir le défenseur le mieux payé de l’histoire du Canadien de Montréal.
Et pas dans cinq ans. Maintenant.
Il est aussi en voie de devenir le joueur le mieux payé du CH à part Carey Price.
Et si Kent Hughes veut éviter un contrat plus court qui lui explosera au visage dans 4 ans, il devra se rendre à l’évidence : 80 M$, ou rien.
Le portefeuille de Geoff Molson vient de devenir plus lourd. Et aucune bière de la Brasserie Molson n’adoucira la douleur budgétaire.
Le plus incroyable dans tout ça?
Ce n’est pas de voir un défenseur recrue dominer à ce point.
Ce n’est pas de voir le CH bousculer l’histoire de la franchise avec ses records.
C’est de réaliser que ce joueur, humble, discret, loyal, est en train de faire sauter la banque sans lever la voix.
Lane Hutson est en train d’écrire l’histoire. Et l’histoire coûte cher. Très cher.
80 millions de dollars. Point final.
Tu signes, Kent, et tu digères..
Il ne pourra plus reculer. Il ne pourra plus prétendre qu’il contrôle la négociation. Il a perdu.
Il pensait peut-être que Lane Hutson, humble, calme, discret, allait accepter un rabais « pour le bien de l’équipe ».
Il croyait peut-être que le jeune allait suivre l’exemple de Suzuki, de Caufield, de Slafkovsky, et s’insérer docilement dans la fameuse « structure salariale ».
Mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que l’agent de Hutson, Sean Coffey, allait voir la faille dans le système… et s’y engouffrer sans la moindre hésitation.
Coffey, qui connaît par cœur la logique des négociations à Montréal — après tout, il a travaillé pour Quartexx, la même firme d’agents que Kent Hughes dirigeait autrefois —, regarde les performances de son client s’enchaîner et sourit en silence.
Lui, il n’a aucune intention d’épargner son ancien patron.
En business...pas de place aux sentiments...