Encore une fois, Lane Hutson se retrouve au centre d’un débat où son talent paraît presque condamné à devoir constamment faire ses preuves… même après avoir déjà répondu à pratiquement toutes les questions qu’on pouvait lui poser.
Corey Pronman vient de publier dans The Athletic son nouveau redraft de la cuvée 2022, quatre ans après le repêchage qui avait envoyé Juraj Slafkovský au premier rang et Lane Hutson à Montréal au 62e échelon.
Cette fois, Slafkovský conserve la première position, Logan Cooley monte au deuxième rang et Hutson grimpe jusqu’au troisième.

Sur papier, le saut est gigantesque pour un joueur sélectionné en deuxième ronde.
Pourtant, pour plusieurs partisans montréalais, une question demeure impossible à éviter : comment peut-on encore placer Hutson derrière deux attaquants alors que son impact sur une équipe est devenu aussi évident?
Le débat est d’autant plus intéressant lorsqu’on regarde les chiffres. Hutson a récolté 146 points en 166 matchs de saison régulière dans la LNH, soit une moyenne de 0,88 point par rencontre.
Slafkovský compte pour sa part 184 points en 282 matchs, une moyenne d’environ 0,65 point par match. Hockey Reference
Évidemment, comparer directement un défenseur à un attaquant n’est jamais aussi simple.
Le poste, les responsabilités et le style de jeu changent complètement la lecture d’un joueur.
Mais justement… c’est précisément ce qui rend le cas de Hutson aussi particulier.
Un défenseur capable de générer de l’attaque à ce rythme est une denrée rare. Hutson ne se contente pas d’accumuler des passes secondaires en périphérie.
Il manipule la structure adverse, transporte la rondelle, crée des ouvertures et peut littéralement modifier le déroulement d’une présence avec une seule séquence.
La LNH elle-même soulignait récemment sa capacité à traiter l’information presque instantanément et son rôle dans les moments importants des séries. Ligue nationale de hockey
C’est particulièrement visible lorsqu’on repense aux séries éliminatoires.
Contre Tampa Bay et Buffalo, Montréal avait besoin d’un joueur capable de provoquer quelque chose lorsque l’espace disparaissait et que chaque erreur pouvait mettre fin à la saison.
Hutson a continué de générer de l’offensive dans ces moments où la pression était maximale.
C’est exactement le genre de joueur qu’un directeur général rêve de posséder lorsqu’arrive le moment de refaire un repêchage avec quatre années de recul.
Le débat autour de Slafkovský demeure parfaitement légitime.
Le Slovaque possède un profil que Hutson n’aura jamais.
Son gabarit, sa puissance, sa capacité à protéger la rondelle et son potentiel offensif en font une pièce importante du noyau montréalais.
Les statistiques actuelles montrent d’ailleurs qu’il a déjà produit davantage de points en carrière que Hutson, simplement parce qu’il a joué beaucoup plus de matchs.
Mais si la question devient : « Qui choisiriez-vous aujourd’hui pour construire une équipe autour de lui? », la discussion change complètement.
Hutson possède quelque chose que très peu de défenseurs peuvent offrir.
Il peut devenir le joueur qui dicte le rythme d’un match.
Son talent offensif oblige les adversaires à modifier leur couverture, ce qui ouvre ensuite de l’espace à Cole Caufield, Nick Suzuki et aux autres attaquants.
Cette capacité à faire bouger toute une structure défensive autour de lui représente une valeur immense.
Pronman lui-même reconnaît d’ailleurs l’ampleur de sa progression.
Dans son classement, Hutson passe du 62e rang initial au troisième échelon du redraft, après avoir remporté le trophée Calder.
Ce n’est donc pas comme si le journaliste refusait complètement de reconnaître son ascension.
Mais pour une partie des partisans du Canadien, le voir encore derrière Slafkovský et Cooley donne l’impression que la preuve n’est jamais suffisante.
C’est peut-être ça qui agace le plus.
Hutson continue d’avancer, continue de produire et continue de répondre sur la glace.
Pendant ce temps, chaque nouveau classement relance la même discussion autour de sa valeur réelle.
À un certain point, le joueur n’a plus besoin de convaincre personne. Il doit simplement continuer à faire ce qu’il fait depuis son arrivée à Montréal.
Et si jamais une nouvelle saison spectaculaire venait encore changer les perceptions, il ne resterait peut-être plus beaucoup de place pour les débats.
Cette fois, la glace aurait parlé assez fort.
Ouch…
